« 2008-05 | Page d'accueil | 2008-05 »

06 mai 2008

LA CHUTE DE LA MAISON SION

1031589238.jpg

A l’approche de l’anniversaire du 60ème anniversaire de l’existence de l’Etat d’Israël, la presse dans son ensemble souligne cet événement. Beaucoup d’éditoriaux, de magazines, de périodiques sont élogieux, mais la plupart omettent de signaler l’anniversaire de la Nakba, la chute de l’espoir palestinien de se constituer en un peuple et une nation et le début d’un long calvaire. A la télévision nous auront droit a de multiples émissions sur les péripéties de cette création, "Exodus" et émissions divers et nombreuses, notamment la rediffusion de la « Shoah » un document fleuve de Lanzman, incontournable et définitif sur cette question, un des alibis de cette décision unilatérale. Quant à moi, je ne pouvais pas passer l’occasion pour décrire une nouvelle fois la fin inévitable du sionisme.
Ca et là on peut lire que l’Etat d’Israël est un modèle de démocratie dans cette région du monde ; il est vrai sous l’emprise de la théocratie musulmane. Cet Etat aux aguets est–il exempt du poids du judaïsme orthodoxe qui pèse sur la vie quotidienne des juifs et des arabes israéliens ?
N’oublions pas les deux raisons qui ont poussé cette communauté religieuse à effectuer son « RETOUR » en Eretz Israël, la première est politique. La seconde religieuse, malgré la réticence d’une grande partie de la diaspora juive et des théologiens israélites qui trouvaient les idées d’Herzl blasphématoires.

Démocratique ce pays tout neuf ? Un pays où le mariage civil n’existe pas et les non-juifs, même israéliens sont enterrés à part. Un pays où il existe des tribunaux de conversions. Un pays qui pratique une discrimination entre ses deux composantes séfarades et ashkénazes et qui ne considère pas comme juifs les russes qui l’envahissent. Ces derniers sont environ 320.000 et constituent un noyau à part dans la société israélienne. Les russophones sont considérés comme des israéliens de rang inférieur et non comme juif par la halakha (loi religieuse) et de plus ne parlent pas l’hébreux (trop difficile....). Plus de la moitié reste fidèle au christianisme orthodoxe.
Et ne parlons pas du sort de ses ressortissant arabes. L’un des dirigeants du sionisme religieux milite pour une autre politique : »[il faudra] mettre une limite aux droits des non-juifs (les arabes) vivant en Israël et qui ne cherchent qu’à saper les fondements de ce pays ». En ce qui concerne les laïcs, ils ne sont que des parias, le quartier qui leur servait de refuge est aux mains des juifs orthodoxes, les mêmes qui envahissent Jérusalem et la Cisjordanie
1433633634.jpg
Les principaux obstacles à de véritables négociations qui pourraient déboucher, au moins sur une paix même sclérosée, son le rabbinat et l’attitude colonisatrice des ultras qui n’ont en tête que le respect des exigences de la bible.
< La fuite.
Vers la chute du sionisme.

Le sionisme doit se libérer cette idéologie de conversion, car d’ici une génération toutes les familles qui rejoindront Israël seront des familles mixtes.
D’autre part le nombre des immigrants vers les USA et l’Europe est grandissant, à tel point que des budgets conséquent sont votés pour, soit les retenir, soit les inciter à revenir. Sans compter sur les israéliens qui venaient de la CEI qui retournent aujourd’hui dans leur pays d’origine.
Le rabbin que je citais plus haut à de son point de vue raison. Si la situation actuelle perdure, il est inévitable que selon la différence de l’expansion démographique entre ces deux composantes, les consultations électorales pourraient porter au pouvoir une majorité arabe qui devrait naturellement accéder aux désirs légitimes des arabes de Palestine au nom du principe fondamental de la démocratie «  un homme, une voix » L’idée d’un Etat unitaire engobant Gaza et la Cisjordanie serait encore plus catastrophique pour le sionisme.
Politiquement pour la plupart des dirigeants et intellectuels palestiniens, les entretiens en cours, les plans de Paix d’où qu’ils viennent de ne résoudra pas le problème et la création d’un Etat palestinien irréalisable dans les frontières actuelles. Alors, on continue de parlementer pour que dans l’Histoire et devant l’opinion publique mondiale le dernier négociateur palestinien fasse preuve de sa bonne foi.
Création d’un Etat binational ? A la Belge ? Où Flamands et Wallons vont en venir aux mains ? Où Israéliens et Arabes se côtoieraient, mais auraient des parlements distincts, se serait vite un conflit ethnique interne et destructeur.
Puisque l’Etat palestinien tel qu'il est proposé actuellement n’est pas viable, il ne reste plus en cas de plan de paix accepté par les deux parties, qu’une solution, humaine et juste, un Etat binational. L’utopie qui consiste à bâtir un seul Etat unitaire n’est plus de mise.
Dans tous les cas de figure, Israël est appelé à disparaître. Au profit d’une nation où  juifs et musulmans retrouveront leur origine commune, que seule la religion, cette malédiction, a séparé.
Il va sans dire que, en temps et en heure, je tenterais d’expliquer les circonstances et les conséquences de cette forfaiture.

Question subsidiaire.
Que ferait le gouvernement de Tel-Aviv si l'Autorité palestinienne se dissolvait ? Il lui faudrait  prendre en charge les palestiniens qui survivent dans les territoires occupés. Le ferait-il et comment?