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26 février 2007
ENTREE DANS L'ARENE
S'il y a bien un sujet qui m’insupporte, c’est bien celui des médecines parallèles, douces et la suite. Tout particulièrement l’homéopathie comme l’on constaté il y a un moment les habitués de ce blog.
Or, par hasard je tombe sur France 2 et l’émission de S.Bern « l’Arène de France » avec comme l’un des sujets justement ces pratiques. D’un coté, un banc de charlatans et de l’autre une rangée de savants, parmi lequels le sage et clair Pr. Escande. Ces derniers ne font pas preuve de condescendances ni de mépris devant des affirmations de guérisons dues à diverses pratiques les plus farfelus les unes que les autres : urinothérapie et baguettes dans le nez que certains qualifient de douces ou naturelles. Il ne manquait plus que Rika Zaraï et ses bains de siège. Pierre Arditi, témoin de l’émission a été comme d’habitude d’une grande intelligence. Tout Comme L.Malet qui parlait du décès de sa mère et la recherche désespérée d’un remède qui ne viendra pas, alors que la médecine s’était révélée impuissante.
Nous avons eut droit à des récits les plus saugrenus, celui entre autre d’un guérisseur qui affirmait avoir soigner un malade du sida, ce qui fit bondir les scientifiques de leur siège. Passe encore que le bonhomme, par ailleurs sympathique, ait guérit une amie d’une affection grave du pied, mais le coup du Sida guéri cela ne pouvait pas passer.
Le professeur Escande se montra particulièrement à l’écoute, lui qui a vu mourir tant de personne dans son service, de ses vis a vis. Il expliqua qu’il avait permis dans son service plusieurs expériences et tentatives diverses qui s’avérèrent vaines. Quant à l’homéopathie il affirma qu’il n’avait pas le droit d’interdire à quiconque la prise de ces remèdes qui pourraient soulager le malade, même si le contenu de ces préparations est activement neutre. En face ont admet que leur poudre de perlimpinpin, onguents et impoition des mains ne conviennent qu’aux maux bénins et quotidiens, et qu’ils sont bien entendu inactif contre les maladies plus graves. On se demande bien pourquoi d’ailleurs. C’est là que le bât blesse, car du rang des petits charlatans sortent les véritables escrocs, et assassins par dessus le marché, qui non seulement administrent, pour un tas de fric leurs médecines, mais interdisent la prise de médicaments ou d’interventions allopathiques. C’est le lot de ces sectes ou gourous mortifères.
Sur le plateau, madame Gardénal (c’est son vrai nom) est l’homéopathe de service. Elle est condamnée pour exercice illégal de la médecine pour avoir conseiller à ses patients de continuer à utiliser cette fausse science. Ce que confirme encore une fois Escande qui malgré des études sérieuses sur cette malhonnêteté intellectuelle, n’à jamais rien trouvé de vrai dans l’affirmation des homéopathes. Il étend sa réflexion à toutes les pratiques évoquées, comme l’acupuncture (3) : rien de ce qui n’est reproductible en série n’est valable, tout en affirmant que si l’une d’elles s’avérait positive il aurait été l’un des premiers à l’utiliser.
L’homéopathie est dès son origine une escroquerie, puis lorsque son inventeur se rétracta plus ou moins, elle perdurera. Mieux encore, cette « médecine » parallèle qui fait la fortune des laboratoires B., n’a plus rien d’homéopathique selon les règles initiales. Il s’agit aujourd’hui la plupart du temps, d’extraits de plantes et autres flores macérées, diluées et vendues avec habileté dans les pharmacies qui n’ont honte de rien.
Bref une bonne émission, mais qui ne changera pas grand-chose pour les utilisateurs de cette « thérapie ». En attendant certains de ces produits sont pris en charge par la la Sécurité sociale.
Comment expliquer cela. Parce que l’homéopathie fait l’objet d’un passe-droit juridique lui évitant d’avoir à démontrer l’efficacité de ses produits. Alors que tous les autres médicaments doivent produire des dossiers prouvant leur efficacité ! Un scandale juridique masqué par nos politiciens au mépris du grand public qui croit au contrôle rigoureux des instances supérieures en matière de Santé.
Pour eux que cela intéresse voici ce que j’éditais il y a presque un an sur Hautetfort.
HOMEOPATHIE
(du Grec Homéo qui signifie semblable et pathos maladie)
Cette idée émerge au début du 19ème siècle (1790) par les travaux de C.F.Samuel Hahnemann, médecin allemand né en 1755, qui se basait sur le principe, (mal traduit d'Aristote) de la loi de similitude. Le traitement consiste à guérir le mal par le mal, par administration à dose infinitésimale d'une médecine. Celle-ci aiderait le corps à se défendre contre l'attaque empirique du mal qui serait un tout. Notre bon docteur connaissait bien la toxicité de certaines des produits employés. C’est pourquoi il opéra à partir d'une dilution au centième de teinture mère de phosphore dans de l’eau (en latin phosphora 15 ch) Substance mélangée avec 99 parties d'alcool à 70°. Cette potion est ensuite malaxée quinze fois de suite. A ce degré il n'existe plus une seule molécule de teinture mère ! Ce traitement garderait selon les homéopathes désireux de paraître sérieux, une trace magnifiée du produit initial. Ce postulat est issu d'une vieille lune de l'alchimie, qu'est la mémoire de l'eau ; D'où son action hypothétique sur les pathologies.
Sa pénétration
Des études sérieuses d'évaluation de son efficacité eurent lieu en Allemagne, mais les résultats ne furent guère probants. Cette vogue disparaît aux États-Unis, alors qu elle comptait, en 1860, treize mille médecins homéopathes.
Sur le vieux continent, ces derniers se plaignent que leur méthode est en butte à la vindicte de la médecine allopathique par jalousie (1) ou bridée par la puissance des laboratoires qui freineraient l'essor de cette médecine, et sa plus grande pénétration sur le marché. Dans le monde occidental, la France est le seul pays ou l’homéopathie (2) occupe une telle place, la réponse à cette anomalie se trouve du coté des Laboratoires B. leader incontesté du lobby des homéopathes, qui domine allègrement le marché juteux des granulés magiques. Ce même labo qui finance généreusement toutes les tentatives de justifications théoriques, qui attaque la revue « Sciences & Vie » et qui est débouté (1995) Le Conseil de l'Ordre ne reconnaît pas l'homéopathie comme une qualification médicale.
Certains résultats positifs ont été constatés, ils sont d’abord liés à une écoute plus profonde et personnelle par le pratcien, mais expliqués par l’effet placebo. Outre les frais engagés par les consultants auprès des homéopathes non médecins, et ils sont très nombreux, cette discipline offre certains dangers (abandon du traitement classique en cours). Notons que l'administration de ces substances à moins de 5 degrés de dilution peut être nuisible. Évitons de lier comme certains adeptes le font, cette pratique avec une médecine dite "naturelle", (Naturothérapie ou phytothérapie, néologisme inutile) celle des plantes.
Son exercice.
La poudre de perlimpinpin des homéopathes tout autant que l’énergie des acupuncteurs sont des entités de nature ectoplasmique. Il suffit d’avoir quelques notions médicales, quelques bribes de formation scientifique, un soupçon de cohérence ou de bon sens pour constater que cette médecine ne peut convaincre que des pré convaincus, formatés pour gober ce genre de discours. Les cas de guérison constatés par l’homéopathie ne sont dans la plupart du temps que la suite d’un traitement issu de la recherche fondamentale en biologie moléculaire par exemple, par le talent des chirurgiens et non des brasseurs de vents, des exploiteurs d’angoisses et des manipulateurs comme ces charlatans qui prétendent lire dans l’iris l’état de vos organes.
C’est tellement vrai qu’un des plus célèbres homéopathes de salon indique que, nous citons : « L’homéopathie guérit toutes sortes de maladies…à condition qu’elles ne soient pas de nature lésionnelle ou mentale, et qu’il ne s’agisse pas d’une pathologie grave » Ne restent que l’effet placebo et les miracles de Lourdes.
Toutes les tentatives sérieuses de contrôle d’efficacité de cette méthode ont échouées.
La première fut tentée sous le III Reich sous la houlette de Himmler, par le Dr F.Donner. A la fin de la guerre ce professeur put rendre publiques ses notes. Il écrira « l’on n’a pas réussi à obtenir un succès quelconque que l’on puisse porter au crédit de cette méthode homéopathique ». Ce texte n’est jamais publié.
La seconde, contemporaine eut en France de 1985 à 1987, sous l’égide de G.Dufoix (adepte) laquelle annonçait trois mesures concernant cette pratique, la première un essai en double aveugle sur l’efficacité de deux produits, la seconde, sautant par-dessus la première, établissait un programme d’enseignement, et enfin l’annonce de la création d’une fondation sur les thérapies alternatives. Les résultats furent publiés en 1988 dans la revue « The Lancet » : NEGATIFS. Le Professeur Minkowski, pourtant adepte d’une « médecine » douce allait appeler ces décisions (hors essai) qui seront rapportés « le scandale du siècle » Contre-attaque des charlatans cette fois-ci dans la revue Nature ( 1995) rapportant la tentative d’une autre série d’essais cliniques cette fois à la demande du Dr Benveniste (Mr Clone), résultats : NEGATIFS.
Cette dénonciation de la méthode et de la pharmacopée homéopathique mène à la contradiction suivante : seul le sentiment de bien-être en sortant de consultation prime. Certainement mais pas plus que d’autres méthodes aussi charlatanesques mais qui ont le méritent de coûter «infinitésimalement » moins cher lorsqu’elles ne débouchent pas sur une interdiction de suivre un traitement médical celui-ci. Car le malheur est au bout.
(1) Néologisme crée par les homéopathes eux-mêmes et qui ne veut rien dire.
(2) Comme les antidépresseurs.
(3) L’un des participants rappelait que la pratique des médecines exotiques, comme l’acupuncuture, baquettes et breuvages, ne supportaient pas l’équivalence de l’espérance de vie entre les pays occidentaux et ceux de la Chine par exemple qui est de 45 à 50 ans.
17:21 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : societe, medecine douce, charlatans, homeopathie, acupuncture
21 février 2007
LA MORT D'UN INJUSTE
Les juifs ont trouvé un mot pour nommer ceux des français qui ont sauvé certains des leurs promis à la mort dans les camps nazi. Ceux qui ont œuvré pour l’acheminement dautres vers ces camps de travail ou d’extermination ne porte le nom que salauds. Je propose donc à la mort de Papon que l’on emploi le terme d’injuste.
La question qui plane encore sur sa condamnation est celle-ci : savait-il ou non que ceux dont il avait la charge pour leur long voyage, que la mort les attendait ? Beaucoup des acteurs et témoins de cette époque ne le savaient pas. Mitterrand l’affirmait et ma mère également. Ce qui nous amenait à de sérieuses discutions. (avec ma mère pas avec Miterrand !) Pourquoi rafler ces gens et pour où ? « Chez eux » répondait-elle». Papon pourrait avoir eu la même réponse, seulement voilà, ce type n’était pas témoin mais acteur dans cette tragédie.
Une autre question soulevée concerne l’obéissance à la hiérarchie, la machine de l’Etat en l’occurrence aux bottes de l’occupant, qui quelquefois n’en demandait pas tant ou si tôt.
Une partie de la réponse se trouve dans le bouquin de Liddle « Les Bienveillantes » cet essai romanesque, dans lequel l’auteur tente de prouver que n’importe qui dans certaines circonstances agirait en salaud : outre être prêt à torturer ou donner la mort consciemment, mais être en paix avec sa conscience. Mais c’est nier la possibilité de dire non comme l’on fait d’innombrables personnes. A part le préfet du Tarn et Garonne Louis François Martin ce qui donne de l’‘espoir sur l’espèce humaine,, aucun haut fonctionnaire du gouvernement vichyste n’a refusé d’arrêter les juifs.
Papon était condamnable, il n’y a pas à revenir là-dessus, parce qu’il avait accepté un poste lui proposait Laval, en charge des Questions juive et sachant que ce service serait placé sous son autorité. Avec cette rengaine : j’obéissais « conformément aux ordres de mes chefs » L’arrêt de la Cour de Cassation est formel.
« [Papon] aurait acquis la conviction que l’arrestation, la séquestration et la déportations de Juifs vers l’Est les conduisaient inéluctablement à la mort […] même s’il a pu demeurer dans l’ignorance des conditions exactes de souffrances ultimes et des moyens techniques utilisés pour leur donner la mort »
Avec le dernier paragraphe il échappe à la responsabilité et ne sera condamné que pour complicité. Il a pourtant signé des documents, ce qu’il a nié dans un premier temps, que publia le « Canard Enchaîné » en 1981. Ces fameux bordereaux qu’il disait « simplement contresigner », petit fonctionnaire, en réalité secrétaire de la préfecture de Gironde.
Il tenta de redorer son blason en alléguant qu’il avait sauvé la vie à 130 israélites qu’il avait rayé d’une liste. Manque de pot, il ressort que ces rescapés n’était pas juifs, raison pour laquelle Papon-le-zélé les avait écarté d’une «intolérable injustice ». Mieux encore, selon ses dires, en 1944 il aurait donné un coup de main à un résistant juif. Ce qui lui permit d’être blanchi par un jury d’honneur de vrais résistants et d’être mis sur orbite par un de Gaulle, pas dupe, qui le nomma directeur du cabinet du commissaire de la République de Bordeaux, puis préfet.
Deux ans avant son procès entamé par Me Klarsfeld, le vrai, Papon disait qu’il était victime du lobby juif et que son adversaire était un employé d’une association américaine bourrée de fric. Et il se disait pas antisémite.
Papon est soit un lâche soit un fourbe, ce qui est peut-être humain, mais pour moi, sa véritable faute c’est d’avoir nier et de n’avoir aucun regret. Nier le fait qu’il avait une connaissance précise de la politique antijuive de Vichy (Ville interdite au juifs). Alors qu’un responsable, même involontaire, d’un accident mortel se morfond toute sa vie, ce monsieur clamait « je n’ai rien à me reprocher au contraire…j’ai la conscience parfaitement tranquille »
Le notable
En 1961 lorsqu’il est Préfet de police, les flics ratonnent dans les rues de Paris, au moins 200 morts. Et Papon de dire, « il n’y a eu de débordements, la répression s’est réduite à faire monter les Nord-africains (c’est comme çà que l’on appelait les arabes à l’époque, mais « ratons » chez les flics en pèlerine) dans des autobus. Ils ne se sont pas fait prier ».
Puis Charonne en 1962 où la police réprime férocement une manifestation du PCF contre la guerre d’Algérie. Huit morts écrasés devant les charges de policiers vengeurs, sur des grilles de Métro fermées. On parla de grilles d’arbres lancées sur eux Je sais j’y étais,…. en fausse perm.
Responsable direct Papon ? Pas vraiment, mais que dire de ces flics qui connaissant le passé de leur chef, se sont laissé aller de la sorte sachant qu’ils seraient couverts par un ancien préfet de Vichy ?
PAPON DEMISSION
Décidemment, ce type est à oublier.
P.S Un polémique est née, doit-il être enterré avec sa légion d’Honneur alors qu’il en était déchu. Ceux qui veulent mon avis seront servis, j’m’en fous tellement que j’m’en fous
09:41 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, papon, juifs, shoah, holocauste
15 février 2007
SARKOZY ET LA LAICITE
Si il a bien un sujet qui me fâche dans l’attitude de notre Sarko national, outre son outrecuidance, c’est bien sa volonté affichée de s’en prendre à la laïcité en l’occurrence à la loi de 1905.
En effet, le bilan du ministre en charge des cultes fait la part belle aux demandes souterraines des églises traditionnelles mais aussi de diverses tendances de l’Islam. Il aura pactisé avec l’UOIF association souvent truffée de fondamentalistes, et intégristes, dont je parlais récemment. Sans compter les sectes en recevant avec éclat Tom Cruise, ce suppôt de l’église de scientologie. Tout cela par magnanimité naturelle ou pour faire comme Bush, son modèle en ce genre ? Non, Il compte sur ces forces pour assurer la paix dans les quartiers, régulariser la vie en société en encadrer les jeunes. Sarko dixit.
En leur octroyant un statut il pose la question de la définition de la religion. Et qui, réclame un statut de la religion si ce n’est les instances musulmanes les plus fondamentalistes, et…les nouvelles sectes. Avec cette idéologie à quand le tour des scientologues et autres Temple solaire. ? Ce candidat à la Présidence veut-il imposer un projet de société calqué sur le mode de vie des USA, cet Etat tout en étant laïc est entièrement sous la coupe des conservateurs religieux qui chapeautent l’administration Bush. ? Notons que pendant cette campagne il ne soulève pas ce problème que représente cette vue de l’esprit.
Or les derniers rapports chiffrés note un recul de la pratique et de la croyance religieuse en Europe. Et particulièrement en France, en effet les sans- religions représentent 27% de la population de plus de 18 ans. Parmi les plus purs et durs il sont 18 % à pratiquer (la messe au moins une fois par mois). Et 62% qui se disent catholiques, ne pratiquent pas. Pour les musulmans, on retrouve les mêmes proportions, 21 % de pratiquants contre 79% de non-pratiquants ou épisodiques. Il me semble donc que ce genre de débat sur la laïcité ne devrait pas donner à de telles gesticulations de la part de Sarkozy. Au lieu de cela il entame avec la communauté musulmane que voudrait représenter l’UOIF, une parade. Il participe à son congrès en 2003 et en 2005 il refuse d’apporter sa caution à la loi interdisant le port du voile. (Soit dit entre-nous, un seul rappel au règlement intérieur des écoles aurait amplement suffit). Et en plus il ose proposer une modification de la loi de 1905 pour autoriser le financement des mosquées par les pouvoirs public. En effet selon lui, pourquoi les autres confessions, catholiques, protestantes, juives et pas musulmane ?s. Alors que c’est le contraire qu’il faudrait faire. Plus un euro pour les cultes, églises anciennes et ‘nouvelles’. Plus un centime pour les enseignements privés religieux. Encore le modèle américain ?
La-bas, 98% des habitants croient en Dieu et 61 % assistent à l’office dont 45 % une fois par semaine. Le diable ? Les sont 68% à y croire, (contre un seul : en Allemagne (lol)) et les religions évangélistes foisonnent. La société américaine est donc orientée par les associations confessionnelles qui régissent la vie autours d’elle. Les associations humanitaires comblent les différences tant que faire ce peu entre les riches et les pauvres. Et notre sarko, comme Bush son maître à penser, en faire autant. Raviver les sentiments et religieux, permettant ainsi de substituer la solidarité nationale par une solidarité communautariste. (1) Et lorsque l’on connaît la condition des américains en matière de santé on peut frémir d’une telle idée.
Avec Sarko ce serait la même chose en grand et institutionnelle. Brrr. Réduire le poids de l’Etat et de la sécurité sociale dans notre économie et calmer les ardeurs. Une crainte vaine ? Non, il suffit de citer un passage de son livre : « La république, les religions, l’espérance » :
« Je suis convaincu que l’esprit religieux et sa pratique peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté. Maintenant que les lieux de cultes officiels et publics sont SI ABSENT dans nos banlieues, on mesure le vide de cet apport spirituel quand il disparaît » Il continu en écrivant « Tout ces jeunes qui ne croient plus à grand-chose, voilà un défi pour les religions […] je pense donc utile de construire une grande mosquée [dans les plus grandes villes] »
Ce monsieur a trouvé la solution aux problèmes des banlieues, construire des églises et des mosquées et confier le maintien de l’ordre aux corbeaux de tous genres. D'ailleurs nous avons assisté au moment de la dernière crise banlieues une tentative d’interventions des imams. La question alors se pose : combien d’édifices religieux ?
Nous voyons bien là que la société que prône ce prétendant au trône est dangereuse pour la laïcité que nous avons d’ailleurs du mal à défendre. Reviendrions nous avant la loi de la séparation de l’Eglise (des Eglises) et de l’Etat, leurs mainmises avec toutes les conséquences qui en découlent ?
Ce qui soulève le paradoxe suivant, sauver l’ordre républicain par ceux qui la refusent ? Les intégristes de l’UOIF qui ont comme référence les « Frères musulmans » le modèle de l’intégration de la religion dans la cité ? L’un de ses leaders affirme « Le Coran est notre constitution » Son président n’a-t-il pas crée le premier lycée privé musulman à Lille ! Il compte bien sur Sarko « Président » pour obtenir le classement de cet établissement sous contrat d’association ? Et voir la République rémunérer ses instituteurs essentiellement musulmans ?
Le problème soulevé par les instances musulmanes, qui se veulent représentatives est que l’Islam est la dernière religion reconnue en France et par conséquent ne bénéficie pas des contreparties exigées par le Vatican, à savoir l’entretien. Ce qui est logique compte tenu des accords passés, mais inacceptable pour les laïques dont je suis. A ce sujet, je continue à penser qu’il faut aller plus loin encore dans le perfectionnement de ladite loi.
L’ambition en ce domaine à ce Sarkozy, est au contraire d’aller plus loin vers la délaïcisation de la société française et d’ainsi d’accorder aux catholiques ce qu’ils réclament depuis leur dépossession, la restauration du pouvoir religieux, chrétien et musulman et son financement, notamment celui de l’éducation religieuse. Il écrit sur les enseignants : « un problème à résoudre sur le recrutement, la formation des ministres du culte et le financement des établissements religieux ».
Reconnaître un statut pour les religions c’est qualifier certaines doctrines de secte ou de religion, or l’Etat se contente d’apprécier si les activités des groupes sectaires peuvent être poursuivies devant les tribunaux, mais surtout pas de leur donner un tremplin. Or les intentions de Sarko permettent aux témoins de Jéhovah de se prétendre religion, comme en Allemagne, d’obtenir eux aussi des subventions de l’Etat. Absurde puisqu’en même tant elle les poursuit en justice dans le domaine fiscal.
En ce qui concerne les musulmans, Sarkozy a obtenu la création d’un Conseil français du culte musulman, ce conseil qui a explosé en vol lorsque Sarko a offert son soutien à Charlie Hebdo pour son procès en cours. Est-ce une réussite surtout après le lâchage ? Et ben oui, ce nouveau machin ne fonctionne pas, ses composantes l’UOIF déjà cité, qui représente au mieux 40.000 sympathisants sur 3.5 millions de français qui pourraient être pratiquants, la FNMF, fédération nationale des musulmans de France, et la grande mosquée de Paris au sujet de laquelle on se demande ce qu’elle vient faire là. C’est une coordination fantoche qui ne sert à rien, sinon à faire mousser le ministre des cultes. Selon un accord de dupe le CFCM ne se ra élu que par les délégués des mosquées soit 1376. Des recteurs d’autres mosquées de France affirment qu’ils sont les dindons de la farce, un islam libéral n’est pas représenté.
Pour terminer, il faut rappeler cette constatation du candidat UMP qui en matière de bourde ne doit rien à personne qui regrettait l’absence de préfet musulman et se disait prêt à réparer cette erreur. Pourquoi ne pas nommer sélectivement un préfet juif ou protestant et un sous-préfet témoins de Jéhovah ? Ce serait adapter la sphère républicaine en une juxtaposition de communautés religieuses. Et revenir à la case départ, une sorte de concordat bonapartiste de 1801.
AUX ARMES CITOYENS LA LAICITE EST EN DANGER.
RASE-CAMPAGNE
Toute la droite unie pour dénigrer Ségolène pour son programme en sont pour leurs frais, c’est le moment de le dire, car le chiffrement des mesures promises tardent un peu, et pour l’une et pour l’autre. J’y reviendrai.
(1) J’ai déjà soulevé ici le cas des associations caritatives et des sociétés commerciales à bas prix, qui d’après moi et une idée de ma mère, ne font que cautionner en partie les carences de l’ Etat en la matière des allies objectifs de la politique libérale.
Sur My Music pas de zizique, mauvaise manip.Réparé.
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12 février 2007
CHARLIE HEBDO A LA BARRE
Si les plaignants (La Mosquée de Paris et l’ UOIF) ne se disaient représenter l’ensemble des musulmans de France, ce procès serait une rigolade. D’ailleurs se rendant compte de cette bétise, Monsieur Bourbakeur tentait la semaine dernière de se justifier, maladroitement d’ailleurs, puisqu’il arguait que la publication des caricatures était du racisme. Le MRAP qui voulait en faire autant, avait retiré sa plainte sous la pression de ses militants.
Lorsque commence l’interrogatoire du directeur de « Charlie » tous les dessinateurs du journal ont le crayon à la main. Philippe Val fera référence à Spinoza et Descartes tout en indiquant qu’il avait autorisé « les dessins maléfiques » pour soutenir la lutte contre l’intégrisme et l’obscurantisme.
Lorsque Lhaj Thami Breze, le président de l’UOIF (1) s’insurge en regardant le dessin de Mahomet avec un turban orné d’une bombe, trouvant que cela veut dire que c'est « le Prophète [qui] enseigne le terrorisme à tous les musulmans.», Me Kiejman lui rétorque : «Est-ce que ça vous choque lorsque Ben Laden ou Zawahiri invoquent l'action du Prophète pour justifier le terrorisme ?» lui demande alors Me Kiejman.
Si le philosophe Abdel Wahab Meddeb dit avoir ri aux éclats en voyant la une de Charlie : un dessin de Cabu montrant un Prophète «débordé par les intégristes» qui se lamente : «C'est dur d'être aimé par des cons.», il se pose la question sur « Mahomet et son turban » qui selon lui peut-être outrageante pour certains.
Soudain, Georges Kiejman sort un message de sa mache et lit un message de Sarkozy qui soutien le journal. Branle bas de combat pour les avocats et les plaignants, paniquade généralen surtout dans le « machin » qu’il a crée.
La Ligue islamique mondiale, ne cite qu'un témoin, un vieux de la vieille, prêtre catholique qui trouve regrettable de rallumer une vieille querelle entre les religions. Manque de pot ce cureton soutien également Roger Garaudy dans son néo-négationnisme et la chaîne de télé du Hezbollah interdite d’antenne par le CSA pour antisémitisme.
Après l’autre, François Hollande est le deuxième homme politique à voler au secours de Charlie Hebdo. « […] on ne peut pas au nom d'une frustration légitime mettre en cause la liberté d'expression »
Elisabeth Badinter la femme de son mari, quant à elle n’y va pas de main morte : «Si Charlie Hebdo est condamné, c'est le silence qui s'abattra sur nous [...], parce qu'on aura peur. Si la justice ne nous aide pas à pouvoir parler, c'est très grave.»
A la barre, Denis Jeambar, ex-directeur de l'Express, affirme avoir reçu l’ordre de Serge Dassault, propriétaire du journal. Devant le sandale en perspective l’avionneur a cédé. Encore un exemple dans un autre domaine de la liberté de la presse.
Jeudi, avec l'arrivée de François Bayrou, le journal peut se prévaloir de l'appui quasi unanime de la classe politique. « La liberté d'expression ne doit pas être mise en cause, même dans le domaine des religions» dit-il.
Un journaliste algérien, Mohammed Sifaoui exhibe à la barre le drapeau de l'Arabie Saoudite, qui arbore la profession de foi et le cimeterre, puis une affiche du GSPC algérien qui mêle une kalachnikov et un verset religieux. N’y aurait-il pas là outrage à la foi musulmane et du racisme ?
Dans sa plaidoirie, maître Christophe Bigot, avocat de la mosquée de Paris récuse l'accusation «grotesque» de vouloir «faire resurgir le délit de blasphème», il s’agit d 'un acte délibéré avec la conscience de faire du mal». Les dessins incriminés «visent à provoquer la peur des musulmans dans la société».
La procureure refuse de suivre la partie civile et cite la Cour européenne des droits de l'homme qui a statué dans une autre affaire que "la critique certes acide n'insulte pas l'ensemble des croyants, même si ces derniers peuvent se sentir offusqués». Conclusion : "Les éléments constitutifs des poursuites ne sont pas réunis." Applaudissements dans la salle. Le président reprend : «Ici, ce n'est pas comme à l'église, on n'applaudit pas.»
Où, ce président a-t-il vu et entendu que l’on applaudissait dans les églises ?
Cette relaxe st une bonne nouvelle en attendant le jugement et ses attendus.
Sur le fonds, ceux qui se placent derrière les plaignants font semblant de croire que caricaturer un Mahomet en lui mettant un bombe dans sa coiffe alors qu’a l’époque ce type d’arme n’existait pas,prends tous les musulmans pour des terroristes sont de mauvaise foi. C’est plutôt montrer du doigt les terroristes qui s’en réclament de Mahomet. Et qui tuent en son nom en l’invoquant.
Je voudrai ici encore une fois m’étonner qu’il soit plus question du Prophète que d’Allah. C’est comme ci il n’existait pas, aucun des avocats et témoins de la partie civile n’ont cité son nom. Il est vrai que la coutume musulmane et surtout sunnite ne conçoit pas comme les juifs d’ailleurs que l’on représente sous toutes formes l’image de leurs Dieux, alors comment le caricaturer celui là. Lui mettre une bombe dans la chevelure aurait une autre portée pour les musulmans et les caricaturistes. Il n’en reste pas moins que Allah ou Mahomet, chacun de nous citoyens d’un monde enfin détacher de la présence d’une Eglise toute puissante. Dont les vicaires qui n’ont pas digéré la séparation de leur Eglise et de l’Etat voudraient bien voir dans ce procès une condamnation pour faire une jurisprudence favorable et ainsi et regagner ainsi les pouvoirs qu’ils avaient avant. Il s’agit bien là d’une action de la laïcité pour se défendre de tout intégrisme rampant et autres tentatives obscurantistes.
(1) Un nid d’intégriste. J’y reviendrai.
16:35 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poltique, islam, musulma, caricatures, mahomet
06 février 2007
LES MOUTONS DANS LES BAIGNOIRES
Ce qui différencie la gauche de la droite ce sont toutes les conquêtes sociales viennent d’elle et que la droite les a toujours convaincu. Les quarante- heures et les congés payés ont soulevé un tollé, non seulement du patronat, mais aussi de la droite politique et parlementaire dont certains élus iront jusqu’à dire que la guerre a été une de leurs conséquences. Classique ! Ne parlons pas du régime des retraites, de la sécurité sociale et de la syndication ouvrière. Tous les maux proviendraient des avancées sociales que je qualifie d’humaines. Les «trente cinq heures» n’échappent pas à cette règle. En effet, le partage du travail, les loisirs ne sont pas évidemment pas des notions de droite. De l’autre coté que constate-t-on ? Que le grand patronat (Tiens, je parle comme G.Marchais…) non seulement est de cette droite, mais le soutien financièrement. Je parlais du partage, ce qui différencie également ces deux forces forcément antinomiques, c’est que la gauche parie sur le collectif et la droite, sur la démerde personnelle en quelque sorte, sur l’individu.
Autre différence de taille (et actuelle) c’est que la droite qui a toujours conduit politique de la France jusqu’en 1981, elle se considère comme seule légitime, à la limite de l’institutionnel et que toute tentative de renversement de cette idée est considéré comme une atteinte à cette légitimité. Pour la droite, l’opposition est également institutionnelle mais devrait le rester. C’est pourquoi, pratiquement, tous les coups glauques et tordus partent de la droite, (surtout entre elle) tous les coups sont permis pour défendre sa politique, celle de la vraie France.
Toutes les forces qui soutiennent Sarkozy, qui se proclame héritier de cette droite, c'est-à-dire les grands médias mais également les forces de l’état qui sont à sa botte, en l’occurrence les R.G, font du zèle. Ainsi ON fouille dans les poubelles, des fois que…. ce ON qui permet à l’éventuel bénéficiaire de cette opération de basse police de dire «je n’ai rien demandé» alors qu’il sait très bien d’où viens le coup. Ne déclare-t-il pas en privé : « C’est le zèle de mon cabinet… » Tous ses thuriféraires minimisent cette guignolade sans oser bien évidemment, mettre en doute le « Canard » Tout le monde est fiché disent-ils (Même le ministre de l’intérieur d’ailleurs en d’autres temps, ceux de la présidentielle de 1995) et la fameuse fiche a seulement été réactualisée. Or c’est faux, il existe deux fiches, l’une bidon et une autre de trois pages récente elle qui officiellement n’existe pas, tout çà alors que le ministre aurait interdit officiellement le fichage politique. L’histoire du scooter le démontre, ce n’est certainement pas le petit Nicolas qui a demandé qu’on le retrouve illico, mais le personnel de police, campagne ou pas, qui s’est remué le croupion. L’important dans ces histoires Rebelle et Vespa, c’est non seulement l’interaction entre la campagne et les services de l’état, mais les fuites. Et lorsque l’on lui demande pourquoi il ne quitte pas le gouvernement pour éviter ce genre de problème, il prend le ton de Robin The Wood et déclare :« j’irais au bout de ma mission » d’un air de dire que sans lui ce serait le caca, prenant ainsi son successeur, intérimaire soit, pour un con.
Or fuites, il y en a de partout, signe que la maison se délabre. En direct de l’Elysée on apprend que Chirac, toujours très peuple disait en parlant de cette affaire, « Il se croyait se protéger des coups tordus (C’est ce qu’a dit Sarko) en s’incrustant à l’intérieur), il se tire une balle dans le pied, […] car les français ressentirons cela comme un abus de position dominante qu’ils lui feront payer le jour du vote »
De même, les enquêtes sur le patrimoine des Royal-Hollande et la parution dans les médias y compris par Internet, de leurs conclusions. On dirait du Pasqua.
Hier soir, sur TF1 une chaine dévouée à sa cause, nous avons vu dans une émission un candidat extraordinaire, tout le monde devrait voter pour lui, c’est l’Abbé Pierre au pouvoir cet homme là. Il faut dire que l’émission sentait un peu le montage et que la présence de PPDA comme arbitre faisait sourire. Des questions « pelle à tarte, passe moi la moutarde je te rends le séné» (2) fusent au début. Du genre « Ma porte ferme mal, j’ai perdu une dent, que compter vous faire monsieur le Ministre ? Pouvez vous me permettre de revoir mon enfant que mon ex-femme refuse de me présenter ? » Et là un Zorro apparaît ; pour les premières il déballe comme à la foire son attirail, il nous faut un serrurier « en démocratie on a pas le droit d’avoir une dent qui manque » et au second donne en réponse une leçon de républicanisme.
Jusqu’à ce que une bande organisée d’homosexuels confisque un peu trop le débat en interpellant l’orateur sur leurs exigences. Puis l’intervention d’un étudiant en droit qui remet vertement les pendules à l’heure. Pas d’intervenant d’origine africaine dans la salle mais trois homos, curieux non ? (1) Et Sarkozy d’éluder la question sur le scooter. Ensuite celle de deux représentants d’autres minorités dont l’une qui s’offusque à juste titre sur « le mouton qu’on égorge dans la baignoire. A la relecture sur les sites de TF1 et de LCI ce passage a été tout simplement sauté. Un nouveau scandale en perspective»
Et l’autre sur le délit de sale gueule. Et là notre bonhomme, bon prince et justicier, de promettre de remuer cette affaire plus tard.
Qu’a-t-on vu ?
Un homme neuf qui veut revaloriser le travail, (ah bon !) en dévalorisant les travailleurs ou les chômeurs et promet aux petits retraités, plutôt que les augmenter qu’ils pourront travailler « à côté ». Une nouvelle couche sociale de toujours pauvres qui seraient embauchés à la petite semaine et aux tarifs ridicules.
Un candidat qui veut s’attaquer aux régimes spéciaux des retraites en créant ainsi deux catégories des retraités, les privilégiés et les autres. A ce sujet j’aimerais rappeler que ces « privilèges » ont été obtenus par un rapport de force et par des compromis, à savoir l’abandon par l’une des parties de ses revendications et pour l’autre de ses exigences et ses refus. Moins de cotisations contre moins d’augmentation des salaires.
Cette émission permet l’étalage de promesses et un déballage démagogique. Travailleurs par-ci et ouvriers par là. Nous avons échappé heureusement aux références à la limite du ridicule, aux figures légendaires de la gauche, des Jaurès et des Blum qui auraient sans nul doute combattu le leader de cette droite classique. Que Galouzeau traite en privé de nabot. On s’amuse à Matignon.
Bref une émission qui n’apporte rien ni sur le fond ni sur la forme. Gageons que Ségolène qui fait du débat participatif un pilier de sa campagne, apportera un peu d’air frais dans ce genre d’exercice. Au moment où elle annoncera son propre programme.
Vous pouvez quitter ce blog et retourner aux affaires sérieuses.
(1) A sa place je regarderais derrière moi en sortant et craindrais une fiche des R.G)
(2) L’intervention de la viticultrice en est un exemple parfait, la satissfaction sur son visage et celui de son protecteeur était radieux, merci madame.
15:30 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, elections, TF1
01 février 2007
PIERRE LE DEFROQUE
Il fallait bien que j’en parle…..
En 1964 j’emménage à Neuilly Plaisance et je me lie d’amitié avec le type qui s’occupait des bouquins du centre des chiffonniers d’Emmaüs. Au début du mois d’août de cette année là, ce « compagnon » m’annonça que pour l’anniversaire des 52 balais du « patron » les chiffonniers le recevraient, alors que l’abbé Pierre qui ne mettait plus guère les pieds. Si je voulais je pourrai lui être présenté. Aussitôt dit aussitôt fait me voilà en présence quelques jours plus tard d’un petit bonhomme, un peu bourru mais sympa. Mon guide approcha le curé en me présentant comme le militant PSU que j’étais à l’époque. Pour marquer le coup je lui demandai : « Combattre la misère n’est ce pas faire le jeu de ceux qui l’engendre, ne faut-il pas mieux de lutter contre eux ? » Un peu agacé il me répondit, « Et à quoi çà sert de coller des affiches ? » Je ne rappelle plus comment je m’en suis sorti, avec une pirouette certainement, mais je n’ais jamais oublié ce qu’il m’a dis. Il n’avait pas tout à fait tort l’abbé, pas tout à fait.
La charité, chrétienne ou pas, pour moi est l’allié objectif de la société de surconsommation où l’on vit. Cette charité n’est que la mauvaise conscience des dirigeants qui n’en peuvent mais de cette misère. Depuis cet hiver 54, le nombre de SDF est en augmentation, le fossé entre les plus riches et les plus pauvres qui engendrent des tensions bien compréhensibles ne fait que se creuser, le nombre des demandeurs de logements inscrits dans les mairies est toujours constants. Que dire alors en effet des sans abris, des mal logés.
Tous ces organismes n’apportent que des soutiens individuels, surtout le bon abbé Mais atténuer la misère ou la souffrance ne fait que donner bonne conscience à ceux qui devraient pour le moins tout faire pour que cela cesse. Ce gueulard de curé crie dans la cour que les pauvres sont là derrière lui, les bourges, ou voulant le devenir que nous sommes, bien au chaud dans les étages, lancent quelques pièces comme pour les chanteurs des rues d’antan. Certains me répondront que cela aurait été pire s’il n’avait pas existé, peut être mais en attendant le merdier existe toujours.
Quant aux funérailles de l’abbé, l’homme préféré des français, (1) je me demande ce que faisaient là les politiques, les décideurs. Ainsi d’ailleurs que tous ces curés habillés en "Crazy Queen", et qui prenaient ce curé de pacotille pour un hurluberlu, un défroqué. De voir tout ce beau monde à son enterrement cela laisse pensif sur la nature humaine. D’un autre coté, il y a des absences qui ont tout leurs poids : pas de mémères emperlousées et pas d’exilés fiscaux. Au moins, ils ne sont pas hypocrites, quoique quelques bourgeoises de Neuilly puissent prier pour son âme. Vous remarquerez que si ce bonhomme n’allait pas dans son paradis, il y a de quoi douter sur la clémence de son mythique Dieu
Enfin et ce n’est pas là faire offense à un type qui s’est décarcassé pour les autres les plus démunis, mais cela me pose un cas de conscience comme à chaque fois que l’on parle des Mères Térésa et autres. J’eusse aimé qu’il soit laïcs ou même athées. La bonté distillée par les curés ne me semble pas toujours gratuite. Que les mêmes bienfaits proviennent d’un non-croyant me paraît plus « gratuits », de l’altruisme pur. Point de rachat d’une faute originelle, point de bons points pour aller au paradis plus sûrement. Je sais, j’exagère, notre bon curé n’avait pas de quoi faire pénitence malgré que cet énergumène, aux yeux de ses supérieurs ait forniqué un brin étant jeune (ou moins d’ailleurs).
Bon ce que j’en dis… !
RASE CAMPAGNE
Ce que l’on reproche à Sarko, ce n’est pas d’utiliser les RG pour sa campagne, des fois qu’il y ait quelque chose de croustillant pour discréditer Ségolène, c’est de mentir. Je ferai un tour d’horizon dans mon prochain billet.
(1)) Quand à la presse, elle l’a flingué lorsqu’il apportât son soutien à Roger Garaudy)
11:05 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, abbé pierre, charité, chrétien








