02 janvier 2009
2009
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14 octobre 2008
DE LA MILICE
Voilà deux ans qu'il existe un corps de « Citoyens volontaires » comprenant aujourd’hui 300 policiers de seconde zone, non payés qui assistent la police dans les rues et MAM veut en attirer davantage. Ca pue la milice (groupes de personnes créés ponctuellement pour maintenir l'ordre, notamment en cas de troubles civils) à plein nez et pourtant personne ne rechigne. Voici le texte de loi :
« Article 1er – Les citoyens volontaires, qui groupe des Français résolus à prendre une part active au redressement politique, social, économique, intellectuel et moral de la France, est reconnue d'utilité publique. Ses statuts, annexés à la présente loi, sont approuvés » (1)
Encore un peu et on les affuble de Taser, un uniforme (« On n'a qu'un blouson bleu ou une chemise à carreaux, mais pas de menottes pour jouer aux cow-boys disent-ils) et rendez-vous place Kossuth siège de la police pétainiste et le tour est joué.
Déjà qu’il est fait appel à la dénonciation entre citoyens, nous voilà revenu sous prétexte de sécurité, 60 ans en arrière, où on traquait les juifs et aujourd’hui les clodos et les types de genre méditerranéen.
Qui sont ces nostalgiques de l’ordre à la vichyssoise ? A Paris, la préfecture de police constate une recrudescence des offres de service la rentrée.
* des retraités
* des actifs qui donnent de leur temps sur leurs jours de congés.
* des jeunes qui « mettent un premier pied dans la police » avant de songer à s'engager.
A la fois vigile, policier, indicateur ? Il faut se poser la question ,
Un exemple cité par Rue 89 : un prof à la retraite lutte contre « les nuisances d'Emmaüs», a 67 ans, il fut parmi les premiers citoyens volontaires de France, aujourd'hui, il verse dans le prosélytisme auprès des siens, il raconte que c'est en créant une association de riverains contre les « nuisances » liées à la présence du siège social historique d'Emmaüs (1) qu'il a eu envie de s'impliquer dans l'action civique. On peut le voir dans le quartier avec son acolyte plastronner dans les rues l’allure martiale et droit dans ses bottes recueillir, (pour l’instant) des témoignages des méfaits des SDF répandus dans le quartier. Un magasin a d’ailleurs installé « des douches qui se déclenchent automatiquement » en cas de station prolongée des intrus sous l'entrée livraisons.
Ces individus se targuent d’intervenir dans les écoles pour de banales bagarres entre élèves. C'est un peu comme aider ‘à la Croix Rouge’ », dira un autre, seulement on notera que certains sont considérés comme des auxiliaires de police , préparation des feuilles de route des fonctionnaires de police du commissariat et même accueil aux guichets. Ces additionnels de la police ont fait des adeptes, des supplétifs du maire comme par exemple à mairie de Meaux dont le maire n’est autre que Coppé-aux- dents-longues.
Depuis des années les travailleurs sociaux essayaient de prévenir contre cette prévention qui ressemble beaucoup trop à de la répression, car ses dispositions mises au point par l'ex maire républicain de New York Rudolf Giuliani sont à mi-chemin entre une police auxiliaire et la milice fasciste de triste mémoire.
Petit retour en arrière en ce qui concerne cette dernière :
La Milice française fut une organisation politique et paramilitaire française créée le 30 janvier 1943 par le gouvernement de Vichy pour lutter contre le « terrorisme » (c'est-à-dire contre la Résistance). Supplétifs de la Gestapo et des autres forces allemandes, les miliciens participèrent aussi à la traque des Juifs, des réfractaires au STO et de tous les déviants dénoncés par le régime. C'était aussi la police politique et une force de maintien de l'ordre du régime de Vichy.
On voit bien la dérive d’une milice politique, qui est une horreur, vers la milice supplétive de basse-police, qui peut ouvrir à n’importe quoi comme la chasse au faciès, qui existe mais dont on n’ose pas arborer la couleur. Darland aurait pu donner des conseils a Hortefeux, lequel sans être fasciste pourrait en tirer des leçons d’efficacité.
Cette référence à l’ordre, à tous-prix est porteuse de fascisme, on ouvre la porte à toutes les aventures, qui, lorsqu’elles portent l’uniforme et vulgarisées, sont pour « tout le monde » normale ». Hier, on enlevait les Juifs pour on ne savait quoi, aujourd’hui on fait des rondes dans le quartier pour on ne sais quoi également. ( Moi je sais) Jusqu’où peut-on aller dans cette période de suspicions envers les étrangers et ces saletés de pauvres.
(1) En réalité, la loi n° 63 du 30 janvier 1943 (publiée au Journal officiel de l'Etat français le 31 janvier 1943, n° 27, page 290) qui fonda la Milice française, j’ai juste changé les premiers mots..
11:25 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, sécurité, milice, sdf, emmaus
08 octobre 2008
IL FAUT RELIRE LE "LIVRE"

Les évêques vont se réunir en synode à Rome,(‘en français autour d’un gueuleton) pour tenter de donner un aspect plus raisonnable à la Bible et son récits fabuleux. Quel boulot.! Ils vont parler de la parole de Dieu, c’est-à-dire ce qu’il faudrait comprendre aujourd’hui ce qu’il voulait dire et non pas ce que l’on a fait dire. Même chez les pratiquants le doute s’est installé, un des intellectuels cathos qui participera aux débats ira jusqu’à dire « Ils se demandent de quel droit nous prétendons “détenir” [...] dans un texte qui leur semble être un recueil de légendes au statut mal défini.» Une théologienne ( Tiens du nouveau !) dira également que dans la façon classique de lire la bible, on n’y voie qu’autorité et puissance et « porteuse d’une certaine violence » (1)
Elle relève ce que nous tentons de le démontrer ici même qu’il n’est « question que de violence de certains passages, contradictions entre certains fragments, usage d’un langage merveilleux qui semble peu crédible » je cite la dame. ! “Ce qui est dit de l’Exode, d’Abraham, de David : Est-ce que c’est vrai et comment peut-on dire que c’est vrai ?”, s’interroge un autre.
Etant donné les exigences dues à l’Histoire, il faut bien renoncer à prendre cette littérature pour autre chose de ce qu’elle est.(2) Un exégète note « Les auteurs bibliques ne sont pas moins auteurs de leurs livres que ne le sont les autres écrivains. » ce qui est nié par le Vatican qui rejoint là l’Islam dont le Coran est le fait d’un seul homme, Mahomet, directement dicté par Allah. D’aucuns parlent du début du christianisme cet avatar du judaïsme, d’une transmission qui comme une prédication centrée sur la personne de Jésus-de-Nazareth, non pas par écrit, bien entendu, mais orale. Un penseur catholique écrit que la pratique quotidienne de la lecture de la Bible n’a pas fait de (lui) un croyant.
Bref, ça remue dans les méninges. D’ailleurs la mode de lecture en groupe de la Bible devient à la mode, tant mieux, car à plusieurs on est moins bête que seul, ce qui permettra à ce groupe de voir les choses en face : du Roman .
Comme de bons jésuites, ces stagiaires vont sortir une mouture édulcorée et bien tiède de leurs travaux en noyant leurs réflexions dans de nébuleuses explications. Ainsi ils tentent de contenir la montée des fondamentalistes qui leur font de l’ombre, quitte à en perdre une partie de son essence même du christianisme. Selon moi, la Bible est un château de cartes savamment bâtit et retirer une seule carte, au hasard, l’esprit-Saint ou l’ascension et l’édifice s’écroule ce qui permettra à l’Homme de bâtir une nouvelle civilisation.
Si j’ai bien compris, pour les pratiquants et les fidèles la lecture de la Bible est à prendre avec des pincettes, quand aux autres ils peuvent lire les « Mille et Une nuit » où l’Odyssée. Ce n’est même plus la peine de relire Nietzsche
(1) Trouvé sur Internet :
« Ami lecteur, qu'est-ce que votre Bible a fait pour vous ?
La Bible est la parole de Dieu
Si vous la lisez, elle vous éclairera
Si vous l'écoutez, elle vous guidera
Si vous la croyez, elle vous sauvera
si vous la négligez, elle vous jugera »
(2) A ce sujet, la lecture des ouvrages de Finkelstein et Neil Asher Silberman est édifiante.
P.S Le pape Benoît XVI:
"La Parole de Dieu, plus que toute parole, est le fondement de tout, la véritable réalité. Celui qui construit sur les choses visibles qu'il peut toucher comme le succès, la carrière ou l'argent, construit sur le sable. Nous voyons maintenant avec l'écroulement des grandes banques que cet argent disparaît, qu'il n'est rien, il s'agit de réalités de second ordre. Radzinger parle de second ordre, une erreur de traduction sans doute, sinon il faudrait qu’un nouveau ruiné lui botte le cul à ce pape de second ordre.
10:48 Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, religion, foi, synode, vatican, rome, parole de dieu
02 octobre 2008
LES PARACHUTES DORES EN TORCHE
Tout ce remue-ménage pour les «parachutes dorés» ne me semble pas très catholique, en effet ce genre de truc existe bien avant que la crise actuelle n’éclate. Tandis que l’opposition propose depuis l’arrivée au pouvoir du révolutionnaire de les agencer, (1), à part une certaine presse et certains médias, ce n’est pas le MEDEF et ce St Just en papier-carton avec ses copains de chez Fouqet’s, qui s’offusquaient. Pour la bonne et simple raison que c‘est inhérent au système qu’ils prônent et dont ils profitent parce que c’est d’abord un contrat de travail, scandaleux certes, et opposable au Conseil des prud’hommes, si ne m’abuse, (du film de Lang) un truc éhonté que nos dirigeants viennent faire semblant de découvrir.
Le cas qui a mis le feu aux poudres est celui d’Axel Miller qui pourrait en effet toucher une indemnité de départ de 3,7 millions d'euros, selon les termes de son contrat. En cas sa résiliation par Decca, il peut prétendre selon son statut à une indemnité égale aux rémunérations fixes et variables et autres avantages correspondant à une période de 24 mois, soit deux ans de salaire. Vous noterez que ce monsieur « n’est » que président du directoire, un titre qui laisse aux directeurs toute liberté pour gérer leurs établissements respectifs et investir dans des affaires pourries
Autres avantages, les stock-options qui ne valaient pas un kopeck en cas de faillite, mais qui grâce à notre injection de milliards d’Euros et lorsque le système reprendra son cours naturel, reprendront leurs valeurs. Merci Sarko, merci madame tout-le-monde, merci Teddy.
Mais ce tollé de la droite contre « golden-parachutes », qui portent bien leur nom, ce rideau de fumée ne cache-t-il pas le vrai problème qui est de laisser faire ces mouvements de capitaux spéculatifs qui est l’essence même du libéralisme que l’on voudrait détacher verbalement du capitalisme. A tel point qu’il faut observer ce cataclysme, prévu d’ailleurs depuis des mois, comme une purge du système, une saignée purificatrice en attendant que cela reparte de plus belle, libéré de ses métastases, alors que nous serons encore pendant des années à déguster ses méfaits.
On nous parle de nationalisations et là encore on nous prend pour des crétins. L’appropriation collective des moyens de production et d’échange, c’est autre chose que d’effacer les dettes de rigolos qui font joujoux pour gagner encore plus de fric. ‘On’ nationalise et en même temps ‘on’ veut privatiser la Poste, faudrait s’entendre, nous constatons que nos dirigeants travaillent au jour-le-jour, au pifomètre. Et que ce sont les plus pauvres qui continueront à trinquer. Tiens, en tapant sur ce clavier, le nom Tobim me vient au bout des doigts, étant donné la masse d’argent qui circulent sur les places financières, ou en dehors d’ailleurs, ne serait-ce pas le moment de la mettre en place et « punir » ainsi les fouteurs de merde. Et une autre idée, décidément, pourquoi ne pas taxer les acheteurs de titres bradés dans l’affolement, et partant de là savoir qui.
J’imagine que dans la ‘tourmente’ il n’est pas facile de gérer la crise, mais au moins il ne faudrait pas nous prendre pour des non-voyants malentendants, c’est bien ce que l’on peut reprocher à cette bande d’affolés qui nous gouverne, qui nous balance 300 milliards d’euros pour renflouer les banques européennes à midi et qu’elle dénonce à 19 heures, parce que les Allemands ne sont pas d’accord. Madame Lagarde encore elle avait pourtant déclaré en être au stade de « la formulation des idées » en laissant entende que cela pouvait être fait, encore une connerie. Cafouillage et paniquade sont les deux mamelles du gouvernement. Ce que tente de faire cette équipe de pieds-nickelés cornaquée par Sarkozy et lui-même, c’est de nous rassurer, ce qui ne nous rassure pas du tout, au contraire. Mais que font Kouchner Laporte & Cie ?
Ce scandale des indemnités de départ existe néanmoins, comme un symbole d’injustice eu égard également à la masse des employés des banques et assurances touchées et qui vont perdre leur slip dans ce fiasco. La fédération CFDT-Banques et assurances (dont je faisais partie à mon époque) est claire : la gestion de la crise bancaire ne peut "pas se limiter à un huis clos entre le gouvernement et le patronat" et appelle à "une réunion d'urgence" entre les représentants des salariés et les patrons banquiers. Dans l’urgence médiatique l’UMP propose un amendement au projet de budget 2009 plafonnant le montant des indemnités de départ et de licenciement des patrons, à 1 million d'euros par bénéficiaire. Alors là on se marre, jaune, mais quand même : lorsqu’une affaire s’enrichit et crée de la richesse et des emplois on gratifie le patron lors de son départ. Lorsque l’affaire se casse la margoulette, comme disait ma mère, on le récompense tout de même. Le salarié dans les deux cas gagnent « peau-de balle–et-balai-de-crin, comme disais...Mais jusqu’à quand les cochons de payants vont-ils supporter ce genre hold-up ? Je ne suis pas optimiste quant à la perspective d’un Grand Sursaut ou du Grand Soir, mais il faut que cela cesse, que toutes les masses se lèvent pour dire non ?
Oui, mais non à quoi ? Je vous le demande : au néo-libéralisme dont les thuriféraires devraient se mordre les doigts au lieu de parader comme le fait Madame La ‘vieille’garde, sauf son respect. (2)
C’est le moment, je crois de manifester et de montrer notre ras-le-bol, dans la rue, dans les entreprises, dans les écoles, dans l’administration, de dire nous ne sommes pas dupes, nous payons les pots-cassés soit, mais maintenant ça suffit, stop, du balai, nous voulons de vrais dirigeants, en France et en Europe, qui au moins ne nous prennent pas pour des imbéciles et qui agissent pour assurer une paix entre les citoyens, par une véritable justice sociale, avant que les plus pauvres aillent pendre à la lanterne les aristos d’aujourd’hui, qui de toutes façons ne seront pas touchés par les sacrifices, plafonnés fiscalement qu’ils sont. Merci Sarko. Si ce n’est pas un autre scandale cà ! Plafonnement à 50 % que l’UMP dans sa foulée abbépierriste, va s’empresser d’amender, j’en suis sûr !.
Enfin une bonne nouvelle, Lamborghini, filiale d’Audi, la marque haut de gamme de Volkswagen, qui fabrique des bolides que chevauchent nos parachutistes dorés et autres traders, voit la vie en rose et prévoit même d’enregistrer une progression de 5 % de ses ventes de véhicules en 2008.
P.S La lecture sur une colonne est malaisée, vous cliquez sur le RSS à droite de la page et vous avez mon post en pleine page. Chouette non ?
(1) Cet amendement avait déjà été présenté puis adopté l'an dernier par les députés, mais il avait été finalement rejeté par la droite. Explication de texte : « surpénalisante, économiquement peu pertinente» elle contrevient «à la liberté de gestion des entreprises». «Le conseil d’administration de l’entreprise est libre de fixer le niveau de rémunération qu’il estime adéquat pour ses dirigeants, une indemnité supérieure à un million d’euros peut-être justifiée si elle vient récompenser une performance du dirigeant.».
(2) Laquelle "sera très vigilante sur la question", a-t-on réagi dans son entourage, rappelant qu'elle était "opposée à l'attribution de parachutes dorés dans les situations d'échec de l'entreprise". Si tout va bien c’est normal, c’est bien ce que je disais plus haut. En voilà une qui ne manque pas d’air, à l’écouter il n’y a pas si longtemps, la crise était derrière nous, qu’il suffisait d’aller bosser en vélo pour faire des économies d’essence, bref une ministre dont il faut se séparer d’urgence pour incompétence notoire. D’ailleurs son patron ne peut plus la piffer et n’attend que l’occasion pour la virer, occasion qui tarde pour des raisons de basse politique électorale.
15:23 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, crise, financière, parachutes dorés, sarkozy, economie, lagarde
01 octobre 2008
ECONOMIE D'ENERGIE
Devant la crise financière, faites des économies d’énergie, n’utilisez plus vos sex-toys !.
* cliché La commissaire européenne à la concurrence Neelie Kroes, a annoncé ce matin qu'une amende de 676 millions d'euros a été infligé à neuf groupes énergétiques coupables d'entente sur le marché des cires de paraffine. (REUTERS et LIBE)
16:41 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financiére, economie, société, ecologie, ecolo
30 septembre 2008
Mc CAIN N'A PLUS LA FRITE
Athées, lorsque l’on dit benoîtement « mais laissez donc les croyants croire, chacun est libre" chacun sait que cela n’est pas possible.
Laissez les croire et vous avez alors toute l’Histoire des drames et des horreurs commis en son nom sous les yeux. Du premier massacre entre tribus vénérant un dieu différent jusqu’au 11 novembre, en passant par l’inquisition
Alors que dans quelques temps les USA vont s’offrir un président tout neuf, dont la politique risque de nuire à ma petite retraite, dans une société où ce nouveau "Puissant » ne se cantonne pas dans son fief, mais règne également sur le reste du monde, (sans compter sur la politique obséquieuse de ses vassaux) il y a de quoi se faire des cheveux et avoir le droit de s’intéresser à la campagne électorale et à ses candidats.
Ceux-ci, à coté de leurs pensées politiques, qui peuvent paraître différentes pendant ce battage électoral, ne reçoivent d’ordre que de Dieu. Ou font semblant, car si on peut imaginer un métis, un noir à la Maison Blanche, une femme à la rigueur, un homosexuel (quoique) un juif, il n’est pas pensable qu’un athée puisse y parvenir et même à se présenter.
C’est pour cela que les deux prétendants, dans un entretien à un magazine américain, relayé par La Croix, s’épanchent sur leur religion. Elle "me rend plus fort et me guide tout au long de la journée", souligne Barack Obama. "Etre guidé par sa foi est très important à mes yeux", déclare John McCain. Nom de Dieu et dire que Ben Laden ou son émule pensent pareil, je me dis que nous sommes mal barrés.
Obama dit ne pas "imposer ses croyances religieuses". Dans son langage il veut dire ne pas obliger les gens à croire en tel ou tel dieu, d’imposer une autre croyance, mais surtout pas que l’athéisme est aussi honorable que la foi. Et lorsque qu’il clame : "Parmi toutes les pierres sur lesquelles nous construisons nos vies, en plus de Dieu, la famille est la plus importante" on est loin d’espérer une nation enfin sortie de cette malédiction.
Sur le plan de la religion (catholique) il parle de compassions et d’aide aux plus démunis, bien sûr puisqu’il serait incapable de faire face à une pauvreté qui s’étend dans ce pays très démocratique où il faut avoir une mutuelle avant toute intervention chirurgicale même urgente.
McCain, lui, plus réac parle des valeurs judéo-chrétiennes « qui ont inspiré nos ancêtres et qui m'inspirent chaque jour ». On dirait su Sarko Il continue en disant qu’il avait pu envoyer ses enfants dans une école catholique. « Je veux que chaque Américain ait cette alternative", estimant que "les écoles sous contrat et le système des bons (1) [..] "faire partie de toute réforme véritable du système éducatif". Et tout ça pour faire de bons petits américains qui iront casser de l’arabe dans quelques années au nom de Dieu. Et c’est reparti.
Donc à choisir, sujets que nous sommes, entre ces deux messieurs dont l’un qui va gouverner le monde, je vote Obama comme j’ai voté Royal. J’ai d’ailleurs fait le parallèle en son temps ici, et surtout parce que le vieux chnock me déplaît fortement. Je regarde d’un œil distrait leurs débats et comme je suis de mauvaise foi je trouve Obama plus brillant dans ce premier match de catch télévisé. Rencontre que la droite (Là-bas et chez nous) donne comme « un partout la balle au centre » tandis que les E.M républicains et démocrates proclament leur propre victoire.
Que nenni, les sondages (Oui, je sais..) donnent Obama gagnant et les intentions de vote en sa faveur sont en augmentation. L’institut Gallup, dans une enquête d’opinion accordait une avance de cinq points à Obama (49 % contre 44 % à McCain) et on attend l’unique duel télévisé entre les vice-présidents putatifs, Joseph Biden, qui me parait sympa et Sarah Palin-la-bigote, (1) cette lourde casserole que Mac Cain traîne derrière lui.
Mais, comme l’Histoire et l’expérience me l’ont appris, il faut s’attendre à l’élection de Pépé. Peut-il en être autrement dans un pays armé jusqu’au dents et qui accepte encore la peine de mort sans qu’une loi fédérale ne vienne l’abolir, un pays ou le racisme ne s’exprime pas qu’à coups de slogans sur les portes de cimetières, mais dans les faits, dans la vie quotidienne, ce racisme anti-pauvre, selon une de mes définitions qui ne vaut peut-être pas tripette, mais j’y tiens.
La crise financière qui est le fruit d’une mauvaise gestion économique de l’administration Bush, selon Obama, (politique soutenue par Mac Cain) lui permet de prendre l’avantage dans cette course vers Washington. Au moment où le plan de sauvetage du système financier que la Chambre des représentants vient de rejeter, il serait bon de nous rappeler le coût de leurs campagnes et surtout les sommes que les deux candidats ont engrangé pour leurs tournées.
En attendant le résultat du scrutin, qui espérons le pour les Américains, ne sera pas truqué comme l’autrefois, attendons nous à avoir comme patron suprême un bigot, ce qui nous ramène au début de mon post.
(1) s’agit-il de bourses ?
(2) Laquelle croit fermement que les dinosaures et les hommes ont vécu en même temps sur Terre, il y a six mille ans. Lorsqu’on la questionne, elle affirme qu’elle avait vu des traces d'humains à côté de celles des dinosaures ! Cette énorme connerie pour répondre au paléontologues qui prouvent que les dinosaures étaient présents bien avant l’homme.
L'idée d'une "jeune Terre ", que Dieu aurait créée il y a 6000 ans, et sur laquelle hommes et dinosaures auraient cohabité, est répandue dans le courant créationniste aux Etats-Unis dont elle fit partie, jusqu’en 2002, au sein d’une Eglise fondamentaliste qui prône "un soutien sans détour du créationnisme" et juge que "le récit de la Genèse doit être interprété littéralement".
22:08 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, actualité, politique, election américaine
29 septembre 2008
SEGOLENE, RACCROCHE !
« Depuis trois ans, il y a eu la riante primaire, la courtoise présidentielle, les gentils coups bas, les tendres attaques, les doux cambriolages, les amicales pressions et les charmantes épreuves personnelles. (…) Certains qui s’éloignent gaiement, d’autres qui trahissent avec grâce, d’autres encore qui méprisent coquettement. »
En prononçant ces paroles pseudo-fines, à la kermesse de « Désir d’ Avenir» au Zénith je pense que Ségolène s’est disqualifiée. Non pas sur le fonds de son discours, mais sur la forme. De voir cette femme, embellie il est vrai par une nouvelle coiffure, arpenter les tréteaux comme un bateleur de foire ou une pâle et ridicule copie de Guy Bedos, on change vite de chaîne.
J’ai pendant la campagne soutenu sa campagne, avec modération il faut le souligner, ici et autour de moi, l’adversaire de Sarko que son parti avait choisi pour l’affronter et qui l’attendait au coin du bois. Elle s’est bien débrouillée et a réussi à lui tenir tête non seulement dans les débats, mais dans les résultats. Il faut dire qu’au début je n’étais pas très chaud mais dans l’enthousiasme ambiant, j’ai voté pour elle et contre Sarko.
Revenu depuis longtemps des promesses électorales, je savais que d’un côté comme de l’autre les promesses ne seraient pas tenues,(1) mais avec une femme de gauche au pouvoir on pouvait espérer qu’une solide équipe viendrait l’épauler durant son quinquennat. A voir ce qui se passe aujourd’hui au P.S, cette guignolade, je me demande ce qui serait advenu du gouvernement.
Le prétendant au fauteuil de Président d’une république occidentale, ne peut que gérer, au mieux, le capitalisme en folie, toute autre prétention est à la fois un mensonge et une escroquerie. C’est d’ailleurs l’un des principaux reproches que l’on peut faire à ce début de présidence sarkosienne. Un monsieur qui veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes en faisant passer son fiasco comme une conséquence de la crise financière et économique qui viendrait contrecarrer ses plans de relance du pouvoir d’achat.
C’est pourquoi nous voyons les uns après les autres se planter devant une caméra avec une gueule de trente-six pieds de long, pour nous annoncer que le chômage repart de plus belle. (A force de triturer les chiffres il ne reste plus de quoi faire)
Lagarde (Je n’écris pas l’hagarde, par respect de la fonction) qui parle de 40.000 chômeurs de plus, et un sinistre Guéant nous balancer que la crise est encore devant nous. Nous dire que tous ces malheurs sont dûs à la crise des sub-primes mériterait qu’on jette tous ce beau monde à la porte.
Admettons, il faut alors revoir les largesses dispensées, les fameux 15 Milliards aux plus riches. Que Sarko, qui voudrait nous faire croire qu’il devient de gauche sous l’emprise de sa moitié, dissolve l’assemblée et qu’il nomme un leader de gauche en cas de victoire
Et voilà comment je me retrouve sur mes pattes : Ségolène ?
Faire de la politique à ce niveau ce n’est pas gérer une Région et je ne parle pas des qualités personnelles, mais de la force qu’il faut avoir, la rage qu’il faut déployer, les trahisons qu’il faut opérer et des «crimes » qu’il faut commettre, la longue préparation qu’il faut faire pour s’imposer à l’élection présidentielle.
C’est d’ailleurs tout ce qu’il manquait à Madame Royal, qui lui manquera toujours handicap qui empire avec ce spectacle affligeant, il faut le dire, de son intervention à cette fête de la rose sans épine. En effet, chacun a pu remarquer que le mot « socialisme » avait disparu de ses discours, lesquels font place à ce genre de tirade très certainement mis en scène par un consultant en marketing, un directeur de com’. Coiffure, tenue, plaisanteries très populo adressées à une grande bande copains ‘ Youpi’. Il ne manquait plus à Ségolène qu’elle porte une petite croix très chic et le cadre était entièrement posé.
Et je dis cela sans méchanceté, mais il faut se rendre à l’évidence, Ségolène n’est plus de taille pour affronter à nouveau un Sarkozy ou un Coppé à l’affût, déjà installés dans leurs startings-blocks.
Ségolène raccroche !
Cela me fait drôle d’écrire cela, mais je le pense vraiment. Son entêtement entièrement alimenté par l’enthousiasme de ses propres troupes, est objectivement une des raisons du triste spectacle que nous inflige les prétendants à la tête du parti et surtout à la candidature de 2012.
Nous assistons certainement à un schisme dont Sègolène est le maître d’œuvre, bien évidemment, ce qui fait dire à ses détracteurs qu’elle se comporte comme le gouru d’une secte, ce qui me parait être une sottise. Par contre, qu’elle prenne son indépendance totale, qu’elle créé son propre parti, qui n’ira vraisemblablement pas loin, si ce n’est pas une stratégie pour rejoindre Bayrou et ses 4 pèlerins de sympathisants. Cinq aujourd’hui puisque J.F Kahn vient de le rejoindre pour faire de la politique.
Il ne reste plus qu’à trouver le candidat pour la direction de la boutique et un prétendant au trône pour 2012. Si tout va bien pour Sarkozy. Et je laisse le soin de le faire aux adhérents du P.S qui se font la gueguerre sur les forums aux sujets des motions. Un truc très socialiste, que le pékin moyen comme mon voisin qui ne peut comprendre et qu’il confond avec un rite secret, une cérémonie absconse qui excite l’adhérent ou l’afflige. Je ne puis même pas l’aider dans son questionnement.
Salut Ségolène et vive longtemps Madame Royale.
(1) les seules qui seront tenues par Sarko seront celles promises aux plus riches. Histoire de faire revenir les capitaux !
14:02 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, p.s, ségolène royale, royale
22 septembre 2008
AUTANT ON EMPORTE LES GITANS
Puisque nous sommes en automne, il va falloir s’occuper des feuilles qui vont tomber, ce qui est une corvée surtout si l’on veut jouer les jardiniers. Les ramasser à la pelle, puis les jeter ou utiliser au souffleur-aspirateur-broyeur ? A part la fatigue, le problème est là, soit il faut les brûler soit les mettre en sacs.
C’est pourquoi, je m’en vais peinard, faire un petit tour chez « La Farfouillette » un magasin discount de bric-à-brac ménager, ce genre de magasin qui vous font croire que vous faites une bonne affaire en achetant des trucs de bas de gamme qui ne tiennent pas le coup et que l’on rachète deux fois pour le même résultat que celui que vous offre celui 3 mètres plus loin une grande enseigne.
Où en étais-je ? Ah, oui, mes sacs de jardins, grande contenance. Ces magasins sont toujours pleins et cette fois çi encore plus et pendant que j’y suis, comme tout le monde, tandis que ma copine va au rayon des luminaires, je me baguenaude avant d’aller acheter mes fameux emballages ultra-résistant-spécial-jardin.
Trois balais à la main, une magnifique gitane -environ trente ans, basanée de type méditerranéen, hétérosexuelle et évangéliste du dernier jour- selon Edvige (Qui vient d’être rebaptisée) me gêne le passage et s’excuse avec un grand sourire que je lui rends. Elle est suivit par sa mère, trois poubelles en plastiques et 35 wassingues dans les bras tandis que la petite sœur cavale dans tous les coins chaperonnée par un père un brin fouineur. La vie quoi !
Aux caisses, moi avec mes trois sacs, ma copine avec une horrible lampe de chevet qu’elle voudrait offrir à sa fille, pour la faire sombrer dans un cauchemar sans doute et derrière moi devinez qui ?
Juste avant moi un couple d’un certain âge, le mien vraisemblablement, genre « prout-ma-chère » vient d’acheter un os en plastique pour Mirza. Tour à tour, ils se penchent vers la caissière et dans un double souffle lui signalent que les gens qui sont derrière moi, vu leur sale mine et dégaine, doivent avoir quelque chose à cacher. « Vous voyez ce que je veux dire » susurre la grand-mère pétainiste par atavisme à l’employée de la milice anti-juive, qui s’empresse d’appeler au secours la patronne de la Gestapo.
Comme toujours dans ces cas-là je m’empresse de venir au secours de la veuve, de l’orphelin et des présumés voleurs de poules et de lampes électriques, en prévenant discrètement la jeune femme qu’elle vient de faire l’objet d’une « dénonciation », qui me répond clairement haut et fort, qu’elle « n’en a rien à branler »
Je suis obligé, malgré le suspens du récit qui vous étreint la gorge, d’ouvrir une parenthèse. Je puis me le permettre, car ma concubine ne lit pas mes posts ou très rarement. (lol) Bien qu’il n’y ait pas de quoi fouetter un chat, j’ai aussi droit à un petit jardin secret (encore des feuilles ) il se trouve que je connais la patronne de cette boutique, d’abord de vue, puis plus intimement. Nous nous sommes rencontrés en Espagne à la frontière-boutique, là où tout le monde dans nos parages se rend régulièrement pour s’approvisionner en alcools et cigarettes. (J’ai même rencontré aussi la femme incognito, du bureau de tabac du bled d’à côté, la bagnole pleine de cartouches de cibiches). Je ne bois plus d’alcool, ne fumes plus, mais j’y vais quand même : rayon CD et autres colifichets informatiques et photographiques. Donc, un petit bonjour, presque complice avec cette femme d’une bonne cinquantaine d’années, pas très grande, blonde avec de magnifiques yeux bleus. Au restaurant elle se trouve à la table d’à côté, comme il y a là-bas autant de restos que de magasins, je me dis que le hasard...Aussitôt, très smart, je l‘invite à boire le café et nous bavardons un moment. Elle est gérante de cette enseigne après avoir tenu avec son mari, une boutique de TOUT A UN FRANC, qui est devenue TOUT A UN EURO et comme tout le monde est tombé dans le panneau , ils se sont fait des machines en or. On rigole.
Depuis lorsque l’on se croise, notamment au début du printemps quand je vais lui acheter des bulbes de fleurs qui feront de toute façon la gueule en été, nous nous faisons un petit sourire. Mais, comme tous les mecs de la terre, je m’imagine ou fait semblant de croire que son regard n’est pas que poli, ni marchand.
Bref ! La voilà qu’elle se radine, sourire personnel à mon endroit que je lui renvoie et elle passe à son boulot. A la mère de famille de ces gitans, elle lui demande d’ouvrir son sac. Je fais semblant de ranger ma pauvre carte bleue très pâle dans mon portefeuille (encore ?) en attendant la suite.
-De quoi de quoi vous me prenez pour une voleuse ? Moi une honnête mère de famille ! » -Madame c’est le règlement, nous sommes obligés de....
-Obligé de quoi.
Et c’est parti. Refus.
-J’appelle la Police !.
La jeune femme remet çà avec son obsession masturbatrice et j’attends goguenard pour observer l’arrivée au pire des gardes-champêtres. Mais c’est un GIGN qui débarque, klaxon puissance 10.
- Vos papiers,
- J’les ai pas sur moi.
- Et vous monsieur, s’adressant au petit bonhomme
- Pareil.
- Ouvrez votre sac
- Non.
Donc tout se gâte, le chef de la brigade criminelle, tel Chuck Noriss , lorsqu’il bouffe du jaune, prend le gitan par le bras qui du coup se rebelle un brin. C’est alors que l’Ange Blanc descend sur terre et entre dans le vif du sujet.
-Vous voyez bien que la police va vous emmerder jusqu’ à plus soif, dis-je à la cantonade, il faut être moins bête qu’eux, vous ouvrez votre sac et vous les ridiculisez.
Ce genre de propos ne plaît généralement pas à la fois à la police nationale et aux commerçants notamment la mienne, celle de mes fantasmes.
-Vous voulez qu’on vous embarque aussi récite le « n’a-qu’un-neurone » habillé en flic.
Ma compagne attend dans la voiture et j’hésite à continuer.
- Pourquoi ne pas me fouiller moi ?» dis-je à la caissière
- Ben passe que...
Un zélé de jeune flic en apprentissage me demande mes papiers, lesquels sont dans ma bagnole. La grand-mère alors me tapote le bras et me dis.
-Bon ça va, vous avez raison.
et elle ouvre, royale, son sac. Tous les cons, y compris moi-même, plongent leur regard dans le réticule et n’y voient rien que des trucs de « bonne femme » : trois tonnes de photos, du rouge à lèvres en veux-tu-en voilà et 200 coupons de bons de réduction chez Dealer Price » Fin du sketch.
A cause de ce genre de racisme quotidien, de cet engouement pour la dénonciation, je viens de voir disparaître à jamais mon fantasme fleuri.
Le prochain coup je monte à Paris et je vais à la Belle Jardinière
15:17 Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, racisme, gitan, feuilles mortes
20 septembre 2008
CAMEROUN 1958, LA GUERRE CACHEE DE LA FRANCE.

Nous avons tant parlé des événements d’Algérie qu’une autre répression sanglante est passée sous silence, celle des Camerounais qui réclamaient eux-aussi leur indépendance.
Il y a tout juste cinquante ans, le 13 septembre 1958, Ruben Um Nyobè, leader de l’Union des populations du Cameroun,(UPC) tombait sous les balles françaises. La répression menée contre son mouvement indépendantiste fera des dizaines de milliers de victimes.
Qui connaît cet épisode peu glorieux de la colonisation française en Afrique et de son armée, à part moi ?(Je plaisante) Je connais la lutte du peuple camerounais dès son indépendance pour lutter contre la politique de leur président marionnette Ahidjo, qui assura un régime néocolonial, et grâce à mon ami, FKM, opposant au régime et emprisonné. La guerre menée par la France contre ce parti politique a duré près de quinze ans et fait environ plusieurs dizaines de milliers de morts, voire des centaines de milliers de victimes tous oubliés par la France et beaucoup de Camerounais
C’est en 1948, que naquit ce parti issu du monde syndical dans le milieu syndical de la cité portuaire de Douala. Le pays est alors coupé en deux : d’abord colonie allemande, (justement mon copain camerounais porte comme second prénom, Kunt, stigmate de cette situation ubuesque) Puis, il a été placé en 1919 par la SDN sous la tutelle française pour sa partie orientale, et britannique pour sa partie occidentale. Rapidement, les revendications de l’UPC - indépendance et réunification - deviennent extrêmement populaires, surtout dans l’Ouest et le sud du pays, les pays bamiléké et bassa, pratiquement mis en esclavage par les Allemands puis par l’occupation française.
Les autorités françaises envisagent bien évidemment l’indépendance du Cameroun, mais certainement pas pour y voir un Nyobè cet homme intègre qui jouit d’un aura particulier dans la population et qui se rendra trois à N.Y pour plaider la cause du Cameroun.
Le projet est tout autre,(liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais pas trop)
Alors, seule solution flicarde : répression du mouvement et violente dispersion des manifs, puis son interdiction en juillet 1955.. Les leaders du mouvement choisissent alors la clandestinité ou l’exil. La base bien décidée décide de répondre à la violence par la violence : elle prend le maquis dans le sud du pays, y installe une administration parallèle et se lance dans des actions de guérilla.
Conséquences : les autorités coloniales commandés par de vieilles ganaches, imposent un véritable régime de terreur. Sous la direction de Pierre Messmer, elles utilisent les méthodes alors en cours en Algérie : traqués, présentés comme des «terroristes», les rebelles sont qualifiés de terroristes. Le mouvement clandestin est infiltrés, puis les militants sont arrêtés, torturés, déportés, assassinés, décapités. Des dizaines de villages sont rasés, d’autres bombardés au napalm. Les populations sont déplacées, regroupées dans des camps pour couper les «maquisards» de leur soutien populaire (toujours la même histoire des guérillas). La répression cible en particulier l’ethnie bassa de Douala, principal vivier de la rébellion.
Vous remplacer les « négros » par les « tronc »s et vous y êtes. La même guerre : aviation contre chassepots, FM contre machettes.
Mais ici il ne s’agit pas comme en Algérie d’un contingent qui opère, mais d’un corps expéditionnaire qui a été «envoyé pratiquement dans une semi-clandestinité, par Paris. Donc peu d’information parviennent du Cameroun. Et la presse française ne moufte pas, elle parle surtout de l’Algérie ! encore moins la RTF à la botte du pouvoir. La France n’a officiellement jamais été en guerre au Cameroun, mais comme « là-bas dis » une opération du maintien de l’ordre.
En 1958 Nyobè est tué alors qu’il tente de s’enfuir, c‘est-à-dire assassiné. Son corps, ensanglanté et défiguré, signe d’un assassinat ce geste pour un Africain ne permet pas qu’on le considère comme un « ancêtre » Il est enterré à la va-vite par les autorités coloniales et recouvert d’une dalle de béton.
Encore une tuerie pour rien, car comme prévu le Cameroun « obtiendra son indépendance » en 1960, mais sous l’étroit contrôle politique et économique de la France et du « M. Afrique » de De Gaulle, Jacques Foccart, qui impose à sa tête le président Ahmadou Ahidjo. Belle leçon de démocratie : c’est un manipulateur qui commande.
Moralité : cette indépendance n’a pas mis fin à l’injustice et à la discrimination du régime colonial. L’UPC poursuit la lutte de libération dans l’Ouest, en plein pays bamiléké, via sa branche armée, l’Armée de libération nationale du Kamerun (ALNK, vous noterez l’initiale K en allemand). Ahidjo la combat avec l’aide active de l’armée française, qui est restée sur place jusqu’en 1964. Deux proches de Foccart, supervisent la liquidation des maquis. «Dans chaque village, il y a eu de nombreux morts», raconte un journaliste Denis Nkwebo, du quotidien privé « Le Jour. » [...] «Seize membres de ma famille ont été exécutés le même jour".
S’ensuit un beau bordel où des pillards se mêleront avec les résistants. Vous devinez la suite.
Cette guerre prendra fin en 1971 avec l’arrestation d’Ernest Ouandié, dernier chef de l’UPC, exécuté sur la place publique de la ville de Bafoussam.
La vérité n’a été levée que très furtivement en 1991, avec l’instauration d’un semblant de démocratie. Par calcul politique, le président Biya, au pouvoir depuis 1982, «réhabilite» tout à la fois Ahmadou Ahidjo, condamné à mort par contumace en 1984, Ruben Um Nyobè, Ernest Ouandié et un autre responsable de l’UPC, Félix Moumié, mort empoisonné à Genève en octobre 1960, apparemment par les services secrets français. [1] (Je cite)
Au Cameroun, Il n’existe qu’un monument pour rappeler le combat de ces résistants d’abord contre l’occupation allemande et française puis contre une politique-croupion à la solde des Français. Ils ne sont que brièvement mentionnés dans les manuels d’histoire.
Résultat, la jeunesse camerounaise ne sait pas grand-chose de ces années sombres de leur pays qui apparaît donc sans Histoire.
Ce n’est pas demain la veille que les autorités de ce pays demanderont le pardon de la France, car à coté des tueurs de l’armée française, il faut compter bon nombre de camerounais. Aucun militaire français présent dans le pays entre 1955 et 1964 n’a daigné parler de leurs faits d’armes. «Qu’on ait utilisé des armes interdites comme le napalm explique aussi ce grand silence».[1]. Pourtant, «cette guerre qui n’a jamais eu lieu" est dans les archives, :
Des historiens parleront en ce qui concerne ce pan d’histoire caché, de la destruction totale ou partielle d’un groupe social, d’une race ou d’un groupe ethnique, (voir plus haut) ce qui peut être considéré comme un génocide.
Depuis c’est la misère noire, c’est le moment de le dire.
[1] Gabriel Périès, historien.
12:27 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, cameroun, répression, colonialisme, massacre
17 septembre 2008
"UN PROFIL DE JUIF TRADITIONNEL"
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a condamné dimanche "avec la plus grande fermeté les violences antisémites perpétrées samedi à l'encontre de trois jeunes qui se rendaient à une synagogue". Exprimant toute "sa solidarité aux familles concernées et à l'ensemble de la communauté juive une nouvelle fois éprouvée", la ministre a également assuré "que tous les moyens (sont) déployés par les services de la préfecture de police pour identifier et interpeller les auteurs". Comme il ne s’agit pas d’antisémitisme, ce que justement police avait annoncé dès le début, nous voilà devant une MAM encore une fois ridiculisée. "La ministre a eu connaissance d'éléments suffisamment concordants pour pouvoir qualifier cette agression d'antisémite", souligne le porte-parole du ministère de l'Intérieur Gérard Gachet. Dans l'après-midi, le président du Crif, Richard Prasquier, s'est aussi dit "certain" du caractère antisémite de l'agression. Classés deuxième et troisième dans la course à l’ânerie.
Hors classement le président de (UEJF), qui a déploré une "agression à caractère antisémite", expliquant que les jeunes avaient été pris à parti par leurs agresseurs, au nombre d'une dizaine, au seul motif qu'ils avaient "un profil de juif traditionnel" et qu'ils "portaient une kippa". Quel est donc ce raciste qui nous parle de « profil » juif et traditionnel.?
Et, pourquoi cette précipitation ? Déjà une précédente affaire avait débouchée sur un constat de bagarre entre petits voyous du quartier toutes religions et origines confondus. Dans l’affaire dont je parle l’un des agresseur est juif et tapait allègrement sur ses coreligionnaires certainement pour une affaire de deal.
Ce qu’un ministre de l’Intérieur pourrait faire c’est de mettre le holà dans le quartier face à ces incessantes rixes et meurtres. C’est ce que vient de proposer Delanoé, en tombant dans le panneau lui aussi, mais qui n’a aucun moyen, puisque la gestion de la police parisienne lui échappe. Il est relayé par Jean-Christophe Cambadélis qui juge que "Ca commence à faire beaucoup. Il faut maintenant prendre des mesures pour que cette tension cesse » Ce qui me fait marrer c’est la fin des discours officiels, « que les agresseurs soient arrêtés et sévèrement punis » ou : « faire rapidement toute la lumière sur cette agression, dont les auteurs doivent être sévèrement punis » Dès fois qu’une fois gaulés on laisse ces petits paumés s’envoler après ce matraquage médiatique.
Il reste a définir d’où vient cette tension. L’antisémitisme ? A plusieurs occasions, il s’est avéré que ce n’était pas le plus petit dénominateur commun de ces bagarres. Ne reste que la situation sociale du quartier, l’un des plus populaires de Paris. Celui qui fut peuplé par les Parisiens qui habitaient les « beaux quartiers » et chassés par les travaux d’Haussmann. Or, il se trouve que je connais le quartier. Dans certains îlots au début des années 80, il existait de vrais taudis digne des narrations d’Emile Zola. Le quartier dont il est question est plus moderne et rien ne le prédestine à être un champ de bataille. Serait-ce un choc de communautés entre-elles ? Nous venons de voir que non. Rivalité entre bandes ? Cela a toujours existé, mais pas à ce point-là et dans un endroit si petit.
Ce qui me parait étrange c’est les réactions trop vite exprimées.
Agir de la sorte n’est pas mettre de l’onguent sur les plaies que reçoivent ou plutôt ont reçu les juifs dans la vie quotidienne. Dans ce cas il serait plus prudent de réfléchir avant de sortir des phrases qui attisent la haine de certains, attirés de toute façon par les faits.
« -Premièrement, les juifs nous cassent les pieds avec leurs coutumes.
-deuxièmement, ils gueulent à tort sans avoir de preuves pour le faire. »
D’autre part, on peut comprendre qu’on logent ensemble des personnes selon leurs origines maghrébines ou africaines et dont les parent venaient de « là-bas-dis » Je dis on peut comprendre, car je pense que cela est une erreur sociale. Mais pourquoi une communauté israélite elle aussi concentrée ? il ne s’agit pas de beurs, mais de Français comme vous et moi. Dans quel quartier de Paris voit-on un si fort pourcentage de catholiques ou de protestants rassemblés. ? Il n’est pas question pour moi de faire de l’antisémitisme souterrain, mais toujours à travers ma vision athéiste utopique, il serait temps de jeter par-dessus les moulins, kippas, calottes et voiles. Il devient nécessaire que tout cela se fonde dans une autre recherche humaniste de relation entre les hommes sur d’autres bases que celles qui les séparent et pour lesquelles ils s’entre-tuent.
Chez moi, on peut se marier entre juif ou pas, ce qui est vraiment le cas, mais dans la famille de mon hébreu préféré, il n’en est pas question.
"A BAS CALOTES KIPPAS ET VOILES. VIVE LA LAIQUE". Comme gueulaient les bouffeurs de curés.
P.S Qui n'abolument rien à voir, quoique les Gitans sont toujours parqués. Comprenne qui pourra.Un peu de musique qui adoucit les moeurs.
15:43 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, antisemitisme, religion, gouvernements














