06 février 2008
DE GAZA A DE GAULLE
« Chaque peuple est différent des autres, incomparable, inaltérable. Il doit pour être efficace rester lui-même tel que son histoire et sa culture l’on fait, avec ses souvenirs, ses légendes, sa foi, sa volonté de bâtir son avenir…Ce sera long » Charles de Gaulle.
Chose promise, chose due. L’origine des malheurs de Gaza provient des « Six-jours » que les pays arabes ont perdu et qui permis à Israël d’étendre son annexion.
De Gaulle et le conflit
Outre les philosophes, des penseurs et des politiques en charge des affaires ont pris position sur la création d’Israël et de sa lutte pour sa survie. A l’occasion de la guerre d’expansion de 1967, le 12 juin le général de Gaulle reçoit le ministre syrien des Affaires Etrangères et déclare : “l’état qui emploierait le premier les armes, n’aurait ni l’approbation ni l’appui de la France”. Ce qui n’était pas à prendre à la légère, car toute l’aviation israélienne est de fabrication française.
Dès le 24 mai1967, il avait invité les Quatre grands à se concerter. Puis il fit publier un texte qui précisait que “ La France estime que le pire serait l’ouverture des hostilités. En conséquence l’état qui, le premier et où que ce soit, emploierait les armes n’aurait ni son approbation ni, à plus forte raison, son appui”. Cette condamnation anticipée de l’action israélienne ne pesa pas sur l’évolution du conflit.
Le gouvernement israélien n’avait guère de choix, il lui fallait incomber les responsabilités de la crise à ses ennemis. De Gaulle incombait l’échec de l’expédition de Suez au mauvais régime de la IV ème république et la situation au Vietnam, mais n’en avait pas condamné le principe ou l’immoralité. Il avait promis d’intervenir au cas ou Israël se trouverait en danger de “mort”, il le fera en organisant une fameuse conférence de presse le 28 novembre 1967. Dans son monologue en guise de réponse aux journalistes, il prononça une phrase qui restera dans les annales des relations franco-israélienne. . Lorsque l’on sait le soin apporté au moindre mot qu’il doit prononcer le texte en est encore plus fort.
“Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formulaient depuis dix-neuf siècles : l’an prochain à Jérusalem”.
Son discours était clair et exprimait dans un langage gaullien le sentiment des antisionistes et des Arabes frustrés. Néanmoins, il n’est nullement question du sort des réfugiés et de la résistance palestinienne qui venait de naître.
Ce fut un véritable tollé parmi la communauté israélienne et l’intelligentsia, à cette époque pro-sioniste. Le lobby juif dans tous les domaines et celui de l’information en particulier est en pleine effervescence. L’opinion française est alors et en majorité contre l’opinion du Chef de l’Etat, qui par ses propos s’aliéna l’opinion publique israélienne et une partie non négligeable de celle de la France. Devant l’émotion de la communauté juive française et des Israéliens, il nuancera plus tard le sens de son discours en assurant que : “il ne saurait rien y avoir de désobligeant à souligner le caractère grâce auquel ce peuple fort a pu survivre et rester lui-même après dix-neuf siècles passés dans des conditions inouïes” Sans rien retirer de ce qu’il avait dit, sans atténuer sa condamnation de la politique du gouvernement israélien, il avait repoussé les accusations d’antisémitisme comme toujours par des obsédés de la persécution. Les intellectuels juifs se déchaînèrent et évoquèrent Xavier Vallat, Drumont et Drieu La Rochelle.
Dans “Le Renouveau”, (1958/1962) le Général de Gaulle exprimait déjà son opinion sur l’après-sionisme :
“ La grandeur d’une entreprise qui consiste à replacer un peuple juif sur une terre marquée par sa fabuleuse histoire [...] ne peut manquer de me séduire. Mais [...] j’estime que beaucoup de prudence s’impose à l’égard des Arabes. Ceux-ci sont ses voisins et le sont pour toujours. C’est à leur détriment et sur leurs terres que (Israël) vient de s’installer souverainement. C’est pourquoi, quand Ben Gourion me parle de son projet...et que ses propos me révèlent de son intention d’étendre les frontières dès que s’offrirait l’occasion, je l’invite à ne pas le faire.”. Il se rapprochait alors de Clémenceau, qui en parlant du sionisme, questionnait : “ Est-ce que la Palestine peut contenir 15 millions de juifs ? Non? Eh ! Bien, votre sionisme ne m’intéresse pas”.
Le Général de Gaulle, seul homme d’état à avoir eu le courage de l'affrontement, pouvait déclarer : “Qu'il existait en France un puissant lobby pro-israélien exerçant notamment son influence dans les milieux d'information.
Cette affirmation, à l'époque fit scandale. Elle contient pourtant une part de vérité qui est toujours d'actualité.(1) Ceci expliquera la rancœur des Israéliens et de la communauté juive en France et là encore le Général sera considéré comme trompeur à l’instar de ses positions différentes sur la solution à apporter au problème algérien et que ses attitudes étaient plus dictées par l’amour-propre blessé ou par l’humeur.
Cela n’empêche pas le Grand-homme de mésestimer les Arabes :
"Qu'est-ce que les Arabes ? Les Arabes sont un peuple qui, depuis les jours de Mahomet, n'ont jamais réussi à constituer un État... Avez-vous vu une digue construite par les Arabes ? Nulle part. Cela n'existe pas. Les Arabes disent qu'ils ont inventé l'algèbre et construit d'énormes mosquées. Mais ce fut entièrement l'œuvre des esclaves chrétiens qu'ils avaient capturés... Ce ne furent pas les Arabes eux-mêmes... Ils ne peuvent rien faire seuls. "(2)

P.S Pour un résumé http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_Six_Jours
(1). (P. Alexandre, "Le préjugé pro-israélien", Le Parisien libéré du 29 février 1988)
(2) Charles de Gaulle - Cité par Cyrus Sulzberger, Les derniers des géants, Ed. Albin Michel, 1972
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