27 septembre 2008

QUE LE FLEUVE REPRENNE SON COURS NATUREL

Quel que soit le prochain premier ministre israélien, le « processus de paix », cette chimère, ne verra pas le jour et plus encore ne serait jamais appliqué. Principal obstacle parmi d’autres tout aussi insurmontables, la progression de la colonisation amputant les territoires palestiniens, car cette politique sioniste étant irrémédiable.
Bush devait recevoir Mahmoud Abbas, réception protocolaire car nous savons tous qu’il n’en sortira rien de concret. Condoleezza Rice, peut être pleine de bonnes intentions, s’est rendu 18 fois dans la région sans faire avancer le dossier. Lorsque l’on demande aux Palestiniens pourquoi ils continuent à faire semblant de dialoguer, ils répondent  par la voix du principal négociateur palestinien : «  La seule raison pour laquelle nous continuons de négocier, c’est de ne pas se voir attribuer la responsabilité d’un échec"
Olmert, aujourd’hui démissionnaire, aurait offert aux Palestiniens 93 % de la Cisjordanie. L’Etat hébreu annexerait ainsi 7 % de terres palestiniennes, englobant les principaux blocs de colonies juives et conserverait en outre le contrôle de la vallée du Jourdain. En retour, les Palestiniens recevraient des terres israéliennes prises sur le désert du Néguev dans le cadre d’un échange de territoires. Un passage entre la bande de Gaza et la Cisjordanie serait aménagé. Ce qui est inférieur aux propositions de Barak en janvier 2001 à Taba, pour laisser la place aux colonies qui chaque jour s’intensifient. Ce qui revient à dire qu’Israël gagne du temps jusqu’au jour où les Américains exigeront « pour de bon » de leur protégé d’arrêter, mais sur les dernières données : plus de colonies.
« La paix maintenant » note que le rythme de la construction dans les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est a presque doublé depuis le lancement du processus d’Annapolis. On en reste là, comme les derniers pourparlers avec Arafat.A l’intérieur de l’administration palestinienne, on commence à cogiter sérieusement sur demain, sachant que la solution ne passera ni par les armes ni par la diplomatie traditionnelle et envisage une autre stratégie. « Nous négocions depuis dix-sept ans. Cela ne peut pas durer indéfiniment [...] nous devons poser une date limite pour l’établissement d’un Etat et envisager une nouvelle forme de lutte en cas d’échec » disent certains.

Un Etat binational.

Je fais partie de ceux qui sont pour cette solution ce que j’ai soutenu plusieurs fois sur ce blog. Or, un document, rédigé par une vingtaine de personnalités, évoque la redéfinition, voire le démantèlement de l’Autorité palestinienne, et la remise en cause de la solution de deux Etats vivant côte à côte. En 1988, les Palestiniens ont accepté le principe d’un Etat sur les frontières de 1967, ce qui est une véritable concession, car ils abandonnaient leurs premières exigences, les frontières de 1947. Les Israéliens minent cette proposition  en poursuivant la colonisation.
L’un  des rédacteur de ce document, avait proposé que les Palestiniens demandent la citoyenneté israélienne et se battent pour l’égalité des droits, comme en Afrique du Sud , idée qui ne fut reprise par personne. Aujourd’hui, serait-ce une solution ? Certainement pas pour les Israéliens qui par le jeu de la croissance démographique deviendraient minoritaires.


Que le fleuve de l’Histoire dérivé par les hommes retrouve son lit naturel.

Un qui n’est pas naturel, c’est ce corrompu d’Olmert aujourd’hui au placard, ne voulait-il pas bombarder les installations nucléaires Iranienne ? (1)* (Bombardement atomique ?) Cette proposition qu’il soumit à Bush a fait sursauter le Président américain qui lui a répondu qu’il ne soutiendrait pas cette initiative farfelue, car trop dangereuse pour la bonne raison que l’autre louftingue qui gère l’Iran ne se gênerait pas pour lancer des représailles notamment sur des cibles américaines en Irak et en Afghanistan, tout en doutant la capacité de Tsahal d'endommager sérieusement les installations nucléaires iraniennes. De plus il lui aurait fallu survoler l’Irak dont le ciel est sous contrôle américain, ce qui aurait pu irriter encore plus les rebelles Irakiens **

P.S Voilà où mène les va-t-en-guerre, dont certains viennent échouer sur ce blog :
Zeev Sternhell, 73 ans, a, selon toute vraisemblance, été victime hier d’une attaque de l’extrême droite nationaliste israélienne Il a té légèrement blessé à la jambe. Ce professeur de sciences politiques, historien de renom est spécialiste des mouvements fascistes et critique virulent de la colonisation dans les Territoires palestiniens.

*   le journal La Croix
**The Guardian dans son édition de vendredi 26 septembre.

(1) Israël considère l'Iran comme la menace la plus importante à son encontre, en raison de l'accélération du programme nucléaire iranien et des déclarations répétées de ses dirigeants prédisant la fin de l'Etat juif.

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Légende de la photo. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a rencontré le rabbin Moshe Ber Beck à New York mercredi 24 septembre. Le rabbin est membre de Neturei Karta, un mouvement ultra-orthoxe et anti-sioniste. Ahmadinejad, qui s'exprimait à l'occasion de l'assemblée générale de l'Onu, a assuré qu'Israël était proche de l'effondrement.


20 août 2007

DIALOGUE DE SOURDS AU PROCHE ORIENT

 

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Avraham Burg l'ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l'agence juive, dans une interview accordé à Ha’aretz n’y vas pas de main morte pour condamner le sionisme et l’Etat d’Israël pour lequel il a consacré toute sa vie jusqu’à récemment. Certes depuis quelques années il a pris politiquement position et vient de sortir un essai avec un titre frappant « Lenatzea’h èt Hitler » (pour les goy « Vaincre Hitler ») sujet de l’article. Il n’hésite pas à déclarer au journaliste qui ne s’en laisse pas découdre, que l'Etat d'Israël comme un Etat juif est la clef de sa perte. « Un Etat juif, c'est explosif, c'est de la dynamite. »[un] « Ghetto sioniste ». Il considère qu'il est temps de dénoncer la théorie de Théodor Herzl, estimant qu'après la création d'Israël, le sionisme aurait dû être aboli.

Il déclare n’être plus sioniste selon la définition politique du terme, celui de Herzl, mais partisan de la théorie inverse, celle Asher Hirsch Ginsberg, un israélite très orthodoxe, qui en gros, niait la nécessité de la création d’un pays « juif » puisque dans la bible les juifs sont condamnés pour l’éternité et qu’ils doivent vivre dans une diaspora sans fin. Notre converti condamne la « loi du retour », (obtention de la nationalité israélienne pour tous les juifs) parce qu’elle se base sur la doctrine hitlérienne. Il continue en affirmant que le sionisme, celui de la confrontation, vit ses dernières heures, (Ce qui appelle le titre de mon essai « La chute de la maison sioniste »).

Dans une  grande partie de son essai, il tente de faire un rapprochement entre l’Etat d’Israél et l’Allemagne hitlérienne. Ce qui sous nos latitudes serait passible d’une condamnation très certainement, c’est pourquoi je me garde bien de trouver une parcelle de vérité dans cette affirmation, partagée portant par beauoup y compris par un grand nombre d’Israéliens. L’obsession de la force par exemple. Par exemple la récente attaque du Liban, qui s’est avérée d’ailleurs comme une immense bourde qui doit être mis au passif d’Olmert et consorts.

Il dénonce la fascisation de son pays en rappelant le nombre d’officiers de réserve et celui de civils armés dans les rues.Il déclare devant son vis-à-vis interloqué,craindre le moment où la Knesset interdira les rapports sexuels entre les arabes et les israéliens (Ce qui est dans les faits le cas entre les palestiniens arabes et les israélites pratiquants) Le journaliste s’insurge tout en reconnaissant que la place de l’armée dans la société israélienne pose problème, et Burg de répondre que pendant ses fonctions politiques il a entendu de nombreux commentaires racistes et souligner que malgré son interdiction (1986) le parti de Meir Kahane, le leader d’extrême droite assassiné en 1990, est sous-jacent dans les rangées du parlement puisque ses idées sont défendues par environ 20 % des députés juifs. 

Juif dans l’âme, Burg pense que c’est hors des frontières bibliques que la tribu de Judas est devenue le peuple juif et que la Torah est un produit de l’exil. Ce qui fait éclater la thèse religieuse de la « Terre Promise » et celle sioniste du « Grand Israël »

Il aura fallut attendre 2007 pour lire qu’un haut responsable israélien déclare haut et fort ce que les antisionistes dont je suis pour ma modeste part, gueulent sur tous les toits depuis belle lurette.

Comme je le pense également, cet Etat n’a pas d’avenir dans les conditions actuelles. A la question : "Etes-vous certains que votre enfant vivra encore longtemps en Israël ? Combien répondront oui ? » Déjà les élites, les intellectuels quittent le navire, or sans eux il n’est plus question de nation.

A la fin de son interview il fait référence à Leibowitz, (philosophe critique du sionisme) avec lequel il n’était pas d’accord au début de sa carrière. Par exemple il accuse les liquidations ciblées de fascisme et l’occupation comme un succédané de l’Anschluss. « L’amoncellement de cadavres palestiniens va bientôt dépasser la muraille de protection » dit-il. (1) Et il termine en affirmant que le démantèlement de l’arme atomique sera le jour le plus important de l’histoire juive actuelle. A noter que cet armement est secret, officiellement inexistant. Que de conneries !

Devant cette « bessonnade » intellectuelle on ne peut que se réjouir. Mais une telle prise de position par un ex-politique pourrait-elle jouer un rôle dans l’opinion israélienne ? Rien n’est moins sur.

En effet que constatons nous ? De fausses tentatives de dialogue entre Olmert et Abbas qui ne sont dupes de rien, tant la situation est inextricable, mais qui font semblant, prisonniers chacun de leur cause. Pour l’opinion internationale et pour des raisons opposées. Le premier pour faire des courbettes à Condoleezza, et tire de son chapeau un nouveau plan de paix, (2) L’autre pour obtenir des fonds européens pour la survie de ses millions d’administrés qui peu à peu sombrent dans le camp du terrorisme islamiste, pour rétablir une paix interne, tandis que ses élites, elles aussi, s’enfuient aux USA.

 Une question se pose, l’armée que l’on continue à nommer « Tsahal » serait-elle noyautée par des rabbins d’extrême droite ? Les officiers n’ont-ils plus d’autorité sur les troupes ? En effet des soldats juifs pratiquants, refusent de participer aux opérations d’expulsions de squatters à Hébron ou dans les colonies illégales (Alors que chaque jour de l’autre cotés de l’horizon, de nouvelles s’installent !) Cette rébellion, dans le sens strict du terme, a été condamnée. Les prévenus arguent que la Torah interdit à tous juifs d’expulser d’autres Juifs. Cette position recevait l’approbation du conseil des rabbins de Cisjordanie (Ben, Voyons). Pour   de Tel Aviv, il s’agirait même d’une sédition organisée. A noter, ce qui est curieux, c’est que les jeunes insurgés qui avaient combattu l’armée lors de l’évacuation de Gaza, y ont été incorporés. D’autre part l’intégrisme religieux est flagrant, près de la moitié des élèves des écoles militaires porte la kipa, ce qui fait dire à Olmert que l’armée ne représente plus que la moitié du peuple. A quand une armée de métier en Israël ?

 Les pays amis des USA dans la région, les producteurs de pétroles, recevront une aide substantielle pour « lutter contre l’emprise Iranienne ».  C’est pourquoi Ehoud Olmert peut annoncer que les Etats-Unis allaient augmenter de 25% leur aide militaire à Israël, qui atteindra plus de 30 milliards de dollars sur dix ans. De quoi acheter un bon paquet de chars pour la sécurité intérieure, en attendant d’aller casser la gueule aux pauvres iraniens qui sont a mille lieues de ce qui les attendent avec les farfelus qui les gouvernent et ceux qui les guettent.

 En attendant sa prochaine guerre, Bush propose une « Réunion internationale pour la paix » qui devrait se tenir en automne. Devant tant de danger dans cette partie du monde, la situation apocalyptique des palestiniens, et tout ce déménagement, vain, prévu par l’équipe de la Maison blanche, je me demande : « Mais que fait Cécilia ? ».

 

(1)   Qui peu à peu grignote l’espace palestinien, je dis çà en passant.

(2)   Dans lequel les sujets les plus important ne sont pas inscrits comme les frontières, le statuts de Jérusalem, et le retour même symbolique des réfugiés palestiniens (Qui et combien et d’où ?).