31 mars 2009

LES AVENTURES DE BIBI EN JUDEE

img_0806.1171707784.JPG< Colonies de "peuplement". Cisjordanie.

Au moment où comme prévu Netanyahu s’allie électoralement avec l’extrême-droite, pour gouverner, (voir plus bas ) une enquête consacrée à la situation de Jérusalem-Est émanant des chefs de mission de l’Union européenne Jérusalem est sans appel. Restera–t-elle dans les tiroirs ? Cela avait déjà été le cas en novembre 2005 « pour ne pas gêner Israël »
A quelques jours avant la tuerie dans la bande de Gaza ce document constate qu’Israël a accéléré ses plans concernant Jérusalem-Est. « Les actions d’Israël dans et autour de Jérusalem constituent un des défis les plus sérieux pour le processus de paix ».
Toujours selon ce rapport, les démolitions sont « illégales au regard du droit international et n’ont aucune justification évidente, mais un dur impact humanitaire qui renforce l’amertume et l’extrémisme ». Si les Palestiniens représentent 34 % de la population totale de Jérusalem (1) la municipalité n’alloue que 5 à 10 % de son budget pour les services, auxquels ils ont droit. Il s’agit tout simplement d’une tentative d’annexion illégale. Cette analyse rappelle que « la politique de l’U.E concernant Jérusalem est basée sur les principes de la résolution 242 de l’ONU », qu’elle n’a jamais reconnu l’annexion de Jérusalem en 1967, ni de Jérusalem la capitale. Pourtant, l’U.E ne fait rien. Elle pourrait au moins publier officiellement ce texte. D'après la Paix Maintenant (Peace Now) Israël prévoit de construire 73.000 nouveaux logements dont 8.950 sont en cours, y compris à Jérusalem Est- et dénonce une hausse du nombre de colonies de 60%, dont les habitants dans les Territoires palestiniens devrait doubler, décisions irréversibles, donc rédhibitoires dans l’optique d’un Etat palestinien. Netanyahu est contre les nouvelles implantations, mais pour l'extension naturelle de celles qui existent déjà, avec ses  compromissions gouvernementales pense-t-il la même chose ?.
En ce qui concerne la visite protocolaire de Mme Clinton en Israël, elle a pour but de nous fait croire à la possibilité de la création d’un Etat palestinien, une option que le premier ministre refuse à ce stade. Rien ne changera, même avec Obama qui a visiblement d’autres chats à fouetter.
La politique israélienne quotidienne c’est de nouvelles colonies, un mur, des démolitions d’habitations, etc. Ce qui prouve que pour les israéliens, l’Etat palestinien est un os à ronger et un « j’temmerde » à l’opinion publique mondiale
Le troc.
Récemment Olmert exigeait la libération du jeune franco-israélien Gilad Shalit aux mains du Hamas, avec éventuellement en échange, la libération de Bargouthi. Or ce que nous savons moins, faute d‘information, c’est qu’un franco-palestinien est en cabane en Israël et lorsque l’on connaît les méthodes d’accusations et d’emprisonnements là-bas, on redoute pour lui avenir difficile. Il est en taule depuis 4 ans, condamné par un tribunal militaire de Cisjordanie à sept ans de prison (1) pour être passé devant le domicile d’Ovadia (Shass) preuve de sa participation à une tentative d’assassinat. Par expérience, son avocate l’a encouragé à plaider coupable, sinon le tribunal militaire aurait pu aggraver la peine, même sans preuves.
Comment se fait-il que les médias à part l’Huma, Le Monde et Libé n’en parlent?  De Shalit, la presse s’époumonait à en parler. Sarkozy en a fait des tonnes en recevant sa famille, en revanche, il est resté sourd à toute demande d’entrevue formulée par la mère française de Salah. Ce « deux poids deux mesures » est évident, notamment lorsque l’Elysée parle ici de « strict respect de l’indépendance de la justice israélienne » ! Rama Yade se tait. Delanoë ne fait pas mieux : pour Shalit, mobilisation tous azimuts avec accrochage de portrait. Pour Salah Hamouri, refus de le faire citoyen d’honneur de la Ville de Paris. Enfin pour Kouchner, « il fait savoir qu’il vaut mieux une diplomatie silencieuse » ! Soyons bons princes, admettons, mais pour les deux cas.

Aux dernières nouvelles cet échange ne se fera pas. Selon Olmert, le hamas aurait «durci» ses positions et présenté des «exigences extrémistes malgré les propositions généreuses» de l’Etat hébreu. Le Hamas a dénoncé l’intransigeance d'Israël en parlant de chantage, soit il acceptait un accord, soit il devrait traiter avec le nouveau gouvernement qui ne veut pas entendre parler de troc.

Crimes de guerre.
En ce qui concerne le massacre de Gaza, cela commence à bouger sérieux. Pour la première fois, des militaires israéliens font état sur des sites Internet, d'exactions commises sur des civils palestiniens. Une mère tuée avec ses deux enfants par un snipper israélien, soucieux du règlement, parce qu'elle s'était trompée de chemin en sortant de chez elle. Dans un autre cas, une vieille palestinienne a été tuée alors qu'elle marchait à 100 mètres de sa maison, elle était suffisamment proche des tireurs pour qu'ils puissent déterminer si elle représentait ou non une menace. «La vie des Palestiniens est quelque chose de beaucoup moins important que celle de nos soldats», expliquera un soldat. Aussitôt Barak qui défend l'éthique de son armée«la plus morale du monde» monte aux créneaux : «Bien sûr, il peut y avoir des exceptions et tout ce qui a pu être dit va être vérifié», dit-il. En face ce n’est peut-être pas mieux, mais au moins aucun de ses chefs ne se couvre de ridicule en disant que ses soldats sont des anges. Ce que nous subodorions est maintenant confirmé, l’armée israélienne a dans ses rangs des hyènes qu’il faut juger pour crimes de guerre
Nouveau gouvernement israélien.
Netanyahou a conclu un accord de gouvernement avec Israël Beiteinou, une formation d'extrême-droite qui a mené une campagne électorale sur des thèmes anti-arabes. Parmi les autres formations, aujourd’hui aux affaires et soutien à la Knesset, figurent le Shass, donc, ultra-orthodoxe sépharade, la Liste Unifiée de la Torah, ultra-orthodoxe ashkénaze, ainsi deux partis d'extrême-droite l'Union Nationale et le Foyer Juif. Tout ce beau monde rejette la création d'un Etat palestinien.
Le nouveau premier ministre annonce aujourd’hui, veille du premier avril: « Le gouvernement [...] agira pour arriver à la paix sur trois volets : économique, sécuritaire et politique», [...] . «Nous mènerons des négociations de paix permanentes avec l'Autorité palestinienne en vue de parvenir à un accord final et nous ne voulons pas gouverner un autre peuple. Nous ne voulons pas contrôler le destin des Palestiniens». Il a affirmé qu’en cas de paix, les Palestiniens «disposeront de tous les droits pour se gouverner eux-mêmes, sauf ceux susceptibles de constituer un danger pour la sécurité et l'existence de l'Etat d'Israël». La dernière phrase obère les précédentes.
Le hic dans ce discours c’est qu’il n’est pas question d’Etat palestinien, d’évacuer les colonies en Cisjordanie ni même de les geler et encore moins de restituer tous les territoires palestiniens occupés en 1967 y compris Jérusalem-Est.


(1) Justice d’occupation israélienne, bien évidemment expéditive. Faut-il également rappeler qu’un tel tribunal militaire n’a aucune validité légale selon les lois internationales de la guerre ?