20 mars 2008
BOUTIN ET THANATOS

Le cas de cette femme qui voulait mourir encore une fois soulève le problème de l’euthanasie, problème épineux parce qu’il touche au plus intime acte de la vie. Ce qui me gêne dans ces situations c’est son coté médiatique. Les militants d’organisations, (Elle venait de confier son dossier à l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité). et je respecte leur lutte, instrumentalisent cet événement en voulant en faire une affaire de loi. Cette femme voulait par son témoignage permettre une disposition permettant l'euthanasie active dans les cas exceptionnels, car elle se disait opposée au suicide et au placement en coma artificiel. Cette proposition ne pouvait d’ailleurs rien changé, il eut fallut lui mettre un terme, n’est pas Sharon qui veut.
Or, je le répète le suicide est si intime qu’il ne regarde que soi. Encore faut-il qu’il soit réfléchi et sensé, ce qui n’est pas du domaine de la législation, mais de la psychologie et de la médecine.
Pour ma part, je pense que la solution est celle que pratiquent un grand nombre de médecins, sauf par éthique personnelle ou pas croyances religieuses : une dernière décision avec un ou deux collègues et l’on fait le nécessaire pour que cesse définitivement la douleur et l’agonie. Sans bruit et avec dignité, sans éclat ni télés.
Interpellée Rachida Dati ne peut évidemment pas accéder à cette demande publique d’alignement sur les pays qui ont adopté une législation permettant une fin de vie honorable et non avilissante, qu’ils ont entouré de garde-fous. Une loi ne peut être promu pour un seul cas, si douloureux soit-il, mais pour tous et l’on imagine bien les dérives qui pourraient en découler. Euthanasier un grand-père qui s'éternise à mourir pour toucher le magot par exemple.
C’est pourquoi je trouve assez dégueulasse que la justice se mêle de cette mort.
"Je n'ai pas d'éléments suffisants pour déterminer les causes de la mort" de Mme Sébire et "je me pose la question de savoir si l'on va faire ou non une autopsie", a déclaré Jean-Pierre Alacchi un magistrat chargé de cette affaire. La justice avait rejeté lundi dernier la demande d'euthanasie de la malade. Trouver un coupable et le condamner du bout des lèvres ? Quelle hypocrisie.
Que ne la laissons pas en paix et garder en mémoire son témoignage.
Et Dieu dans tout ça ?
Je ne sais pas si madame Chantal Sébire qui souffrait ce martyr, et je pèse mes mots, d’un cancer du sinus était croyante, mais Dieu soit l’a entendu à la télé, et il l’a rappelé à lui vite fait, soit il l’a laissé tomber, et il fallut qu’on l’aide à mourir.
Quel est ce créateur de toute vie humaine qui dans son élan a laissé s’échapper de je ne sais quel gouffre, ces horreurs, ces virus et autres saloperies, comme les cancers. ? Comment peut-on continuer de croire en sa miséricorde ? Comment peut-on croire que ce même créateur ne donne pas à la science les moyens de s’en débarrasser ?
Et son bras droit de fils ne pourrait-il pas faire un petit geste ? Pourquoi pas Lourdes ?
La Boutin, que l’on n’a pas vu pendant la dernière campagne électorale et c’est tant mieux, ramène sa fraise, le goupillon dans une main et la bible dans l’autre. Elle dit « Mais pourquoi ne peut-elle plus vivre? Parce qu'elle dit qu'elle souffre mais il y a les médicaments qui peuvent empêcher cette souffrance, parce qu'elle est difforme mais la dignité d'une personne va au-delà de l'esthétique de cette personne, Quand elle parle de ses petits-enfants, je suis absolument convaincue que cette ancienne institutrice peut aider encore ses petits-enfants à aller de l'avant. Ses enfants l'aiment aussi.» et « être "scandalisée qu'on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu'elle souffre et qu'elle est difforme". C’est non seulement dégueulasse mais faux. Faire référence à l’esthétique c’est d’une connerie noire et laisser souffrir malgré soins palliatifs, c’est être un peu sadique sur les bords. Kouchner a été plus smart.
A tel point que cette femme s’est sentie obligée de répondre au ministre du logement et heureusement pas de la Santé :"C'est quand même grave de banaliser la maladie (...) Ce n'est pas la difformité de mon visage qui me dérange, j'en ai strictement rien à faire, et que si je mène ce combat, c'est parce que la souffrance est telle que je demande de l'aide. Je souhaite à madame Boutin, sans aucune méchanceté, qu'elle endure ce que j'endure simplement 24 heures".
J'ai déjà abordé ce sujet ici :
http://atheologie.hautetfort.com/archive/2006/01/05/sacre-thanatos.html
14:51 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mort, euthanasie, suicide, boutin, sébire
03 mars 2008
SARKASME
La Camarde a encore frappé très près de moi et chose curieuse, malgré les alliances, à quelques exceptions près (un ou deux agnostiques) les membres de ma famille, qui, vivent et meurent sans dieu. Je pense que dans ces circonstances la raison devrait commander de jeter les bibles et les crucifix aux archives. Combien d’ailleurs le font. Pour les autres, Dieu (ou son fils unique qui devrait un jour hériter) ne calme pas leur peine, c’est la preuve qu’il est inutile. Or un Dieu "monothéique" ne peut pas par définition être inutile. Donc il ne peut exister. CQFD. C’est d’ailleurs l’un des pistes suivies par Nietzsche, inspirée par un philosophe français, un contemporain, qui parlait d’un Dieu qui dans l’avenir deviendrait de moins en moins utile . Dans nos sociétés modernes nous y arrivons. Les religions que j’appelle mères sont en perte de vitesse et recrudescence des sectes religieuses ou non, chapelles et avatars le confirme. Il y a comme un trou et la volonté des papes et imams ne peuvent rien à cette inéluctable fin des dieux devenus inutiles.
ll faut d’ailleurs savoir par quoi pourraient-ils être remplacés. Enfin débarrassés de l’emprise hégémonique de la morale et de la vérité unique de leurs religions respectives nos enfants devront veiller. Commençons donc par le faire dès maintenant.
Quant aux autres, des prolos aux étudiants, ils ont beau crier à l’injustice, ils ne voient aucun retour à la sagesse. A tel point que John, fidèle lecteur et commentateur effleure l’idée d’une destitution via l’article de la Constitution entièrement ciselée pour De Gaulle par Michel Debré. Si c’était possible il faudrait le faire, mais nous sommes en démocratie, le moins mauvais système de gestion de la cité et sauf maladie ou trahison je ne vois pas comment l’appliquer. Sauf démence ? impossible. Trahison ? Je ne vois pas.
Il faut attendre la fin du mandat ou qu’il démissionne. Ou que le peuple le foute à la rue, lui et ses peignes-culs, mais ça c’est une autre histoire.
10:47 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : vie, mort, camarde, sarko
19 septembre 2007
LA GRANDE TROUILLE
La souffrance de la mort par Jean Cocteau
Attention cela n’a rien contre la sympathie que j’éprouve pour tel ou tel de mes intervenants, mais il me semble intéressant de faire une note sur la discussion qui se développe à partir d’un tout petit sujet : la disparition des OVNI de l’actualité.
Au boulot
Mexen a une patience d’ange, si j’ose dire, en voulant argumenter sur les propos de notre cher Alberto. Ce dernier est l’archétype du croyant qui s’accroche à sa foi, comme un naufragé à sa bouée. Sur son blog, il ne prêche que des convertis et ici sur un site sans dieux par essence il se débat comme il peut. Tous les athées qui me lisent le connaissent bien et tentent eux aussi de contrer ses propos, sans grands résultats d’ailleurs. Et pourquoi ? Parce que ce genre de croyant est incorrigible ? Parce qu’il est hors de notre monde, pour le moins, celui qui vit sans cette notion de Dieu créateur. En réalité Alberto est un angoissé et il est maintenant plus facile de cerner son personnage qui ici n’est encore que virtuel. Bien avant de le connaître j’avais crée un néologisme, hybride dans sa construction : CREDO (en latin : je crois) et PATHE (en grec maladie) Malade de sa foi est une soumission bien connue en psychologie analytique. Cela va de Ste Thérèse aux fous furieux des intégristes. Ceux de l’islam étant à la mode il ne faut pas oublier les dingues du Dieu des chrétiens qui n’ont rien à leur envier si ce n’est l’usage de moyens techniques plus performants.
Je nomme ces derniers de crédomaniaques, ce qui est la dernière marche. Pour en revenir à Alberto et à tous ses semblables, il ne fait pas de doute qu’ils souffrent d’une inquiétude abyssale, la crainte de la mort. En effet dans l’existence l’homme à deux points obsessionnels : la transmission de la vie : le SEXE. Et la MORT. Toutes les religions notamment les crypto judaïques, ont tenté d’apaiser ces deux points. Pourquoi suis-je là et pourquoi vais-je mourir sont les seules et vraies questions. Mais la plus angoissante est comment vais-je mourir ? L’instant ou l’ego disparaît, sans oublier la souffrance si elle est inéluctable. Ne nous voilons pas la face, c’est la seule question qui nous fout la trouille, en effet APRES ne nous regarde pas comme le pensent les suicidés.
Qu’importe toutes ces fantaisies de résurrections et autres recompositions des familles (sans ADN ?) Toutes ces histoires de paradis, de salut, de rédemption, de Jésus et paraboles ne sont que des supercheries, voir des subterfuges. Que cela soigne les angoisses de certains tant mieux, mais je n’en suis pas sûr.
Dans le christianisme tout tourne autour de la notion de mort et de péché. La vie n’est qu’une étape vers la mort et non pas un moment qui ne débouche sur rien, comme celle de l’animal que nous sommes. A ce propos lire le bouquin d’un jeune essayiste, « l’Etre et le Néant » un certain Jean-Paul Sartre, un nom qui fera date j’en suis persuadé.
Dans chacune des réponses d’Alberto nous sentons réapparaître au bout d’un certain temps cette inquiétude. Peut être également veut-il tenter de faire taire en lui la petite lumière de la raison qui le turlupine en lui disant. « Allons Alberto, tu vois bien que tu t’entêtes »
Florilège
Les martiens (à l’origine de la discussion actuelle) impossible ….Jésus ….la Bible….
"Travailler à la sueur de leur front et pour madame un enfantement dans la douleur." Déjà Alberto nous confie que jeune homme il était angoissé par ce genre de truc et par la vie en général. Après une période de recherche il se lance dans la religion, à fond et tant pis pour les bonnes femmes qui hurlent en enfantant. Il lui fallut éplucher la Bible pour se persuader de l’existence de son Dieu et trouver une paix intérieure. Et il rentre dans de nébuleuses explications toujours incompréhensibles. C’est de la faute à nos premiers parents ! Et Dieu les a puni, en inventant en plus la mort ! Quant à nos sales bêtes de chiens et de dinosaures, je me demande ce que leurs parents avaient bien dû faire ?).
Quant à ce que mettent dans la bouche de ce Jésus, les essayistes de l’époque, il y a à redire, par exemple. Petit exemple « Ce temple sera reconstruit en 40 jours, or il n’en fut rien. Erreur humaine.
Il se trouve que j’ai lu pour la première fois la biographie de Jésus, il y a très longtemps et je continue à penser que c’est une des plus belles histoires.
Alberto, la rédemption, ne serait destinée qu’à ceux qui y croient, et merde à ceux qui ne sont pas christianisés. Ben voyons ! Encore un emberlificotage, car on ne peut donner d’explication à ce qui ne tient pas debout...
Selon moi la vie n’est que le fruit du hasard. L’existence d’autres êtres vivants dans les galaxies pourrait-elle se répéter ou se reproduire ? Pourquoi pas. Sous une forme qui pourrait proche de la nôtre ? Il faudrait multiplier le hasard par le hasard. Ce n’est pas être prétentieux du tout et cela me parait raisonnable. Par contre cette existence avérée dépiterait tous les Alberto du monde. (1) Lequel réplique aussitôt en faisant encore une fois référence à sa foi. « Tous les hommes, quels qu’ils soient, qu’ils naissent sur la lune ou ailleurs, dans n’importe quelle galaxie, tous les hommes naissent pécheurs, […] Leur seule chance se nomme Jésus parce qu’il est le fils unique de Dieu, le seul donc qui ait pu régler ce problème que nous appelons communément “le salut”. Et c’est précisément sur notre planète terre qu’il l’a accompli […] Si tu pouvais jeter un oeil dans le ciel, qu’est-ce que tu verrais et entendrais ? Il n’y a que des louanges pour lui ! « des hommes qui se croient doués, forts, intelligents... ils ne savent pas que leurs pouvoirs sont limités, ils ne savent pas qu’ils sont mortels et qu’à la fin ils ne seront plus rien. »..
Et voilà où nous en sommes.
(1) Et c’est Mexen qui clôt le débat pour l’instant. Il tient les arguments de notre chrétiens préféré pour « de la rhétorique, quand la question posée n'a pas sa réponse toute faite (dans la Bible ici), il suffit de dire que la question elle-même n'a pas lieu d'être. Plus de questiosn, plus de réponses […] C’est un classique ! » Et d’enfoncer le clou en écrivant : « A partir du moment où des êtres existeraient dans une autre galaxie, on ne pourrait les appeler "hommes" et je crois qu'ils se demanderaient bien qui est ce "Dieu" dont les Terriens arrêtent pas de parler. Auquel cas il faudrait à tout prix les évangéliser, pas vrai ? »
Quelle belle chute, comme dirait Djack.
12:00 Publié dans PHILOSOPHIE RELIGIONS | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : religion, foi, bible, christianisme, mort, peur, paradis
29 juin 2007
DON DE SOI
En attendant un sujet sur la mort, la métaphysique et la métempsycose comme je le promettais, une petite introduction : la greffe perpétue-t-elle la vie et trompe-t-elle la mort ? (sujet du bac de philosophie en Juin 2012)
Le 22 juin était la journée de sensibilisation de la population pour le don d’organes. La loi de bioéthique de juillet 1994 adopte le principe du consentement présumé.
Toute personne est considérée consentante au don d'éléments de son corps après sa mort, en vue de greffe, si elle n'a pas manifesté son opposition de son vivant. La loi donne donc le droit de décider personnellement et si le défunt est un enfant, seuls ses parents ou son représentant légal sont autorisés à consentir par écrit au don d'éléments de son corps en vue de greffe.
Or, il se trouve que je suis concerné par les deux aspects de la chose, le prélèvement et sa greffe. Ce qui me donne un certain droit de parole pour émettre un avis sur la question
Prélèvement
Au décès de mon fils, tout juste majeur, aucun médecin dans le droit fil de la loi, ne m’a demandé une chose pareille. Par contre je suis persuadé que mon enfant aurait, bien que cela soit loin de ses pensées, accepté un don de ses organes lors de son lointain, lointain décès. Sur le moment cela doit foutre la trouille mais, je connais ma réponse si elle m’avait été posée, mais ignore celle de sa mère j’aurai di oui. D’ailleurs, j’espère que des prélèvements ont été fait, le seul «truc» qui me gêne c’est que j’aimerais simplement l’avoir su. A notre mort notre corps ne nous appartient plus, pas plus qu’à la famille, il appartient au néant. Aujourd’hui grâce à la science et malgré les interdits religieux à peine levés, la science nous permet de l’utiliser pour sauver des vies humaines.
Greffe
Deuxième expérience : ’un de mes meilleurs amis, un gitan pur sucre très croyant, un peu témoin de Jéhovah sur les bords version brute, l‘avant-veille de sa transplantation me demandait mon avis et me faisait par de sa grande peur devant sa mort bien entendu, et devant le fait d’avoir dans sa poitrine le cœur d’un autre certes mais mort, lui. Sans cette transplantation, il était condamné, l’instinct de conservation et nos réflexions l’ont poussé à rentrer à l’hôpital dans le service qui l’attendait anxieusement .Deux ans après toujours sous constante surveillance, il va à la pêche en mer et ne parle plus à sa dame patronnesse qui n’était pas d’accord sur sa décision. Par contre il rejoue de la guitare aussi mal qu’avant.
La position religieuse
Au nom de la solidarité ou du combat pour la vie, de nombreuses confessions religieuses ont pris position en faveur du don d’organes en vue de greffe. L’église catholique l’admet dorénavant, bien après le protestantisme, non sans combats d’arrière-gardes comme elle le fait aujourd’hui au sujet de la recherche sur les cellules souches et leurs cultures in vitro.
Pour l’Islam, il n'est pas permis au mourant de léguer ses organes pour un éventuel prélèvement après la mort. (D’après un Djadîd). Malgré que ce sujet soit sérieux je ne peux m’empêcher de citer un extrait d’une fatwa plutôt « terre-à-terre : « Il est interdit de prélever un organe vital (comme le cœur, par exemple) d'une personne vivante pour le transplanter sur une autre » Heureusement l’Islam vivant, peu à peu, admet lui aussi le prélèvement d’organes. Mais, ergote encore sur le fait de savoir s’il faut que la chirurgienne porte le voile ou non.
Pour le judaïsme, le corps d'une personne décédée, étant donné qu'il a accueilli une âme sainte, doit être traité avec un respect extrême. Chaque partie du corps doit être enterrée, ce qui explique les images éprouvantes de ces Juifs religieux qui recueillent après chaque attentat terroriste la moindre parcelle de chair et la moindre trace de sang pour les enterrer. Ce qui est interdit, c'est de faire un don à une " banque d'organes ", là où il n'y a pas de receveur spécifique et immédiat. Il est également exclu de faire don d'un organe pour la recherche médicale ou pour permettre aux étudiants en médecine de se livrer à des dissections. La morale hébraïque met en garde les personnes aux prises avec ces problèmes en arguant l’explication suivante, « pour pouvoir disposer d'organes aussi frais que possible, les médecins sont parfois tentés de les prélever sur les patients avant qu'ils ne soient vraiment " morts " au sens de la loi juive » On n’en sort pas.
Exception : « La cornée et la peau constituent en fait deux exceptions pour lesquelles des solutions alternatives ont été trouvées […], car à certains égards, une personne frappée de cécité est considérée comme morte ». Que d’ergotages !
Toutes ces précisions sont une bonne introduction pour mon prochain papier un peu philo-philo : la mort et partant de là, celle du christ et sa résurrection dans un second temps. On ne va pas trop se marrer.
11:55 Publié dans PHILOSOPHIE RELIGIONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dieu, religion, jesus, resurrection, mort
02 janvier 2007
LA MORT ET L'BON DIEU
Comme un bon général, Pinochet est mort dans son lit.
Depuis quelques temps, pendant cette période de fêtes je coupe les ponts avec l’actualité. C’est l’un des seuls moments de l’année où je peux réunir ma famille autour d’un sapin de noël qu’ornent avec acharnement les enfants. Ce n’est que rires, chants, cris, câlins et bruits.
Cette fois-ci cette trêve a pris fin avec le commentaire de John dans lequel il nous fait part de son drame personnel. C’est une catastrophe. Et je sais de quoi je parle : il y a presque vingt ans, déjà, un pylône du boulevard circulaire de la Défense, puis quelques cervicales éclatées, la mort immédiate et toute ma vie a basculée. Je sais également qu’il n’y a pas de mot pour soutenir les parents.
Dans ce message John trouve encore assez d’esprit pour signaler à notre croyant (et ami maintenant) Alberto, que dans ces circonstances, l’existence de dieu passe au dernier mais dernier rang des préoccupations. En ce qui me concerne, j’avoue n’y avoir pas pensé, et lorsque dans ma famille il fut question d’église, de croix et tout le cinéma, j’ai comme eut la force de dire non. (C’est ainsi qu’il y a des cérémonies imposées)
Ceci recentre un peu l’objectif de ce blog. En effet quel spectacle que de voir un croyant acharné, illuminé ou ‘culturel’ devant une telle situation. Non seulement il ne se rebelle pas, mais il ira jusqu’à prier son dieu, forcément sanguinaire. Le catholique pratiquant de cette religion victimaire, infanticide et cannibale, s’en remet à son Dieu. Nous avons tous vu ces mères d’enfants éventrés par des bombes à effets secondaires, lever les mains au ciel pour implorer Allah. Des chrétiens se rendre aux cérémonies religieuses qui accompagnent les défunts et prier dans les temples. C’est comme si l’on se rendait au domicile de l’assassin de son enfant pour lui rendre hommage. Je me demande d’ailleurs si cette dévotion n’est pas une demande de protection « Monsieur épargnez-moi ! Au moment de ma mort, faites que là-haut je ne me retrouve pas à la cantine avec Saddam Hussein ! »
Il y a quelque chose de malsain dans cette attitude, elle ne me paraît pas humaine. D’ailleurs, les scénaristes de la bible ont mit dans la bouche de Moïse le fameux commandement «Tu ne tueras point, s’il en est besoin je m’en charge». Mais à la relecture, les scripts, ont remanié le texte et gardé la première phrase, la seconde ne faisait pas sérieux.
Toujours dans le sordide religieux, la position de l’église italienne devant la mort autoproclamée de ce malade incurable qui demandait que l’on abrège ses souffrances. Les corbeaux ont refusé les obsèques religieuses à ce croyant. De l’autre coté de l’Atlantique, les mêmes corbeaux ont assisté en grandes pompes à la cérémonie funèbre, accompagnée d’une messe, de Pinochet. Avec un score d’un mort pour notre italien et plus de trois mille pour le chilien, il n’y a pas photo.
Et d’entendre la phrase pseudo-consolatrice qui consiste à dire que « les voies de Dieu sont impénétrables », cela me rend nerveux et me donne une l’idée de l’étendue du problème de l’assassinat (virtuel) Tant de conneries dans une seule phrase devraient être inscrites au livre des records. Non messieurs les bons apôtres et évangélistes de salon, il n’y a rien qui puisse consoler ceux qui restent, encore moins tenter de leur donner une explication "à la mord moi l’oeil". Si encore cela les soulageait ! Pas du tout, la souffrance est la même. Hurler contre le hasard ou contre Dieu il ne devrait pas avoir de choix, surtout pas le vénérer où même le bénir. « Je suis Chrétien voilà ma gloire mon espérance et mon soutien, mon chant d’amour et de victoire… » Voilà ce qu’hurlaient les ouailles aux grandes messes. Je sais de quoi je parle, j’étais enfant de chœur.
Heureusement, enfin, Siné dans Charlie Hebdo nous dégotte une récente enquête de l’institut Harris parue dans le « Financial Times » sur les sentiments religieux de la population des Etats-Unis et des pays européens. Les américains arrivent en tête avec 82 % de croyants fervents. Normal au pays des téléprédicateurs, et des sectes, ces avortons des religions mourantes. L’Italie bien entendu arrive en second avec 62% de culs-bénits, puis l’Espagne 48. Les teutons suivent avec 40 % d’adorateurs de dieu. « Got mit Uns » et les Anglais… anglicans. La France termine en queue de peloton avec 20% ce qui encore trop. Il reste du boulot les gars !
Tout çà c’est pas gai, mais c’est la vie. Quelle merde. Après cette constatation, je reprendrai mes coups de gueules.
Mais avant de terminer je voudrai m’adresser aux fidèles de ce petit blog pour espérer pour eux une année sereine et pleine de joies. Ce ne sont pas des vœux mais des espoirs. Quatre vingt millions d’€, çà ne vous dirait rien ? Trois semaines de vacances à Ibiza avec bobonne au camping trois étoiles, avant de reprendre le boulot et s’acheter une bonne petite bagnole d’occase…le rêve.
A toi donc dans le désordre, (les filles) Charlotte et Sylvie, puis Greletty. (A propos je lis « Les Bienveillantes » cadeau de mes filles ??? que faut-il en penser), Pierre K, Alberto, Ellaurenzovfoot et les autres, sans oublier bien sûr John.
14:33 Publié dans PHILOSOPHIE RELIGIONS | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Religion, philosophie, foi, croyance, superstition, eglise, mort





