25 juin 2009

CA MOLLIT AU PAYS DES MOLLAHS

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L’Iran est-elle encore une république islamique et démocratique ?
Avant même les récents événements, la question devait être posée. Dans le sens que nous donnons à la république démocratique dont notre pays fut un inspirateur, certainement pas.
Connectons-nous raisons profondes de la crise politique qui malmène ce régime particulier à la suite de résultats douteux de l’élection présidentiable ? S’agit-il de fraude, style bourrage de chaussettes, ou d’une organisation structurée et calculée d’escroquerie du pouvoir religieux.

Sans observateurs internationaux sur le terrain, rien ne peut nous permettre de l’affirmer, mais des signes peuvent paraître bizarres.
A/ Pour un pays non équipé d’électronique, le comptage (40 millions de voix), 2 heures après la fermeture, est surprenant de rapidité.
B/Les pourcentages de chaque candidat n'ont pas variés au fur et à mesure du dépouillement. Etonnant, non ?
C/Les candidats de l’opposition ont tous perdu dans leur circonscription. Pas de prime au sortant là-bas. Karoubi, déjà candidat en 2005, avait fait 55% des voix dans sa région cette fois, à peine 5%
D’autre part pourquoi les attaques contre les bureaux de Moussavi le « Martyr » en puissance, l’après-midi du vote ? Pourquoi avoir installé une équipe toute neuve au ministère de l’intérieur la veille du scrutin, pour le dépouillement final ? Pourquoi virer 25 journalistes environs et quelques membres du personnel d’un quotidien.

Cette présomption de truquage méthodique permet aux dirigeants occidentaux d’être dubitatifs. Obama a exprimé ses doutes sur la légitimité de l'élection en déclarant que ce scrutin posait «question».(Sarkozy lui emboîte le pas, toujours en clopinant). Puis Obama a «condamné fermement les actions injustes» de l'Iran et estimé que les Etats-Unis étaient «choqués et scandalisés» par les menaces, les arrestations et les violences contre l'opposition. Quant aux accusations lancées par le régime iranien (1) sur le rôle d'instigateur des manifestations que joueraient les Etats-Unis, elles sont «de toute évidence fausses et absurdes», a-t-il dit. Puis, il a qualifié d'«insoutenable l'image d'une femme se vidant de son sang dans la rue». Il sait à qui il faut parler : le vrai responsable Khamenei, qu’il soupçonne d’avoir avalisé la fraude et non pas le président sans cravate. Grincement de dents

Révolution ?

Le pouvoir est entièrement concentré entre les mains des religieux islamistes et le scrutin populaire n’est bien souvent qu’un gage donné à l’opinion interne et internationale. La machination cette fois est trop grosse et les électeurs de l’opposition ont commencé à ruer dans les brancards à la grande surprise des autorités qui ne tardèrent pas à réprimer comme tout bon régime autoritaire, quitte à faire d’une victime « Une martyre » concept répandu dans le monde musulman. Et sur laquelle la presse occidentale, en remet une bonne couche, en fait un scoop en oubliant les autres cadavres restés sur le terrain. Une vidéo phare circule sur le net, utilisée largement par les médias.

Ce bordel, organisé, c’est le moment de l’écrire, (Les supporter du président viennent en cars affrétés par les autorités, les électeurs de Moussavi, à pied ou à cheval) devrait cesser. Le Conseil des gardiens de la Constitution a validé ces élections. Le guide suprême a tranché c’est Ahmadinejad qui sera président. Fin de la recrée. La messe est dite.

Il y a un mouvement sans égal depuis la chute du Shah, une grande partie de la population, toutes conditions confondues est dans la rue. Mr Moussavi, est soutenu par le rassemblement des opposants une population plurielle, où se mêlent à la fois de pieux musulmans, des intellectuels laïcs, des femmes, des étudiants, des minorités ethniques (kurdes, baloutches, azéris), les forces vives du pays: ingénieurs, étudiants, artistes, industriels ainsi qu'une grande partie des marchands, dont le pays à tant besoin pour son développement.
Son héros est pourtant un dur de dur, un révolutionnaire de la première heure et ami de longue date de Khomeyni qui le nomma premier ministre. C’est lui qui a fait fermer toutes les Universités de Téhéran pendant deux ans. Lui, qui avait mis en place la fameuse police des mœurs. Devant la porte du pouvoir on peut toujours faire semblant de changer, suivez mon regard......Peut-être est-ce pourquoi les manifestations diminuent d’ampleur, avec l’aide de coups de bâtons et des arrestations.

Jusqu’à présent, les élections - présidentielles, législatives, municipales… - permettaient aux différentes factions du régime de se mesurer et de se partager le pouvoir sous le regard du Guide, théoriquement neutre. Avec ce coup de force, un quasi-coup d’Etat, il a montré qu’il ne voulait plus de ces scrutins trop dangereux pour son régime. Cette fois, la faction la plus radicale n’a même pas cherché à donner une apparence de crédibilité à cette élection. Désormais elle règne sans partage sur tout l’Iran.

Pourtant le Guide suprême Ali Khamenei et Ahmadinejad ne peuvent pas se blairer, le premier est un religieux  doctrinaire, l’autre est un laïc plutôt anticlérical, un illuminé, on connaît le personnage. Mais derrière lui se profile un autre religieux, l’ayatollah Mohammed Mesbah-Yazdi, un faucon de chez faucons, tellement extrémiste que l’imam Khomeiny, la référence le trouvait extrémistes ! Ce fou de dieu veut remplacer le concept de république islamique par un gouvernement islamique pur et dur, où toute autorité émanerait de Dieu. Mais, le véritable adversaire de tout ce beau monde est l’ex-président Hachemi-Rafsandjani, un religieux conservateur très proche des milieux d’affaires qui prône un régime plus libéral.

L’Iran dans le monde

Outre le fait que ce pays est la bête noire d’Israël, il faut savoir que l'Iran a toujours été à l'avant garde politique du Moyen-Orient: révolution constitutionnelle en 1905, nationalisation du pétrole en 51, révolution islamique en 79, à chaque étape, l'Iran a montré la voie à d'autres pays et s'il se cherche aujourd'hui entre deux visions de l'avenir, cela aura des résonances régionales très fortes.

Bref ca chahute dur au sommet de l‘Etat théocratique. Sacrés chiites !


(1) Le ministre iranien de l'Intérieur Sadegh Massouli a affirmé  les "émeutiers" manifestant contre la réélection d’Ahmadinejad ont reçu des fonds de la CIA américaine et de l'opposition en exil.
"De nombreux émeutiers ont des liens avec les Etats-Unis, la CIA et les Moudjahidine du peuple ont reçu une aide financière de leur part »