29 janvier 2009
NICOLAS LE PETIT
Il faut le constater, nous ne sommes plus dans un régime entièrement démocratique. Avec Sarkosy nous avons hérité d’un régime présidentiel, malgré la crainte de ses opposants quelques 17 millions d’électeurs. Chez ceux qui l’ont voulut à la tête de l’Etat, il y a même quelques flottements. Cette présidence omniprésente commence à faire peur, en effet imaginons un successeur de Sarko mal intentionné, qu’aurions nous à la tête du pays ? Un le Pen déguisé en démocrate ?
Tout ce qui émane comme intention gouvernementale est le fait d’un seul homme.et sa politique foncièrement de droite est entourée d’un climat qui ne promet rien de bon au niveau de la sécurité et des libertés publiques. Ici et là nous parviennent des informations qui ne nous rassurent pas. Le préfet de la Manche, muté après les manifestations de Saint-Lô, le policier de Corse muté pour l'affaire Clavier, le pauvre bougre condamné pour une affiche portant "casse toi pauvre con », ce journaliste arrêté et fouillé à corps et deux rigolos soupçonnés d‘être des terroristes qui auraient voulu faire dérailler des trains.
Une mainmise sarkosiste sur l’Etat en matière d’information avec la nomination à la tête des médias publics télévisés et radiodiffusés par le chef de l’Etat est une démonstration d’un autoritarisme dangereux. Une presse libre est le dernier garant de la liberté, laquelle doucement et sans douleurs apparentes s’évanouit. Le parlement par exemple, malgré les dénégations des porte-serviettes de l’Elysée, n’est qu’une chambre d’enregistrement. Un exemple ? La suppression de la pub à la télé publique (Qui soit dit en passant malgré les promesses, exigera une augmentation de la taxe. Des menteurs) a été effective avant le vote de son texte de loi par nos représentants. Autre exemple cité par Mélenchon lors d’un débat sur « Risposte » : le nombre effarant de lois votées sans examen. Ce qui n’émeut pas ses vis–à-vis, Goasquen et Karoutchi-chou-chou (Qui s’effarouche d’une question posée par Moati sur ses préférences sexuelles. "Prout, prout ! ! Ma vie privée ne regarde que moi ...na na na !" Alors que ce monsieur sous l’œil bienveillant de Sarkozy est invité aux dîners officiels avec son fiancé. Avec Notre–Dame de Paris à gauche et Karoutchi-chou-chou à droite, l’équilibre entre le gouvernement et l’opposition est réalisée.
Revenons à nos moutons. Sans opposition réelle, ne parlons plus du P.S, le pouvoir n’a que la rue, que certains appellent la populace, en face de lui. A la veille d’un grand jour d’une grève (1) de belle ampleur, l’équipe de Sarko s’inquiète. Comme notre démocratie est biaisée, le seul adversaire des grévistes sera le Président, qui devra donc assumer l’échec de ses fanfaronnades et les conséquences de la crise économique qu’il ne peut maîtriser pas plus que ses autres collègues, malgré les hourras de ses laudateurs.
Pouvoir personnel que cette présidence qui fait et défait des ministres, tâche jusque-là réservée au Premier ministre, sans ménagement et sans pudeur, Rachida Dati notamment qui vient d’avaler son chapeau. Virée de son maroquin elle se voit rétrogradée à la seconde place derrière M.Barnier, de la liste des candidats à l’élection européenne.. « Je n’ai pas le choix dit-elle » Non lui réplique son patron : « Si tu veux rester mon amie[...] ou tu pars sans rien, ou tu pars pour devenir député européen » Elle s’inquiète alors de sa fille, « A Strasbourg et à Bruxelles, il y a des crèches...) Je sais, on ne va pas la plaindre, elle quittera donc la place Vendômes et ses boutiques de luxes, ce qui lui fera faire des économies. Après Rama voici Rachida au piquet, elles ne sont pas levées lorsque le maître est entré dans la classe. D’ailleurs Sarko est bien enquiquiné avec tous ces ministres d’apparat dont il ne peut plus sentir certains. A quand, soyez logiques messieurs de l’UMP, un cabinet directeur de l’exécutif.
Pour la première fois depuis longtemps, huit syndicats appellent à la grève, la France, secteur public et privé, demain en grève ne s’adressera qu’à lui, ce Nicolas–Le-Petit qui disait à ses godillots de son parti « Désormais quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit » prend aujourd’hui la mesure de l’événement. Plus démago que jamais il propose que l’UMP s’ouvre au monde ouvrier et crie partout qu’il veut réinventer le capitalisme. Souvenez-vous de ses emprunts à Jaurès, gageons que demain soir qu’il cite Maurice Thorez dans le texte.
Les grèves, la grève, les JT ne parlent en ouverture, que de ses inconvénients pour les usagers, ce qui dresse un peu plus les Français entre-eux. J’entends ici et là, même tout près, des phrases de ce genre : « Y commencent à nous les briser ces grévistes » et « Qui c’est qui qui va garder ma gosse si la crèche est fermée ? » Au mieux : « ils ont raison, mais....) Ce « mais » tant travaillé par le pouvoir en place et c’est petit-à-petit que le droit de grève disparaîtra, le meilleur moyen de déclencher une insurrection, que doucement que les libertés individuelles s’étoufferont dans l’approbation générale ou la révolte.
Demain je serai donc Allées des Platanes, avec les quelques manifestants, toujours les mêmes, pour la forme, car je n’ai pas trop d’espoir sur l’écoute de notre Seigneurie du monde salarié et les conséquences qu’il devrait en tirer, mais on ne sait jamais.
(1) En passant, pour ceux les trop jeunes, qui « tombent » sur mon blog, je veux rappeler le sens du mot et son étymologie. Les ouvriers sans travail se regroupaient le matin à la recherche d'un patron sur la Place de Grève aujourd’hui Place de l’hôtel de Ville.( grève : terrain plat composé de graviers ou de sable en bord de mer ou de cours d'eau) Il s'agissait d'une main-d'œuvre sous-qualifiée qui échappaient au monde du travail, donc des chômeurs0. D’où l'origine à contresens du mot "gréviste". C’est aussi la place où l’on mettait à mort les condamnés, François Ravaillac y furent écartelé. C’est là aussi où fonctionna pour la première fois la « Veuve »
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