15 septembre 2008
LA MULE DU PAPE
Je n’avais pas l’intention de revenir sur la société "Cureton et Cie" et son chef des ventes, mais quand même, que la France entière soit pendue à ses basques, il y a de quoi grogner et sauter sur mon clavier. (Pas Bernard-l'envahi !) Dans tous les médias le principal sujet fut le passage du souverain « poncif » comme l’a dit un jeune journaliste et qu’on a pu voir dans les zappings. Encore un qui a lu mon blog (lol)
J’ouvre le J.T de la 2 (C’est comme ça, et pis c’est tout) et je vois 250.000 pèlerins agenouillés devant un type qui visiblement n’est pas fait pour cela, (Tant mieux pour Sarko de voir 250.000 pékins en extase que 25.000 autres en pétard dans les rues.) et parmi eux une ribambelle de jeunes gens. Bon, c’est une crise d’acné spirituelle pourrait-on se dire, mais quand je vois plein de mômes, parfois très jeunes faire les mêmes singeries, il y a de quoi se poser des questions. Comment peut-on endoctriner des gamins à ce point. Certes, on va encore un peu au Caté, parce que maman le veut, on tombe sur un curé sympa qui aime les petits garçons, mais pas trop, le Bon Dieu, Adam et Eve, la résurrection du p’tit Jésus, ça va un moment, mais que ces enfants imitent leurs aînés à ce point, je me demande si ce n’est pas du mimétisme (pour faire pédant je voulais écrire psittacisme, vois Wikipédia) plutôt que de la croyance.
Nous avions tous vu des jeunes filles en pâmoison à l’apparition d’Elvis, des Beatles et aujourd’hui aux portes d’un hôtel de Tokyo, je n’ai jamais compris pourquoi. J’ai serré la main de Ray Charles, qui ne m’a pas reconnu d’ailleurs, mais je ne me suis pas évanoui pour autant et mon pote qui avait tous ses disques non plus. Et dans un autre registre bien plus grave, des masses éblouies par un dictateur. Même phénomène pour les Papes ? Le point commun entre toutes ces manifestations quelquefois hystériques n’est-il pas l’idolâtrie, cet arbre qui cache la forêt de la manipulation de foule ? Surtout lorsque la suite de la représentation théâtrale, nous emmène malgré nous à Lourdes, l’exemple parfait de cette mômerie. Là-bas on parle plus de la Vierge Marie et de Bernadette, que de son fils et encore moins de son père ce qui fait sursauter tous les Albertos de France et de Navarre.
Explication de la phrase, on parle moins du fils de la Vierge, pas celle de Bernadette et du père de Jésus, pas celui de l’illuminée du quartier, pas Josèphe non plus. Non l’autre, grrrrrr, pas l’amant caché dans l’armoire, mais du Bon Dieu. Saint Taxe prier pour nous !
Comment en est-on arrivé là ? Par des siècles d’accoutumance à cette religion dominante. Et comment arrêter cette manipulation mentale des masses ? Avant d’imposer des mesures drastiques, il faut et c’est un minimum respecté tout simplement la laïcité. Nous y voilà.
L’apparat réservé au pape est bien plus politique que protocolaire. Le discours de Sarko en est la preuve. Contrairement à celui, loufoque de Latran, il est ici question, en une phrase, d’un autre monde que celui renfermé sur lui-même ou autistique des croyants.
Mais lorsqu’il ressort sa « laïcité positive », idée reprise par son grandiose hôte, on retombe dans l’obscurantisme. A noter qu’il a parlé à Paris de ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas, pas comme à Latran ou à Ryad, cette fois-ci sans les prendre pour des moins que rien ou des arriérés. Il n’a pas pu faire autrement que de parler, enfin, du rationalisme, de la démocratie républicaine moderne et des « Lumières » Revers de la médaille, il n’a pu s’empêcher de citer dans un discours officiel, encore et encore, le nom de Dieu et des religions qui « peuvent élargir le cœur de l'homme», ce qui est déplacé pour un chef d’Etat. Malgré ses discours dégoulinant de spiritualité et de référence à un Dieu hypothétique, je me demande si Sarko est aussi catholique que cela, même lorsqu’il prend les bottes de Radzinger, je ressens comme une manœuvre politicienne
Ce Pape nous répète (Je dis nous parce que tout cela est largement diffusé à l’insu de notre plein gré) qu’il est temps de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences » Puis assène : «Une culture purement positiviste qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l'humanisme.» [en accord avec les lois existantes] il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s'est construite l'identité de la nation.» Et il enfonce le clou en nous racontant, alors que tous les historiens prouvent le contraire, que les racines de la France sont chrétiennes et en partant de cela « permettra à chacun des habitants de ce pays de mieux comprendre d'où il vient et où il va» (1). Enfin il menace en mettant en garde les « nations qui seraient tentées d'«accepter de voir disparaître ce qui fait leur identité propre».
Si ce n’est pas un discours combatif ce genre de propos ? Plutôt une proposition de laïcité soumise.
Aujourd’hui je fais de la sémantique : laïcité positive suppose qu’il y ait un laïcité négative, ce qui ne veut rien dire, la laïcité EST, comme la liberté. Et le premier qui nous parlerait de liberté négative, passerait pour un crétin ou un dictateur. C’est plutôt à la laïcité d’exiger des religions qu’elles deviennent positives. Qui a défini la liberté de croyance et d'incroyance ? Qui a accepté et promu le droit des femmes à disposer de leur corps, et de bénéficier de l ‘IVG ? si ce n’est cette laïcité, aucune religion, et celle-ci viendrait nous demander de se plier à ses exigences ? A contrario qui a soumis des continents entiers à ses lois, ses dogmes et ses fantasmes par la force en détruisant toutes les modes de vie des autochtones ?. Si ce n’est le monothéisme.
Ce que veulent ces réactionnaires du pouvoir c’est une autre laïcité qui correspondrait mieux à leur politique. Un peuple asservi à un Dieu, peut être asservi à un régime quel qu’il soit d’ailleurs. Cette conception rétrograde irrite un peu tout le monde sauf la droite qui fait du lèchebottage : Chantal Brunel, une des trois porte-parole de l’UMP, déclare : «Ce n'est pas une messe qui ébranlera notre République, mais plutôt certaines dérives inadmissibles que nous combattons, dont le voile islamique à l'école, l'ouverture des piscines réservées aux femmes, les menaces à l'encontre des gynécologues hommes, la polygamie etc.». Cette dame vient d’inventer la laïcité sélective. Et Patrick Devedjian de nous ressortir «La laïcité négative, ça a existé » « Le «visage controversé de la laïcité, c'est ce qui s'est passé en 1905, quand on a eu, par exemple, l'armée dans les couvents, les officiers qui allaient à la messe fichés, tout ça au nom de la laïcité». Et les bonnes sœurs et les bébés violés par les laïcards, les bouffeurs de curés ?
A gauche Julien Dray rappelle que les Eglises "ont admis avec difficulté de ne plus exercer un rôle politique, et donc à chaque étape elles essaient de voir si elles ne peuvent pas à nouveau influencer de manière directe ou indirecte la vie politique et retrouver le pouvoir qui était le leur auparavant.
Aux dernières nouvelles le Pape et est reparti à Rome.
(1) Je me dois citer Pierre Dac dans sa phrase autrement plus philosophe : “A l'éternelle triple question toujours demeurée sans réponse: «Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous?» je réponds: «En ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j'y retourne».”
Pierre Dac qui fit paraïtre une petite annonce rédigée comme tel :«
A vendre bombe à retardement. Très très urgent
»
16:22 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (34) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, pape, sarko, lourdes, laicite
03 juillet 2008
UN MARCHAND DU TEMPLE
Mes interventions sur ce blog sont souvent d’ordre de l’athéologie, cela pourrait lasser, c’est pourquoi je voudrais revenir à de l’anticléricalisme de papa et redevenir un instant un anticalotin, de cette mauvaise foi chère à « l’Assiette Au Beurre » et du « Canard Enchaîné »
Il se passe de drôle de choses au sanctuaire de Lourdes, ce qui ne m’étonne pas, car c’est là-bas où j’ai viré ma cuti. Bernadette et la mort de mon petit malade c’était trop.
Bon, y aurait-il un miracle falsifié ? Non un détournement de fonds. Et alors ? Ben, justement ce n’est pas un petit emprunt dans la quête du Dimanche par le curé de la paroisse, mais l’œuvre non pas du diable, mais la captation par le Recteur des sanctuaires de Lourdes de 427.000 € , découverte pas le Tracfin, un service qui surveille les mouvements importants d’argent qui pourraient déboucher sur les blanchiments.
Comment ce fric apparaît sur le compte perso du bon père ? Saint Mystère ?.Que nenni, le bonhomme a tout simplement tiré du pognon des dons du petit peuple qui vient prier Vierge et ce n’est pas une hypothèse. Surtout si l’on sait que le gros malin est accusé de la même malversation lorsqu’il avait les mêmes fonctions à Lisieux, la Ville de Ste Thérèse, une vieille connaissance.
A tel point que la hiérarchie tant religieuse que judiciaire et donc politique est alertée. Rachida a sur son bureau un rapport ou plutôt un bâton boueux. Car si jusque là on pourrait en rire, un curé voleur, violeur ou pédéraste cela devient commun, mais la veille de la venue de Radzinger 1er, cela la fout mal.
Alors on temporise et la machine catholique obtient des apaisements du gouvernement : en attendant son interpellation et sa garde à vue, on jouera la montre. Comme il est écrit dans ce rapport « que de toute façon la presse n’est pas au courant » on attendra de « voir venir »
Et voilà que non seulement les victimes sont ignorées, mais les citoyens également, car dans cette venue du Très Saint Père coûte un paquet de remboursement de médicaments.
Décidément dans cette église on trouve de tout comme aux Galeries Lafayettes.
Depuis la création économico-touristique de ce site jusqu’aux magouilles connues et inconnues, les marchés locaux de restauration et de boutiques de souvenirs tout ça pue le fric.
Cela me rappelle une anecdote ou à l’âge de douze ans, encore imbibé de toutes ces sornettes, nous trouvions un copain, un vrai illuminé, et moi proprement scandaleux que dans des boutiques se vendent des statuettes remplies de l’eau miraculeuse, certaines lumineuses (Eh oui, St Sulpice) pour la ‘maudite somme ‘ de quelques francs de l’époque. C’est pourquoi nous avions décidé de faire un raid sur ces marchands du temple en les haranguant ainsi : « Vous n’avez pas honte de vendre de l’eau certes sainte mais gratuite et faire un bénéfice ? »
La plupart du temps nous avions droit à des gentilles petites phrases pas très catholiques du genre ; « P’tits cons cassez-vous », ce que nous faisions à toutes jambes pour aller emmerder la boutique d’en face. C’était le bon temps.
Une époque merveilleuse où pour la première fois j’ai ressenti une attirance inconnue pour une « Enfant de Marie » vêtue dans la couleur mariale, bleu comme son short qui ne révélait pas encore ce qu’il cachait. Il me fallut plusieurs années pour tenter et réussir une telle exploration ardemment consentie.
Je m’égare.
Quand un tel fait divers sera hors de portée de la puissance ecclésiastique et du calendrier des manifestations comme celui de Lourdes ? La fin du protocole envers un pape tout chef de l’’Etat du Vatican soit-il ?
Si vous voulez rigoler un brin cliquer LOURDES
16:58 Publié dans PHILOSOPHIE RELIGIONS | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, catholique, lourdes, miracles, détournement




