31 mars 2008

GUIGNOL SANGLANT AUX ASSISES

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La presse : « Le tueur en série présumé, Michel Fourniret, 66 ans, et son épouse Monique Olivier, 59 ans, comparaissent devant la cour d'assises des Ardennes pour l'enlèvement, le viol et le meurtre de sept jeunes femmes et celui d’un représentant de commerce entre 1987 et 2003 dont on a retrouvé les restes sur ses indications".(1)
Présumé ? A partir du moment où ce fou furieux qui voudrait se prendre pour Charles Manson a avoué (C’est la foldingue qui craque la première) après une longue enquête la précaution oratoire n’est plus de mise. Devant la Cour je veux bien que l’on on fasse croire que tant que ce pauvre mec n’est pas condamné, (sa rombière avec lui) il est censé être innocent. Le procès doit durer jusqu'au mois de mai. Et c’est là que pour moi le bât blesse, car se posent plusieurs questions. Celle de la récidive qui peut-être abordée, de la peine de mort pour ses défenseurs pour qui ce cas est un symbole fort pour le réexamen de sa ré-application, mais c’est un autre sujet. Et également pourquoi un procès aussi long ? On signe ses aveux, (vérifiés, c’est un minimum) on est jugé et condamné à perpète. Autre aspect de ce genre d’affaire ? Qui me gène, il faut pour que les familles, si je comprends bien ce que j’entends ici et là, fassent leur deuil, que non seulement le coupable soit puni mais qu’il s’excuse. Avec ce genre de mecs pareils une attente d’excuse est vaine, où tout à fait de circonstances, pour parader. J’ai du mal à comprendre l’attitude des familles, il est nécessaire de faire la part entre le désir de justice des plaignants et un sentiment de vengeance, je n’y arrive pas toujours.

De plus, de voir la Cour manipulée dans un premier temps par cet individu, soulève la colère : « j’y vais, j’y vais pas », et je te remets au Président un billet noué avec une ficelle de sac poubelle dans lequel apparaît sa fêlure cérébrale.

Que d’égards non mérités et sans faire de populisme, je pense que c’est lui offrir un spectacle dont il est la vedette et qui le fait jouir une dernière fois. Dans ce genre d’affaire, un procès à huit clos comme il le réclame, n’est pas d’ailleurs à écarter. Oui je sais, débat public  et jury populaire... mais.

D’autre part, pour aller plus loin, on devine sans le comprendre ce qui pousse ce genre de mecs à agir : une tare initiale, une malformation, un complexe, tout ce qui est décrit dans les feuilletons américains ? Mais que viennent faire les avocats, ce métier qu’il faut placer très haut dans notre système judiciaire ? Par contre, j’aimerais que ces éminents personnages, des avocats aux juges, cessent de se déguiser soit en corbeaux à col blanc soit en évêques décadents.

Dans ce cas que peuvent-ils obtenir ? Il ne s’agit pas d’innocenter leur client, bien entendu, mais tenter d’adoucir la peine encourue.
« Monsieur le Président, messieurs les jurés, je demande la clémence pour mon client permettez lui de se racheter une dernière fois, je demande une peine de 50 ans ferme au lieu de la perpétuité réclamée par monsieur le Procureur »

Comme je le dis souvent, il y a toujours quelque chose d’aimable, cachée ou enfouie dans chaque individu, mais dans certain cas j’aimerais bien la trouver cette parcelle d’humanité. Chez ce pauvre type qui voudrait être un héros méphistophélique, mais assez con pour se faire prendre pour une connerie comme Dutroux son idole, je ne vois pas où.

Hier soir, comme ça, puisqu’on en parlait ma copine et moi, je me suis surpris à penser à ce type dans sa cellule, seul avec lui-même. Il s’endort peut être comme tout le monde, mais quel tourment lui taraude la tête. Il ne s’agit même pas celui d’un apôtre de la transcendance de la mort, mais un simple et pauvre malade sexuel inguérissable.
A moins que l’ange Gabriel vienne lui révéler la Bonne Nouvelle.


 (1) Lequel après une première condamnation pour des attouchements sexuels en 1966, avait été interpellé en 1984 et condamné en 1987 à sept ans de prison dont deux avec sursis (pourquoi ce sursis ?)

06 octobre 2006

OPERATION POLICIERE "PORTES OUVERTES"

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Peut-être cela tient-t-il du fait que je sois né de l’autre coté de la barrière, (c’est ainsi que mes anciens nommaient l’octroi, la frontière entre Paris et Montreuil) je n’aime pas les flics. En réalité je n’aime pas l’uniforme en général, (sic) cela va de la ridicule garde-robe de la hiérarchie catholique avec au summum un pape déguisé en vieille folle baroque, jusqu’au maintien et à la démarche irréelle et militaro-robotique d’Alliot-Marie défilant devant nos troupes. En passant par l’accoutrement des juges, le port ostentatoire des voiles et autres déguisements plus ou moins rigolos. C’est la marque d’une autorité que l’adolescent perpétuel que je suis n’accepte pas. Tout ce qui porte l’uniforme ne me paraît pas un signe de sagesse mais de répression. Car tout cela n’est pas gratuit, c’est le signe indéniable et distinctif de la puissance des uns sur les autres et pire encore de l’asservissements des autres par les uns. L’uniforme étoilé des juifs dans les camps d’exterminations en est un exemple et l’apparat des dignitaires nazis en est le pendant.

 Donc je n’aime pas les flics, CRS et autres pandores. Ce n’est certes pas une raison pour casser du flic mais il faut tout de même regarder les choses en face. Pour des raisons de société que chacun peut dépeindre, c’est l’ Autorité naturelle, qui n’est innée qui a disparu. Dans nos écoles les profs l’ont perdu considération, faite à la fois de respect des uns envers les autres. Les « hirondelles » qui parcouraient nos rues en vélos étaient respectées par toute la population, même par la pègre et les petits voleurs. En Angleterre les bobbys n’étaient pas armés !  Nos instits ne recevaient où très rarement, des encriers dans la tronche. Résultats, les profs dépriment et les flics tapent car il n’y plus de respect en face non plus.

 Les évènements qui défraient les chroniques en matière de sécurité me donnent l’occasion de faire et d’exprimer ici mon point, ce qui n’engage que moi et la polémique. Je vous renvoie à mes notes sur les morts de Clichy-sous-bois. Là où un ministre de l’intérieur déclarait déjà qu’il s’agissait d’une «tentative de cambriolage» et qui n’est jamais revenu là dessus ne serait-ce que par décence. Nous connaissons tous il ne faut pas s’en cacher, les bavures et l’arrogance des flics en quête de faciès plutôt halés et même carrément noir. Je me plais à raconter une anecdote, lors d’une sortie de métro Barbès où nous allions mon frère de «lait» Francis Kwa Moutomé, chez un marchand de disque africain, nous fumes arrêtés par une brigade de flics. « Tes papiers » s’adressent-ils à mon pote qui aussitôt obtempère. Et moi de la ramener : « et moi vous les voulez mes papiers » Et la nuit au poste t’en veux connard ? » Nous sommes ressortis le lendemain matin après une fameuse nuit au poste avec plainte « d’injures à la force public » que le commissaire a bien vite foutu au panier.

 Tout d’abord les « Tarterêts ».

Toute la presse a parlé d’un  «guet-apens tendu par une vingtaine de jeunes du quartier pour tabasser deux CRS en patrouille, selon la version des deux malheureuses victimes policières. Les syndicats de police avaient sauté sur l’occase : «traquenard pour casser du flic»  le préfet de l'Essonne et Sarkozy, (bah tiens !) aussi. Le coup des traces d’ADN sur les boites de pizzas qui devaient dénoncer les coupables, selon Sarkozorro, n’était que celles de braves bouffeurs de cette délicieuse recette de chez Mac Do, ce qui n’a pas ébranlé notre candidat à la magistrature suprême. En réalité il s’agit d’une attaque d’un trio de voyous » qui trouvent drôle de caillasser des flics, «une agression plus ou moins spontanée», selon le Procureur», qui a attiré des mecs qui jouaient au football sur un stade voisin.

 Puis « Les Mureaux », fief de l‘ancienne Aérospatiale, aujourd’hui EADS.

 Pas moins de cent policiers : des CRS, des agents de la Sécurité publique, des enquêteurs, des membres de la BAC (Brigade anticriminalité), de la PJ. Sans compter les médias, radios et télés alertés dès la veille au soir, la presse  sauf Libé. Un raid télévisé un soir de Ramadan, qui se solde par l’arrestation d’un seul pauvre type, malchanceux et par de la casse, non seulement des logements visités, mais aussi de la politique d’un ministre de l’intérieur dont la tête enflée ne peut plus supporter deux casquettes .

Ici et là, on ne fait pas sans la dentelle : coups de bélier dans les blindages de portes (il faut se protéger des vrais voleurs), forçages de serrures ; Ces messieurs ont fait un vrai ménage. Nous imaginons la scène car les témoignages abondent ( y compris par la presse) : En entendant les bruits de marteaux, une mère s'est avancée, elle à pris la porte d'entrée en pleine poire. : «On a eu droit à des insultes. Ils ont dit "bâtards".» Sa fille aînée ajoute : «De toute façon, ils ne nous aiment pas.»  Les policiers sont repartis «sans faire d'excuses», pas même pour la porte fracturée. Coût : «1 800 euros non pris en charge par l'assurance.» 

Pourquoi tout ce «Ramdam» ? Dimanche soir, une patrouille qui venait d'interpeller un suspect a été prise à partie par une vingtaine de jeunes, affirment plusieurs témoins, et non par une foule de «150 à 250» personnes, comme l'avaient d'abord affirmé les policiers. En réalité : une voiture qui percute un véhicule de police arrivée à contresens. Le conducteur est frappé à terre par des agents. Des échauffourées éclatent. «C'était un toxico, les keuf le connaissaient très bien et auraient pu attendre le lendemain pour l'interpeller. Ils ont commencé à le tabasser. Un jeune est venu leur demander de se calmer. Il s'est fait gazer. Après ça a dégénéré», raconte un témoin.

Du coup, le maire ne décolère pas, personne ne l'a prévenu, et un  commissaire de commenter : « Qui a organisé ce grand spectacle ? Il sourit. «J'ignore si c'est Sarkozy, et je m'en fous. Mais ça, c'est de la télé-réalité. Ce n'est pas digne d'une république laïque.» Mais quand son patron parle d'aller chercher les agresseurs des CRS aux Tarterêts «un à un» nous savons à qui il s’adresse, à l’électorat lepéniste et ses contours, ceux qui n’osaient encore pas en être. S'affirmant de plus en plus comme le candidat du peuple contre les élites, il ne fait plus mystère de vouloir gagner ses voix.

La Direction générale de la police nationale (DGPN) a ordonné une enquête vite-fait-bien-fait et pliée en quelques heures : juste «une erreur» d'appartement, avec ses excuses à la famille  Sarkozy a fait  répondre ce qui est inhabituel «Le ministère de l'Intérieur n'est en rien à l'origine de la présence sur les lieux d'une presse nombreuse.»  Place Beauvau,  ce sont les syndicats de policiers eux aussi en période électorale en novembre dont certain roulent d’ailleurs pour leur véritable patron.

Depuis les quartiers en feu de l’automne dernier, rien n’a été fait pour remédier à la situation, malgré tous les débats et les annonces politiciennes préélectorales de l’équipe en place. Du Kärcher d’Argenteuil au show des Mureaux, il n’y a eu qu’un pas, franchit hier qui porte l’incendie. Notre candidat-ministre depuis quelques jours sent le vent du boulet passer près de son bonnet. La justice le ridiculise, les flics également, le taux des délits augmente et il s’hystérise. Il  s’époumone, Chirac le rabroue tandis que Villepin le tance. Il vaudrait un rapprochement avec les USA ?  Pour renforcer cette amitié, il se dit prêt à "tourner la page sur les conditions dans lesquelles Américains et Britanniques sont intervenus en 2003"  en Irak. Au moment même ou le monde se pose enfin la question de comprendre comment l’administration Bush a pu nous prendre à tel point pour des cons. TU ârles d’une page !

 Que ce soit sur le problème de la délinquance, le service civil obligatoire, la carte scolaire, Cachan ou de la politique extérieure donc,  il n’enregistre que des fiascos. Ce type est dangereux, car devant l’adversité, il perd son sang-froid. Un débat avec un ou une adversaire de taille pourrait bien le désarçonner et le laisser apparaître pour ce qu’il est vraiment, un élément fragile, ce qui est dangereux, de droite et de la vraie. Un mec qui porte un uniforme dans sa tête.