24 novembre 2006

ANOUK ET SEGOLENE SONT DANS UN BATEAU

medium_P10405272.jpg

 

ANOUK

L’une de mes petites filles, (plus belles les unes que les autres, ben voyons) une sang mêlé, de la Porte de Montreuil et des Djurjura par son autre grand-père, interpelle ainsi sa mère :

Il existe le père Noël ? Le grand sujet de conversation dans les classes de CP.

Ma fille élevée dans la tradition paternelle, qui est de ne croire en rien avant d’avoir été vérifié, mais qui dans le domaine des contes pour enfants laisse faire les choses, lui répond : Et toi tu y crois ? Je PREFERE y croire, répond l’espiègle gamine. 

Cette réponse résume des milliers d’années de judéo-christianisme, ce conte lui aussi pour enfants et adultes qui veulent vraisemblablement le rester. Préférer croire en un Dieu hypothétique et donc protecteur, plutôt que le néant effrayant qui nous attend. Le reste n’est qu’habillage. On y trouve romans, épopées, anecdotes et livres de morales. Et c’est de cet habillage que s’enracinent la foi et ses religions. S’il y avait une histoire canonique du père Noël, l’amalgame d’histoires pour enfants sur le thème du froid des rennes et des sapins, il ne manquerait pas d’Alberto et confrères pour argumenter sur son existence, en citant paragraphes, versets et pages de cette histoire.

 SEGOLENE

La même petite fille assure qu’elle voterait pour Ségolène parce que elle n’aime pas Sarkozy. Comme je ne voudrais pas être à la traîne de tous les blogs qui ne parlent que d’elle. Allons-y.

 Premièrement cette désignation a un avantage qui est de celui d’évincer Fabius qui ne m’a jamais plu et DSk qui est au socialisme ce que le skaï est au cuir. Tout comme Mitterrand d’ailleurs, rien à voir avec les Jaurès et les Blums.

Ensuite d’amener un peu de neuf dans l’horizon politique français, on en a un peu marre de voir toujours les mêmes Juppé, Jospin, Chirac, et autres Raffarins, pour ne pas parler de Le Pen, l’éternel postulant impossible. Même dans le cas de figure du 21 Avril, il n’avait aucune chance puisqu’il a fallut que je vote pour Chirac. Une misère.

 Des élections, depuis ma majorité, j’en ai vu des tas. Il a fallut attendre 1981 pour pouvoir espérer quelque chose de neuf. Je ne parlerai pas de mai 68, ceci étant une autre histoire. Et alors ? Pendant un an nous avons cru à un véritable changement et puis très rapidement nous sommes retombés dans le pot au noir.

Si notre Ségolène parvient à s’asseoir dans le fauteuil que vise Sarko et que visaient les autres candidats socialistes, il ne faut pas se leurrer. Si elle tient ses promesses il peut y avoir quelques changements dans la distribution des richesses, plus d’égalité entre les riches et les pauvres qu’ils viennent d’ici où d’ailleurs, mais s’attendre au Grand Chambardement, que les candidats de gauche nous proposent, est un leurre.

 Taxer la candidate socialiste de dérive droitière, comme le fait l’extrême gauche, est à la fois faux et défoncer une porte ouverte. Explications :  Nous sommes prisonniers d’un système économique devenu fou comme le prévoyait Marx et confrères. Ce cancer aujourd’hui en est arrivé au stade ultime, la mondialisation du système économique que les prétentieux appellent libéralisme. Comment voulez-vous, en partant de la France qui a perdu de son influence en matière d’innovation dans le domaine social, que naisse une force véritablement socialiste c'est-à-dire en rupture totale avec cet état de fait ? Krivine (qui a pourtant raison sur toute la ligne) au pouvoir ?

Nous n’avons d’autre issue que de gérer cette situation. Pour la droite c’est facile : démerdez-vous pour vous en sortir et au mieux pour vous enrichir. Pour la gauche c’est plus d’égalité, ensemble nous allons essayé de nous en sortir, de s’entraider à devenir un peu moins pauvre pour la majorité et un peu moins riches pour les quelques autres.

 Outre, les propres qualités et les défauts que l’on peut lui attribuer, à cette battante, on ne peut que constater son habilité ou du moins de celle de son équipe et de sa stratégie. Mettre les éléphants à genoux relève du monde du cirque dans lequel baignent les politiciens en tous genres, relève du grand art. A ce sujet, je me demande quel est l’avenir politique de ses deux ex-adversaires qui n’ont pas ménagé les sarcasmes et aujourd’hui rament pour exister. Le seul point noir est son attitude face un Sarko l’agité du bulbe rachidien et tueur d’adversaires. Mais ces duels médiatisés, si Ségolène était roulée dans la farine, (ce qui n’est pas sur après tout) la ferait peut-être apparaître aux yeux de la population, encore plus sympathique.

 L’objectif aujourd’hui est non seulement de battre la droite, mais de battre ce vibrion car cet homme est dangereux, cela se voit sur sa figure. En avant donc Ségolène, toute son équipe et son futur gouvernement pour apporter non pas la révolution, mais un peu plus d’égalité et de bons sens dans notre pays.

La vertu de la France de créer une situation révolutionnaire, qui dans le passé s’est étendue dans le monde entier, est entre les mains de Besancenot. Lorsqu’il aura de la barbe.