19 octobre 2008
MARX A L'UMP
"Le capitaliste n'a aucune valeur historique, aucun droit historique à la vie, aucune raison d'être social, qu'autant qu'il fonctionne comme capital personnifié. Ce n'est qu'à ce titre que la nécessité transitoire de sa propre existence est impliquée dans la nécessité transitoire du mode de production capitaliste. Le but déterminant de son activité n'est donc ni la valeur d'usage, ni la jouissance, mais bien la valeur d'échange et son accroissement continu. Agent fanatique de l'accumulation, il force les hommes, sans merci ni trêve, à produire pour produire, et les pousse ainsi instinctivement à développer les puissances productrices et les conditions matérielles qui seules peuvent former la base d'une société nouvelle et supérieure.
Le capitaliste n'est respectable qu'autant qu'il est le capital fait homme. Dans ce rôle il est, lui aussi, comme le thésauriseur, dominé par sa passion aveugle pour la richesse abstraite, la valeur. Mais ce qui chez l'un paraît être une manie individuelle est chez l'autre l'effet du mécanisme social dont il n'est qu'un rouage".
K.Marx
Notre barbu avait mis sur le papier ce qui devait arriver. L’accumulation de capitaux et l’accumulation des conneries faites pour la pérenniser.
Aujourd’hui le seul système économique qui existe est le capitalisme. Une autre expérience a été tenté et pour de multiples raisons elle a échoué, seule la Chine et quelques pays satellites se targuent de la poursuivre. Un seul pays, la Russie grâce à l’appropriation collective de l’industrie et des terres a pu sortir une société de l’ornière. Dès la chute du communisme elle se prosterne devant le système adverse et je dis bien adverse, le capitalisme.
Ce mot, plus personne ne voulait prononcer tant il était incongru, capitalisme cela faisait vieux jeu genre « Les Maitres des Forges» les « Cent familles", les romans de Balzac et Zola. Les tenants du système eux mêmes, inventèrent d’autres mots comme libéralisme, néo ou ultra-libéralisme.
Pour eux c'est comme si le capitalisme était une loi naturelle et gare a ceux qui viennent nous mettre des bâtons dans les trous du carrosses ,on a fait des guerres pour çà, en commençant par celle de 1914 et les autres. Personne n’était capitaliste et ceux qui combattaient cette idéologie étaient des rêveurs, des fumistes ou des utopistes, sinon des terroristes ou des traîtres à la république, qu’il fallait éliminer du jeu. Anticapitaliste=antirépublicain, entraînés par leur suffisance les gros bonnets agitaient le spectre de l’anarchie. Manque de pot l’anarchie partage avec les libéraux l’idée que l’Etat est l’ennemi. Les nationalisations ? La ruine, l’Etat providence ? Un gros mot.
Comme prévu non seulement depuis quelques années, par Marx dès la fin du 19ème siècle, ce système éclate, forcément, une fois sous la forme d’un krach historique en 1929, puis par d’autres et aujourd’hui comme un gratte-ciel qui s’écroule sous la forme d’une crise financière qui n’en finit pas de se terminer comme dirait l’autre. Et que voit-on ? Tous ses acteurs, les dirigeants de nos sociétés qui engrangent des milliards et qui cotent au CAC 40, nos dirigeants politiques tous thuriféraires et adeptes de ce système qui sortent des milliards de dollars et d’euro, se mettent à renier ouvertement leurs convictions en matière économique et donc financier. Ridicules. Là encore on nous endort avec des mots à la noix, comme économie réelle ou croissance molle, et l’on nous prends pour des imbéciles. Car il faudra bien un jour payer les pots cassés, et comme la politique sarkosienne est une application pure et dure, ce seront les plus démunis qui vont raquer, les plus riches seront protégés par le bouclier fiscal, tandis que la classe moyenne se paupérisera un peu plus.
Si ce n’était pas sérieux on pourrait rire de cette pantalonnade. Et je nationalise à tour de bras, te sort des chiffres indécents eut égard au tiers et quart-monde, sans honte de s’être trompé et d’avoir trompé. De voir à télé Sarko dire qu’il veut moraliser et encadrer le capitalisme, en sortant du Fouquet’s (ou presque) cela me fait rire. Dans quelques temps on va nous ressortir Karl de l’armoire et prononcer sous les ovations son nom aux tribunes de l’UMP avec Ernst et Engels en toile de fond.
Les tenants du système actuel vont bien faire tout ce qu’ils peuvent pour parvenir à un nouvel équilibre, en tentant soit de « restaurer la confiance », soit en prenant de sévères dispositions. Renationaliser ? C’est en train de se faire. S’attaquer aux parachutes dorés ? De la fumée aux yeux. Le problème est qu’ils n’y arriveront pas. Ils sont donc impuissants. les altermondialistes et bien d'autres ont donc compris qu'il fallait réfléchir à mettre au point autre chose.
Comme toujours, je pense qu’il serait bon pour comprendre ce qui se passe de faire un petit retour sur l’histoire de ce que l’on entend par capital et capitalisme.
19:45 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, bourse, finance, crédits, banques, faillitte
30 janvier 2008
LE MECANO DE LA GENERALE
Je voudrais en terminer avec cette affaire de trader, car cela devient de plus en plus glauque, mais il me faut tout de même y revenir.
Je croyais avoir été clair, mais je ne reçois guère de commentaire, sauf celui de John qui nous dit qu’il n’a pas très bien compris mon explication. Pourtant les dernières nouvelles corroborent malgré tout ce que je tentais d’expliquer et les explications de nos experts en la matière sur tous les médias y compris chez Calvi et Taddei éclairent le sujet
Vous comprendrez pourquoi je m’intéresse à ce coup là, premièrement parce que cela me rappelle mon ancien métier et deuxièmement parce que cela rentre dans la dénonciation économique ou financier.
En quelques mots, selon moi, la situation.
J.K
Ce type n’est pas Arsène Lupin, car au bout de ses opérations il escomptait comme tout bon employé une prime conséquente eu regard de ses résultats. Prime « normale » dans ce genre de métier pour cela il a reconnu avoir déclaré 55 millions d’euros fin 2007 pour négocier son bonus.
Comme je le disais il n‘y a pas fraude, les juges d’instructions qui se sont certainement entourés d’experts, n’ont pas reconnus d’escroquerie et l’on laissé partir libre sous contrôle judiciaire. Et Sarko qui voudrait dépénaliser le droit des affaires ! Inculpé tout juste, d’abus de confiance,d’ infraction sur les données informatiques et de faux et usages de faux, ce qui est plutôt de la compétence du conseil de discipline. (1) Monsieur K. déclare "Je reconnais avoir pris de grosses positions, qui pourraient être qualifiées hors limite de mon mandat, que j’ai masquées par une opération fictive (...)", a-t-il reconnu [...] "Je ne peux croire que ma hiérarchie n’avait pas conscience des montants que j’engageais, il est impossible de générer de tels profits avec de petites positions" [... ] "Tant que nous gagnons et que cela ne se voit pas trop, que ça arrange, on ne dit rien ».
Il a agi seul, je vois mal des complices dans cette affaire, connaissant l’ambiance qui règne dans ces salles de marchés, je pense qu’un de ses collègues aurait bien vite prévenu sa direction, par intégrité ou par délation. Ce type n’a pas pris un jour de congé pendant tout ce temps. Bien entendu, le dos tourné, il ne peut plus magouiller et c’est la cata.
La banque.
Que sa hiérarchie connaisse l’ampleur du problème, à la rigueur je veux bien. (Et ses six coaches qui ont été virés qui en parle aujourd’hui ?) Affolée, elle aurait couvert leur employé en espérant que le vent tourne comme souvent sur les marchés boursiers. Manque de pot (?) un contrôle découvre le truc. Paniquade générale , il faut prévenir la directeur du département qui devant l’ampleur du risque alerte la direction générale qui ne peut qu’avertir les autorités de tutelle qui, mortes de trouilles avisent enfin le gouvernement.
La banque en cas de gains enregistrés par son employé, comme auparavant, l’aurait féliciter (voir prime) ou en cas de pertes acceptables aurait fermé les yeux ou à la limite viré le gus comme cela se fait dans toutes les banques.
Bouton
Que le PDG saute, comme l’exige Sarko, ce qui fait la « Une » des journaux, on s’en fout. Ce que l’on devrait lui demander, c’est de colmater la brèche et qu’il se démerde. De toute façon, il touchera pour son départ une belle prime. Pa contre son offre de se passer de son salaire pendant six mois une galéjade.
Déontologie
En ce qui concerne ce qui a poussé ce Keyriel à agir de la sorte, il faudrait tout de même s’y pencher un peu. La tension dans ce genre de métier est énorme et peu à peu le côté casino ou play-station s’installe en même temps que l’appât du gain.(2)
Le système
Le système bancaire français est solidaire, les simples déposants ne craignent rien. Tout de même ! A l’échelle des flux financiers qui circulent dans le monde, 4 milliards d’euros et des poussières ce n’est pratiquement rien. Mais à l’échelle de la guichetière, c’est effrayant et sa prime de bilan ou d’intéressement est foutue. D’ailleurs un CCE doit se réunir cet après-midi car le sort des employés de la SG est en jeu. En effet leur société est dorénavent achetable et la BNP qui vient d’afficher des bénéfices nets records est sur les rangs. Ce qui veut dire fusion et licenciements collectifs. A noter que dans cet imbroglio, il y a des gagnants, certainement les banques allemandes.
De plus vient se greffer une autre affaire celle d’un actionnaire américain qui a vendu (Sur quel marché ?) des titres SG, pour plusieurs dizaines de millions d'euros le 9 janvier, a cédé de nouveau pour plus de 40,5 millions d'euros le 18. A sa place j’aurai vendu à découvert et racheté dès le dénouement de la position. Un joli paquet.
Dans un monde capitaliste qui par essence doit devenir fou, la spéculation, avatar du système ne peut que perdurer et les hommes politiques n’y peuvent pas grand-chose. Leurs pouvoirs en la matière sont nuls, surtout lorsqu’il s’agit d’affaires privées. Oh ! bien sûr, on va créer des commissions et adopter des nouvelles règles, mais le principe de « l’argent roi » ne sera pas altéré.
Tout en parlant de contrôle et de transparence, tout ce beau monde pue l’hypocrisie.
Les détails de cette affaire selon le P.V chez mediapart
http://www.mediapart.fr/presse-en-debat/pouvoir-et-indepe...
(1) C'est toujours le juge Van Rumbeke qui instruit les affaires merdiques (Clearstream, Frégates, Urba...). Un pro.
(2) Selon le Parisien, un trader de la Société Générale aurait mis fin à ses jours à l'été 2007, après avoir été interrogé par des collègues pour des engagements financiers pris à l'insu de sa hiérarchie. C’est tout à fait plausible.
15:10 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : société générale, éconmie, finance, politique, société
26 janvier 2008
SON DU CLAIRON, SON DU CANON

J’ai débuté vraiment ma carrière professionnelle au service « Titres » puis « Bourse » de la banque qui m’employait. Je pris même plus tard la succession d’un vieux briscard chargé du marché à terme. Pas encore syndicaliste j’étais bien vu de la direction qui alla jusqu’à m’offrir une prime exceptionnelle pour avoir proposé une nouvelle gestion des positions de nos clients.
C’est pourquoi cette affaire de fraude me laisse plus que perplexe.
Je voudrais d’abord dire qu’un scandale ne devrait pas en cacher un autre. Il s’agit d’un trou de 5 milliards au moins sur un marché très particulier, celui options, contrats à terme - sur les indices boursiers européens, c’est à dire paris sur l’évolution des marchés.
La moindre des choses serait de taxer lourdement tous les marchés spéculatifs mondiaux, y compris, celui des matières premières. Un véritable manne eut égard aux volumes des échanges de monnaies virtuelle. On parle de transactions, portant sur des milliards de dollars par an. Et la fameuse Taxe Robin » ?
Les faits
Il s’agit d’une prise de positions à l’achat d’un spécialiste qui a certainement fait une connerie, à la limite d’une faute professionnelle, il s’est trouvé piégé. Pour se «refaire »
il aurait passé des ordres de plus en plus gros, jusqu'aux 48 milliards d'euros responsables des 4,9 milliards de pertes pour la Générale.
Il a pris des positions contraires, fictives en omettant au moins une fois de simuler une garantie. Les règles du métier exigent que tout achat ou vente à découvert soit couverts par une garantie, portefeuille espèces ou or etc. (On attend les explications du casseur du siècle).
Ce qu’un expert confirme "Il a acheté quand le marché baissait et vendu quand ça montait. Tout à l'envers. Les pertes se sont accumulées. Me voilà donc collègue avec cet expert. Chouette !
La banque s’est aperçu de cette situation à la suite d’un « contrôle de routine » obéissant à la règle dans ce genre de cas , ne pas essayer « de se refaire » comme a tenté de faire le type, mais de dénouer les opérations pour éviter une plus grande perte. Ce qui fut fait en trois bourses, or, les marchés étant en baisse, cette liquidation s’est soldée par une perte. La direction a même peut-être tardé à prendre une décision délicate, il est vrai, et sa décision a accéléré la chute des places financières européennes. Elle est dans le caca. Son PDG a remis sa démission au C.A qui a été refusée et promis de faire don de son salaire pendant six mois. Ben voyons ! Et c’est ensuite qu’elle a prévenu le gouvernement. J’en connais un qui doit bouillir. Et faire une petite prière à Shiva .
Le fautif selon la banque serait un seul opérateur, qui a déjoué tous les systèmes de sécurité (sauf le dernier pourtant élémentaire). Dire que tous ces moyens n’ont pu déceler la position de ce super malin de trader, il y a un pas que je me garderai bien de franchir. D’ailleurs cinq responsables, dont le patron des activités actions, sont limogés curieux non ?
C’est bien plus opaque que cela cette affaire. En effet car ce genre d’opération à part l’affolement est plutôt courant. « Ce type de scandale est monnaie courante », assure Nick Leeson, le trader britannique ayant causé la chute de sa banque dans les années 90. "Je pense même que cela arrive tous les jours. Ils se font attraper rapidement et ils sont virés. Les banques n'en font pas la pub et tout le monde se remet au travail".
Cette fois-ci, la banque en dénouant est tombé en pleine dépression boursière. Elle n’a pas eu de chance selon son PDG. Dans le cas contraire, elle aurait enregistré une belle plus value et le fautif félicité par sa direction.
D’autre part la SG qui a perdu 42% de sa valeur, s’est embourbé dans l’affaire des subprimes qui se solde par une perte sèche de 2 milliards €, et alourdie des pertes sur des produits hypothécaires sophistiqués. « Elle a pu charger la barque sur le thème de la fraude pour faire passer plusieurs mauvaises opérations de marché", suggère de son côté Elie Cohen, interrogé su ce « scandale » Scandale auquel la plupart des citoyens n’entrave que dalle. Sauf vous maintenant. Merci Teddy !
Enfin, la direction de cette banque sait bien, que ce qui est présenté comme une fraude, met en réalité à nu un système de contrôle des risques dangereusement défaillant. A moins que cet employé bien mystérieux ne serve de bouc émissaire, consentant ou non.
Allez on augmente la capital,(1). Et hop le tour est joué.
C’est pas beau tout çà ? Et nous « qu’on défile » pour nos retraites !
Le « fraudeur n’est pas Robin des Bois et c’est dommage, parce qu’ici ce sont les actionnaires qui en subissent les conséquences, je ne parle que des petits, mais les salariés, qui verront cette année leurs primes de bilan amputées. (Les résultats 2007 sont encore bénéficiaires) et une belle occasion pour la direction d’annoncer un plan de réduction de personnel, surtout en cas de rachat.
(1) Encore faut-il en connaître les modalités et les actionnaires nouveaux ou pas. Une OPA des fonds d’investissements américains ?
11:44 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : société générale, éconmie, finance, politique, société






