11 septembre 2006

LA SNCF ACCUSEE

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Wagon commémoratif à Drancy

Deux cents lettres venant du monde entier qui émanent de 200 familles d'anciens déportés réclamant réparation à la SNCF pour son rôle dans la déportation des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, vont être adressées à Anne-Marie Idrac, Sa nouvelle présidente. (1) Le montant global de la réparation pour l'ensemble des requérants serait de l'ordre de plusieurs millions d'euros et plus pour les personnes qui sont mortes dans les camps. Si la SNCF ne répond pas, les familles vont saisir un ou plusieurs tribunaux administratifs pour faire valoir leurs droits, a ajouté l'avocat.
Libé

Les sommes sont avancées par les avocats qui se basent sur les sommes (62.000 euros) réclamées par le tribunal de Toulouse, à l’Etat français et les chemins de fer, et destinées aux plaignants à la suite d’un procès intenté par des membres de la famille du député européen vert Alain Lipietz, (2) transférés en mai 1944 vers le camp de Drancy Condamnation. Mais comme nous avons affaire à des gens de cœur, je suis sûr que la plupart d’entre-eux se feront un point d’honneur de reverser ces sommes, après la ponction de leurs avocats, a des œuvres caritatives, par exemple le « Bal des petits Libans » cher à notre regretté Lino Ventura. Le pire dans cette affaire est que si la SNCF était condamnée, les indemnités qui devront être « provisionnées » c’est -à- dire par ricochet ponctionnées sur la masse salariale via les bénéfices. Ce n’est pas l’Etat qui paierait, mais le fils de cheminot de 1940. !

L’un des arguments employés par la défense consiste à affirmer, entre-autre, "que la SNCF facturait ces prestations au tarif de 3e classe, alors que les personnes étaient transportées en wagons à bestiaux. »[…].« Le tribunal a établi que la SNCF n'était pas contrainte à procurer de tels wagons, qu’elle les avait utilisé dans une logique économique et continué à réclamer le paiement de telles factures après la Libération» affirme Me Avi Bitton qui assiste les requérants.

La SNCF dont Arno Klarsfeld (voir sa position (3)) est un des avocats, décide de faire appel.« L'Etat a fait ce qu'il fallait, estime Serge Klarsfeld, son père, "une autorité en, la matière. Le dispositif matériel de réparation judiciaire et financière mis en place dans notre pays n'existe nulle part ailleurs.» Ce que le député européen juge «incompréhensible». «La SNCF ne reconnaît pas la continuité entre la SNCF d'aujourd'hui et la SNCF de l'époque», dit-il. A noter que la SNCF n’existait pas alors. (NDLR) lol.

Charlie-Hebdo, encore lui, a eu la riche idée d’interroger deux spécialistes, dont Annette Wieviorka, une intellectuelle juive qui s’interroge sur le fait que :

 

1/ Ces réparations ont été attribuées à des descendants de victimes de ce préjudice moral.

2/ Que les plaignants se prévalant de justice morale, ne réclame pas l’euro symbolique.

3/ Que si les faits étaient reconnus comme complicité de ces crimes de guerre, aucune plainte dans ce sens n’a été reçue.
4/ Le responsable est le IIIème reich et que s’il y a complicité c’est celle de l’Etat français.

5/ L’idée propagée par certains selon laquelle “la SNCF s’est engraissée sur le dos des déportés est à la fois fausses et injurieuse.


Heureusement que ces interrogations ne viennent pas d’un goy comme moi. Elles seraient jugées antisémites tout de go. Ce qui ne m’empêche pas de mettre mon grain de sel. Ce que je retiens de cet article c’est tout bonnement qu’il ne s’agit que d’une affaire de gros sous. Que ce combat soit mené sous le strict aspect moral est déjà discutable, sous cet angle un peu dégueulasse. En effet comment chiffrer le préjudice moral dans ce cas ? Peut-on hériter d’un tel traumatisme et surtout quand s’arrêtait-il ? Quand cette transmission ne sera-t-elle plus légitime ?

Ensuite que les arguments juridiques employés sont présentés par des sodomisateur de mouches. Exemple : ressortir le fait que les “Chemins de fer français” était une société commerciale et donc attaquable outre l’Etat. Pourquoi pas la RATP dont les bus furent eux aussi réquisitionnés par les autorités sur ordre des Allemands, (Vélodrome  d’Hiver) Parce qu’elle n’était pas une société anonyme ? Pourquoi ne pas s’attaquer aux hommes, ceux qui vivent encore, il y en a, sinon leurs descendants, qui ont donné des ordres et fait exécuter les décisions des nazis ? Lancer l’opprobre sur la SNCF en la dénonçant, dans son ensemble, comme complice du génocide est aussi absurde qu’affirmer qu’elle fut, dans ce même ensemble la force principale de la résistance, et pourtant.

Sur le fonds affirmer que cela œuvre pour la mémoire est un peu gros. Le génocide des juifs européens et des milliers d’autres victimes est institutionnalisé. On ne compte plus les cérémonies commémoratives, les monuments, les stèles et les conférences, les romans, les témoignages, les films, les émissions hertziennes,  les sites Internet et les blogs, les journées du souvenir et autres manifestations ponctuelles ou non. Il faudra bien un jour et ce, pour la génération à venir, non taire cette horrible tragédie unique certainement dans l’Histoire, refermer les pages, une à une et l’inscrire ainsi dans les livres d’Histoire à sa juste place. Non pas à coté d’Hiroshima mais sur le même rayon, pour que jamais ne soit oubliés les souffrances de ces suppliciés et de ceux qui ont pu en réchapper.

(1) Déjà il y a quelques années, des familles juives new-yorkaises avaient demandé plusieurs millions de dollars mais avaient été déboutées. En juin 2004, la cour d'appel de Paris avait confirmé la prescription des poursuites engagées par Kurt chaechter, 83 ans, contre la SNCF pour avoir transporté ses parents dans les camps de la mort nazis. D'ailleurs, il est à noter que ces demandes d'indemnités divisent la communauté juive.

(2) Le même qui a déclaré il y a quelque temps, que les assassins du Préfet Erignac devaient êtres pardonnés !  Et qui se défend un peu maladroitement sur son blog  Lipietz
(3) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-779013,0.html