02 septembre 2008

ELVIS N'EST PAS MORT

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Avant d’être envoûté par la voix et le rythme de Little Richard, j’étais comme tous les mômes de mon quartier, fana d’Elvis et le mot est trop faible.

Les Juke-Box et les manèges de la Foire du Trône, pulsaient de l’Elvis à fond. Lorsque fut annoncé la sortie du film « Jailhouse Rock », le « Rock du Bagne » au Paramount , un grand cinéma du boulevard des Italiens (1) près de la Madeleine, une file s’étendait jusqu’à l’Olympia. Pour ceux qui ne connaissent pas bien le quartier cela fait une longue queue d’ados. Puis quand nous pûmes entrer, il fallut attendre un « p’tit peu », d’où énervement de cette bande de blousons noirs, venant des quartiers, comme on ne disait pas encore.
A cette époque la première partie de la séance comportait outre les actualités, un court métrage souvent très chiant encore plus pour des fans de R&Roll. Les hurlements et les huées s’entendaient jusque sur le Boulevard. Je ne raconte pas l’entracte et le sort réservé aux marchandes d’esquimaux.

Puis, enfin la seconde partie. Un baroufle de tous les diables, des sifflements, des cris .
Après le générique, dès la parution sur l’écran du King (cette appellation vint bien plus tard) ce fut un délire, tout le monde debout, gesticulant, sifflant, aboyant, hurlant. Des filles, moins nombreuses d’ailleurs, pleuraient et s’arrachaient les cheveux. Ce tohu-bohu déboucha très vite sur des bagarres dans les allées et travées, ce  qui provoqua la fureur du directeur qui stoppa la diffusion du film et ralluma la salle. Cet homme était un inconscient ou un provocateur, craignant pour les murs même de son ‘cinoch’, il eut la bonne idée de faire appel à la police.
Mon dieu !
Bagarre générale à laquelle je me devais de participer, au grand dam de ma petite copine Nicole, qui elle, était subjuguée (et amoureuse Grrrr) par Paul Anka. Freddo mon copain hérita d’un œil au beurre noir qu’il arbora par la suite comme un trophée de guerre et pour pouvoir dire « J’ y étais »

Les plus adultes et quelques parents exigèrent la reprise du film dans son entier, ce qu’accepta la direction du cinéma à deux conditions : la première : éclairage de la salle et la seconde, présence policière , les flics occupèrent après renforts une place sur quatre. Bon ça redémarre et c’est reparti, un ton en dessous quand même et j’ai vu de mes yeux vu, de jeunes flics taper dans leurs mains.

Pelvis fait partie de ma culture, si j’ose dire, musicale et le restera jusqu’au bout. Ce qui ne m’empêche pas de dire que son talent a été pourri par le Show Business, lequel qui a brisé sa vie. Son retour du service militaire a sonné le glas de sa carrière et ses ‘Comme Bac (2) n’y changeront rien. A son dernier concert en 1977, à Indianapolis il apparut comme sortant de sa tombe, obèse et méconnaissable. Tombé entre les pattes d’un charlatan mi-escroc mi-thérapeute, mi-bouddhiste, un pléonasme, il sombrait.

Le 16 août 1977, j’étais sur une plage de Normandie en vacances avec ma petite famille, lorsque je vis arriver ma femme un peu affolée, essoufflée  m’annoncer la nouvelle : ‘ELVIS EST MORT’. Ce type avait pris tellement de place dans ma vie que je fus sincèrement retourné. Bien entendu j’étais loin du Boulevard des Italiens vingt ans en arrière, j’avais décroché dès les premiers titres gnangnan issus de ses mièvres films, mais quand même, ça fout un coup.
Aujourd’hui il aurait 73 balais, ce qui pour moi et tant d’autres ne peut être vrai. C’est toujours Elvis dans King-Créole.
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1) les fameux Grands Boulevards d’Yves Montand
2) En 1972, il donnera une série de concert les 9-10-11 juin au célèbre Madison Square Garden de New York. Par la suite, il donnera le premier concert par satellite de l'histoire à Hawaï. Ce grand événement eu lieu le 14 janvier 1973 au International Center Arena d'Honolulu.