13 novembre 2009

LE P'TIT JESUS N'IRA PLUS A L'ECOLE

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J'avais déjà parlé du scandale qui consiste à accrocher dans les salles de classes d'Alsace et Moselle, un cadavre symbole du christianisme, qui n'a rien à y faire.CRUCIFIX En Italie cela fait des années qu'un type se bat (rejoint par d'autres parents d'élèves ) pour la dépose d'un tel mauvais goût dans les écoles. Il semble après plusieurs procès perdus qu'ils viennent d'obtenir gain de cause auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme.

L'Italie a été condamné pour la présence de crucifix dans les salles de classe, disposition jugée contraire au droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de religion. Cette décision devrait s'appliquer à l'exception (peut-être pas) (1) française dans l'Est, qui remonte d'avant 1905 à l'époque où ces départements étaient annexées par l’Allemagne et dépendent encore du régime concordataire de 1801, notamment pour les signes religieux à l’école. A noter que les curés, les pasteurs et les rabbins sont payés par l' Etat. Pour les Imams je en sais pas, tandis que habitants ne se plaignent guère de cette « anormalité ».

Cathos ou traditionalistes gueulent comme des putois, « le crucifix fait partie de l'identité nationale, comme Berlusconi qui s'appuie sur le Conseil d'Etat, qui par un arrêt du 13 février 2006, a estimé que la croix était devenue une des valeurs laïques de la Constitution italienne et représentait les valeurs de la vie civile. Faux, pourquoi pas un autre symbole, comme le portrait de Garibadi ?

Les adversaires de cette décision avancent l'argument suivant « Bien sûr, c’est religieux, mais c’est aussi de l’histoire et de la culture. Vouloir effacer par la réglementation cette présence est une vue de l’esprit. Et puis penser que ces crucifix vont perturber la conscience des enfants, et l’éducation qu’entendent donner les parents, c’est, au minimum, prendre les gens pour des demeurés.“Le crucifix dans les classes n’est pas une adhésion au catholicisme, c’est un symbole de l’héritage culturel italien“. Mariastella Gelmini, actuelle ministre de l’Education. Un argument qui se veux frappant, mais bien loin de la notion du laïcisme.

D'ailleurs si j'étais catholique je râlerais très fort. En effet rabaisser le symbole du christianisme à un simple témoin de l'Histoire de l'Italie me serait insupportable. En Moselle et en Alsace de voir le corps du Christ crucifié pour sauver le monde, face à une Marianne encocardée le serait tout autant.

« Mes frères, je vous le demande, organisons de pieux raids pour décrocher Jésus des murs profanes et replaçons le dans nos Eglises.! »

L'Italie n'est pas encore sortie de l'emprise du Vatican, par exemple l’obligation d’exposer le crucifix dans les salles de classe existait depuis 1860. L'année suivante l’Italie devient l’Etat italien, et son statut précisait : « La religion catholique apostolique et romaine est la seule religion de l'Etat. Mais depuis 1985, le principe de la religion catholique comme la seule religion de l'Etat italien est considéré n'étant plus en vigueur. Il faut donc décrocher cet épouvantail crucifix et autres statuettes dans les enceintes scolaires, mais ce n'est pas encore gagné, l’Italie a six mois pour porter l’affaire devant la Grande chambre de la Cour. (Conseil d'Etat ?) Devançant cette échéance le gouvernement italien a émis un recours.

Et pourtant depuis le début de l’année, environ 4500 italiens demandent tous les mois à être “débaptisés”. L’Eglise a dû ajouter une note dans la marge des registres de baptême pour les personnes qui ne voudraient plus, à posteriori, se considérer comme catholique..... Et on discute encore de cela, les croix dans les endroits publics?

Portugal

Outre l'exception régionale française, le Portugal est également sous le coup de cette décision européenne. En 2005 un association avait obtenu que les crucifix soient déposés à conditions que les parents le demandent en portant plaintes (Ce qui est la procédure pour les alsaco/mosellans). Mais dans les campagnes portugaises il y a encore pire, des messes sont célébrées dans des écoles publiques et les Evêques y font la retape en invitant fermement l'équipe éducative à déjeuner. Là encore l'épiscopat engoncé dans un passé où il était le maitre du pays avec l'appui des rois de droit divin, parle lui-aussi de patrimoine culturel. Un de ces rigolos va jusqu'à dire que c'est une icône anti-violence". Peace & Love. L'Europe reste le dernier chance pour les Eglises de s'inscrire dans le patrimoine culturel commun. Elles peuvent toujours courir...

Pologne

Vives réactions également de la part de l'église polonaise : "Une nouvelle tentative d'arracher Dieu du cœur des gens", a commenté l'archevêque de Gdansk, Mgr Slavon Leszek Glodz.

Allemagne

La croix dans les classes constitue également la règle en Bavière, région allemande majoritairement catholique, malgré une décision de la cour constitutionnelle allemande de 1995 d'abolir l'obligation du crucifix dans chaque classe.

Suisse

Certains cantons catholiques comme le Valais et Fribourg ont des crucifix présents dans les classes et les hôpitaux.

A se demander si tous ces curetons en soutanes ou dans leur tête, saisissent bien le sens du mot laïque.

 

(1) Selon Serge Slama, maître de conférences en droit public à l’Université Evry-Val-d’Essonne, «dans l'absolu la France devrait prendre les devants puisque l'interprétation de la Cour de la Convention Européenne des Droits de l’Homme vaut aussi pour elle. Mais tant qu'elle ne sera pas spécifiquement condamnée pour cela c'est peu probable qu'elle ouvre une telle querelle religieuse en France».

27 novembre 2008

DES CRUCIFIX DANS DES ECOLES LAIQUES ESPAGNOLES


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Des parents d’élèves espagnols non-croyants ont porté plainte contre la présence de crucifix dans les écoles et un tribunal de Castille a exigé leur retrait dans un d’un collège public de Valladolid. Le juge a estimé que la présence au mur de ce symbole constitue «un élément d’agression, d’atteinte aux droits et aux libertés», alors que la Constitution de 1978 stipule que l’Etat espagnol est «aconfessionnel». Il faut donc un jugement pour cette simple exigence, ce qui laisse apparaître le poids que le clergé fait peser sur l’Espagne. Et pourtant le gouvernement Zapatero botte en touche par peur des réactions des curés ibériques, en faisant dire à sa ministre l’Education qu’il fallait laisser le choix aux établissements qui sont les mieux placés pour connaître la sensibilité religieuse des élèves. Ce qui soulève au-delà des Pyrénées une polémique dans laquelle le PSE est partie prenante.

Un crucifix en bois trône dans toutes les salles de classe, au-dessus du tableau noir et à côté d’une photo du couple royal, forte tradition religieuse et conséquence d’une tradition franquiste «national-catholique» très répandue dans l’école publique et bien sûr dans les écoles privées, subventionnées ou pas.

Cette organisation laïque de parents d’élèves, demande également l’élimination de «tout symbole religieux dans l’aire publique», tandis qu’en face, les grenouilles de bénitiers hurlent et parlet d’intolérance, comme le proclame un boss de l’épiscopat réactionnaire. Ce dernier est connu pour son opposition aux lois laïques de Zapatero : mariage homo, et arrêt du catéchisme à l’école. Il ira jusqu’à dire : «Le crucifix, omniprésent dans nos villages, appartient à l’histoire et à la culture espagnole et si l’on veut les retirer, autant détruire l’Espagne tout entière.» Toute la hiérachie catholique le soutien surtout depuis que la chambre basse du parlement s’est opposée in extremis à l’installatiion d’une plaque commémorative d’une nonne canonisée en 2003 - sur proposition d’un député de droite, membre de l’Opus Dei. Et un de ses copains vient de créer un néologisme en parlant de christopobie. Ce n’est pourtant pas la première fois que cette question est remise sur le tapis et à chaque fois les autorités catholiques réussissent à contrer cette exigence portant bien naturelle. Pourtant, peu à peu l’Espagne se déchristianise et l’affichage de ses symboles est abandonnée. On comprend mieux les combats d’arrière-garde.(2)
Zapatero ne se gratte pourtant pas, par exemple il interdit que le Valle de Los Caidos (le mausolée de Franco, près de Madrid) continue d’être un lieu de culte au Caudillo.
En 2004, en devenant Premier ministre, Zapatero - et la majorité de ses ministres - avait pour la première fois juré sur la Constitution sans le faire au nom de la Bible. Nous attendons la cérémonie d’investiture d’Obama pour le voir jurer sur la Bible au nom de tous les Américains, juifs, athées ou musulmans.
En juin 2006, deux gardes civils ont demandé le retrait de toutes les garnisons des représentations de la Vierge du Pilar, la sainte patronne de la gendarmerie espagnole. Le verdict judiciaire est pour bientôt. Encore un recours à la justice.

En Italie bien sûr, c’est encore pire : le 15 août 2005, le pape avait prononcé une homélie dans laquelle il déclara qu'il était important que « Dieu soit grand parmi nous, dans la vie publique et dans la vie privée. Dans la vie publique, il est important que Dieu soit présent, par exemple, par le biais de la croix dans les bâtiments publics.

Heureusement que cela a disparu en France.....sauf en Alsace-Moselle (Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin) dans le système éducatif où la laïcité est pourtant quotidiennement bafouée sous prétexte d’accords nés sous Bismarck, franco-allemand archaïques et caduques qui devraient être abandonnées. L’essence de la loi Falloux est toujours en vigueur :

A/Dans l’enseignement primaire, l’« instruction religieuse » fait partie intégrante du programme, pendant une heure minimum par semaine, y compris dans l’enseignement public. Assurée à l’origine par les instituteurs selon leur religion, elle l’est désormais en majorité par des catéchistes laïcs et quelques prêtres, pasteurs ou rabbins. Les vacations (cumulables avec le traitement du clergé) sont rémunérées par l’éducation nationale.
B/Au collège et au lycée, le cours de religions doit être prévu dans l’emploi du temps ; il est assuré par des « professeurs de religion » agréés par les autorités religieuses. C’est pour titulariser certains d’entre eux qu’ont été organisés des "CAPES" spécifiques. Dès 1936 un système de dispenses avait été établi. Leur multiplication a érodé la fréquentation, et, aujourd’hui, une majorité des élèves concernés ne suivent pas cet enseignement. Mais il a fallu en 2001 rappeler que « l’obligation soit faite à tous les chefs d’établissement (directeurs d’écoles, principaux de collèges et proviseurs) d’avoir à informer clairement chaque année les parents quant à leur droit à la dispense de l’enseignement religieux»
Je serais curieux de voir un petit arabe avec l’accent du coin, réciter le Pater Noster.
Sous prétexte de liberté on impose sournoisement la tradition et on insinue une perverse petite graine de prosélitisme religieux. Et après cela les traditionalistes hurlent avec les loups lorsque les musulmanes entrent dans les écoles avec un voile. Cette position n’est valable que pour les tenants de la laïcité, qui a pour raison d’éviter ce genre de trucs comme en Espagne ou dans l’Est de la France. Heureusement les crucifix dans les écoles et autres lieux publics, comme les tribunaux ont été décrochés, sauf dans la salle d'audience du T.I de Saverne.
Je ne voudrais pas jouer les pingres mais, lorsque je lis ce qui suit cela m’irrite un peu, surtout après mon post concernant les SDF. «
« Alors que partout ailleurs un prêtre gagne à peine le SMIC grâce au denier du culte, un corbeau (pasteur ou rabin) de Strasbourg ou de Mulhouse palpe quelque 2500 euros net. Soit davantage qu’un prof agrégé après dix ans d’ancienneté (2300 euros). A cela il faut ajouter un logement de fonction et des frais de déplacement princiers. Quant aux évêques, c’est 4.307 euros qu’ils empochent chaque mois, auxquels il faut ajouter des "indemnités de représentation" et une voiture avec chauffeur. Au total, ce sont 2100 ecclésiastiques qui pompent 37 millions d’euros par an dans les caisses de l’Etat (en plus des exonérations fiscales et de l’entretien obligatoire des bâtiments religieux) » Edifiant non ? Ah ! Bien sûr il y a le régime spécial de la Sécu, auraient-ils peur de le voir disparaître avec l’eau du bain où se noie la laïcité ?

Encore une fois, je dis qu’il faut rester sur nos gardes, car avec les cathos militants au gouvernement et leur chef de bureau décidé en douceur de revenir sur notre loi de la laïcité, on ne sait jamais.

(1) Photo d’illustration. Où va la connerie humaine, entre-autre.
« Ce crucifix en Italie a commencé à répandre un parfum qui a embaumé toute la maison. On ouvrit toutes les fenêtres pour voir d'où cela provenait. On découvrit alors qu'il émanait de la tête et des plaies du crucifix. Le lendemain, dans la même pièce, ce furent les mains et les pieds de la statuette en céramique de la Madone qui se mirent à répandre du parfum. Mais on remarqua aussitôt que le parfum de la statuette était légèrement différent de celui du crucifix: il était plus délicat » (Sic). En effet le Christ puait des pieds tandis que sa mère se parfumait avec N° 5. Vous remarquerez l’entrecuisse désespérément vide de la statue, qui est frappante de vérité, Un cadavre.

(2) Pour l’Eglise espagnole, la persistance de tels symboles est d’autant plus importante que son influence est en chute libre. En deux décennies, la pratique religieuse a baissé de 20 %, et l’immense majorité des jeunes disent n’avoir qu’un «très faible intérêt» pour la religion. Selon un sondage, publié début novembre par El País, 21 % des Espagnols se considèrent «assez ou très religieux», contre 47 % «pas ou peu religieux».