28 août 2007
LA CHARITE, S'IL VOUS PLAIT !
La charité chrétienne qui ne mérite pas seule le mot, m’a toujours paru un peu suspecte.
Dans mon précédent billet, je parlais des idoles mondiales de la Charité, dont il ne faut pas exclure notre bon Abbé Pierre, et je dénonçais la mauvaise foi, si j’ose dire de mère Teresa. En effet je préfère tout de même le travail d’un protestant comme le Dr Schweitzer qui soigna sans publicité, sans les médias, les lépreux pendant quarante années avant de recevoir le prix Nobel et de devenir une star lui aussi.
La charité chrétienne, qu’il ne faut pas confondre avec la philanthropie et encore moins avec la solidarité, me paraît entachée de ce fameux donnant/ donnant cher à Ségolène et aux curés de tous bords. Puisque le malheur est sur la terre, puisque Jésus qui devait obtenir la rédemption de nos péchés n’a rien réglé, il faut faire le boulot soi-même et gagner en même temps une petite place pour le paradis. Dans ces conditions la charité chrétienne n’est pas gratuite ni gracieuse, un petit commerce qui me soulève le cœur depuis que je suis en âge de raisonner. Plutôt un brave laïc, quidam de chez les quidams qui se révoltent contre cet état de fait et part avec des copains du même bord creuser des trous au Sahel pour trouver de l’eau, comme çà pour le geste. Rien à voir avec les dames de charité qui en donnant à leurs bonnes œuvres, se paye des années de purgatoire en moins.
Je range la charité médiatique dans le même sac, les « Enfoirés » par exemple me sortent par les trous de nez. Récolter des thunes pour les petits malades tout en se faisant un pub d’enfer, me paraît un peu dégueulasse.
- T’as vu Machine aux Enfoirés, la classe, je la kiffe. (entendu à la maison)
Pour la petite histoire il se trouve que dans ma jeune carrière j’avais comme client le créateur de « Perce neige », une œuvre caritative laïque qui subvient aux besoins d’enfants handicapés ou malades. Or ce type n’était autre que Lino Ventura, aussi bourru à la ville qu’à l’écran, une nature, mais qui ne le gueulait pas sur les toits. Altruisme et charité, d’ailleurs ne se marient pas.
Malgré mes recherches, je ne puis me souvenir le nom de celui (peut être Lao Tseu) qui a dit ou écrit : « La charité oblige plus celui qui donne que celui qui reçoit ». Ce qui est infiniment plus sage que la maxime de Mahomet
suivante « La main qui donne est meilleure que celle qui reçoit ». Au passage je ne peut m’empêcher de citer cette autre passage d’une traduction du Coran : « A cause des enfants, des vieillards, Dieu hésite à détruire les villes où règnent les péchés » Ce Dieu là n’aime pas les Grecs c’est certains. Décidément tous ces Dieux illusoires ne servent à rien. En effet dans un monde juste, il ne devrait pas y avoir ni dons ni oboles. Le riche, c'est-à-dire celui qui a plus que l’autre, devrait se sentir gêné devant celui qui à besoin, tandis que celui-ci estimera que c’est un du de recevoir.
Je cite A.Gide : « La charité, tout en soulageant temporairement la misère, ne s'attaque point à sa racine et l'on peut même dire que, par là même, elle l'entretient. (...) et un petit coup de J.Green : […] la charité des riches n'est souvent qu'une forme de condescendance et qu'ils se débarrassent des pauvres avec de l'argent » Je pensais déjà cela avant de les lire.
Quant à la charité publique n’en parlons pas ou très peu. Dans un pays comme le nôtre où l’écart entre les nantis et les pauvres se creuse de plus en plus et ce n’est pas le pouvoir actuel qui va le réduire bien au contraire, on doit faire appel à la charité publique. A côtés des clodos qui nous tapent gentiment, se précipitent les journées de dons pour ceci ou pour cela. Tout y passe, les maladies, les pauvres, jeunes ou non, et la Croix Rouge. Organisme international certes, crée par Henri Dunant, (également promoteur de la convention de Genève. Encore un petit suisse) mais qui a une boutique en France.
Bon ! Il s’agit là plus de solidarité plus que de charité, mais comme pour tout ces organismes on pourrait les taxer d’alliés objectifs de la tyrannie, qu’elle soit d’Etats ou de religions. Cette tyrannie qui laisse ses sujets se démerder seuls entre-eux, mais qui roulent en carrosses (avec un moteur à essence. Le diesel ? Pas assez cher mon fils)
Comme tout le monde je participe aux quêtes urbaines, mais je me pose tout de même la question : où va mon pognon ? Je sais, c’est trivial et cela nous éloigne du sujet.
Conclusion :De saint Vincent de Paul à l’abbé Pierre, en passant par B.Kouchner et son sac de riz devenu célèbre, il ne s’est rien passé.
15:44 Publié dans PHILOSOPHIE RELIGIONS | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Religion, charite chretienne, foi, croyance, superstition, eglise



