14 avril 2009

URBI ET TORD BITE

 

EGLISE BORDEAUX.JPGA ce moment de l’année où on nous bassine avec la Pâques chrétienne, les calvaires et spectacles grandioses des cérémonies pittoresques ultra médiatisées, voilà que le tribunal administratif de Bordeaux rejette la requête de la Fédération girondine de la libre pensée, qui réclamait la dépose de peintures du Christ en croix installées dans salle d'audience de la cour d'appel.
A l’heure où des affaires comparables secouent l’Espagne et l’Italie, la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat protège en France la conscience des enfants de l’école publique et la laïcité des lieux publics, la solution juridique allait de soi, même après trois ans de procédure aux libres penseurs du Nord, il fallait retirer ce symbole religieux d’un lieu public. Et bien , non ! Le tribunal argue (en jouant  un peu sur les mots, que le texte initial stipule « qu’à l'avenir" les emblèmes ou signes religieux sont interdits sur les monuments ou emplacements publics.

La bande de non-croyants du bordelais fera appel de cette décision farfelue, qui est une  atteinte évidente à la laïcité et la liberté de conscience. Quel témoin athée appelé à la barre pourrait accepter cela ? Et que dire alors d’un citoyen français musulman ? Pourtant d’autres faits intérieurs pouvaient laisser entendre le contraire Un juge en 1989 président de chambre du tribunal de grande instance de Bordeaux, "qui ne supportait plus de siéger sous le regard du Messie crucifié » avait obtenu qu'il soit dépendu et qu’un  ministre de la justice, Pascal Clément, avait demandé en 2006, qu'un Christ soit retiré du tribunal de grande instance de Metz, ce qui lui fut accordé.

Les avis vont bon train, ceux qui désapprouvent cette décision anachronique et ceux qui pensent qu’il s’agit d’une œuvre d’art. Bon, je veux bien, mais il existe des musées ou de la place dans les églises et Cathédrales à Bordeaux. Heureusement je n’ai pas encore trouvé de cul bénit qui parle d’une justice rendue sous la protection de Jésus de Nazareth. Et pourtant ce serait logique et ne pas renier ainsi le rôle du Christ que les fables de l’Evangile veulent bien lui prêter. (2)

Un détail me direz-vous ? Que nenni, il s’agit d’un rappel du passé ou l’on jugeait et condamnait des hommes au nom de Dieu. Combien de peines capitales ont été prononcées en son nom sous ce triptyque et combien de voyages pour l’enfer.

Je parlais plus haut des spectacles moyenâgeux et les rites, comme les lavements de pieds, chemins de croix, baptêmes groupés d'adultes, les flagellant et les dévots hystériques crucifiés de la semaine sainte. Il faudrait que les croyants se demandent si dans le scénario original, leur idole aurait accepté ce genre de folie. De voir un brave type se refaire le calvaire avec une croix de 40 kgs sur le râble cela me fait en dehors d’un peu de honte de la pitié .

C’est la période faste pour le clergé d’effacer de la mémoire des catholiques trop souvent à genoux, les âneries et bévues de leur chef suprême et les curés pédophiles qui grenouillent encore en Amérique. Car les pratiquants et le bas-clergé commencent à regarder le pontife d’un autre œil  "Je ne sais même pas comment sont prises les décisions à Rome, mais le fait est que depuis trois mois, c'est moi qui éponge", un prêtre parisien. Un autre plus lucide dit « que l'Eglise, c'est nous autres et que le pape n'est qu'un accident de l'Histoire". Pour un peu il parlait de détail....
"On entend beaucoup ces temps-ci des catholiques dire : le Christ, je prends, mais l'Eglise, je laisse ». s'insurge un autre .

Critiquer l’Eglise n’est plus l’apanage des athées. Les pratiquants font aujourd’hui de même, et se moquent bien des encycliques, ils pratiquent l’avortement volontaire et utilisent les préservatifs. Les divorcés-remariés, y compris à l’église communient. Des enfants élevés par un couple homo sont baptises. A condition d’être inscrits au catéchisme ! C’est là où se trouve le parfait exemple de l’ineptie cléricale et humaine. L’éducation religieuse d’un innocent contre un baptême pour faire plaisir à des sodomites promis à l’enfer par la doctrine !. Une autre question agite nombre de  catholiques : faut-il réclamer la démission de Benoît XVI ? Un curé ‘moderne’, mais pas trop faut pas charrier, ira jusqu’à dire : "Aujourd'hui, beaucoup de textes venus de Rome sont rejetés ou incompris car ils sont élaborés par une poignée de gens qui ne vivent pas sur la même planète que les fidèles » Constatation qui vaut également pour le monde politique.


Nous devrions, nous athées et laïques, nous féliciter devoir l’influence de l’Eglise sur les affaires du monde s’enliser chaque jour un peu plus dans le ridicule comme cette affaire de tableaux toujours accrochés sur les murs d’un prétoire. Mais hélas, ce n’est pas fini, il nous reste la Pentecôte, l’ascension et pour faire joli dans le tableau, l’assomption, un néologisme qu’il a fallu inventer pour la circonstance.

P.S A la librairie de la Gare de Béziers dans la vitrine, tous les bouquins et revues catholiques, mais pas un ouvrage sur « La vie du Christ avant Sa mort »


(1) Les médias nationaux se sont fait l’écho fin mars d’une décision de justice notifiée en février par le Tribunal administratif de Lille et qui ordonnait la dépose d’un crucifix monumental apposé dans les locaux utilisés par la cantine scolaire de l’école publique.

(2) J’ai trouvé cela tout de même sur un site communautariste tendance intégriste  « L’association Libre Pensée de Gironde, à l’origine du recours devant le Tribunal, est une association laïcarde, voire anticléricale, qui revendique sur son site internet le slogan suivant : « Ni dieu, ni maître, Vive la Sociale et à bas la calotte ! » Son Président s’appelle Joachim Salamero, il est un des membres actifs de l’Union des Anarcho-Syndicalistes ». Pour un peu le rédacteur donnait l’adresse à la police.