18 avril 2008
LA FAIM DU MONDE
La famine dans le monde.
Dans une interview Jean Zieglerla télé, parmi tous ses arguments il nous donne un seul exemple qui devrait suffire à nous faire bondir.
« Il faut pour fabriquer 50 litres de bio-carburant, utiliser 250 kgs de maïs, ce qui conviendrait à une famille entière du tiers monde pour survivre une seule année »
Si nous voulons aller plus loin on s’aperçoit que le coût des matières premières, qui vont jusqu’à toucher nos caddys pleins à ras-bord, est en pleine explosion, ce qui est dû à la spéculation qui s’est éloignée de son champ d’action traditionnel, le fric.
Cette sommité depuis de nombreuses années s’élève sur l’utilisation des cultures vivrières pour les transformer en carburant. Il prône un moratoire de 5 années ces productions, préférant l’emploi des déchets végétaux ou des plantes non alimentaires. Ce qui d’ailleurs est critiqué par les écolos. Il vient de sortir un bouquin où il traite cette pratique comme un crime contre l’humanité, et estime en effet que « l'agriculture doit être subventionnée dans des secteurs où elle assure la survie des populations, et que le monde se dirigeait vers une très longue période d'émeutes et de conflits liés à la hausse des prix et à la pénurie des denrées alimentaires". Je citais le cas de la révolte des jeunes Camerounais, émeutes qui se répandent dans les pays du Sud, Haïti en récent exemple, le riz, le maïs étant leur nourriture de base (Les galettes de terres me sont restées en travers de la gorge) Cette partie du monde, avant tout le monde est en proie au capitalisme effréné qui nous mènent directement dans le mur.
Dans tous les sens du terme il a raison ce Suisse.
Conséquences de la crise financière, économique et sociale dans les pays du Nord
Je ne sais pas encore ou et quand cela va craquer, mais à voir toutes les dispositions que prend le gouvernement français face à la passivité des citoyens, je ne pense pas que cela vienne de chez nous. Un tel climat devrait déboucher sur une vraie crise sociale et donc gouvernementale, reste à savoir quand et comment.
Malgré les cafouillages gouvernementaux, un plan sévère plan de rigueur se met en place. Seulement nos gouvernants, Sarko en premier, n’ont pas les «ralaouettes» de Berlusconi qui n’hésite pas à se prendre pour Churchill.
Tout va y passer, après la politique de la famille qu’on attaque, comme les allocations familiales, malgré la vaseline, c’est le tour du terrain de la Santé ; hôpitaux, Sécu (non remboursement des lunettes par exemple) les droits acquis du travail, les retraites, l’éducation nationale et j’en oublie.
Comme il faut toujours relativiser, notre situation n’est pas celle des habitants du tiers-monde, loin s’en faut ; un ami Sénégalais me signalait qu’avec un RMI il pourrait nourrir toute une famille. Mais au prix ou coûte aujourd’hui le kilo de riz, il ne pourrait pas continuer longtemps. Notre relative richesse devrait nous permettre d’aider les crèvent-la-dalle d’Afrique ou d’ailleurs, mais c’est un voeu pieu, si j’ose dire, car nous sommes incapables collectivement de le faire.
Nous donnons ici et là, les Restos du Coeur en particulier, objectivement une honte. Alors, nous insurger contre le renvoi inhumain des sans-papiers qui viennent manger le pain des Français, on en a rien à battre. Pourtant, il va falloir s’y faire à cette invasion de la disette. Et apprendre le chinois, à manger du chien comme en Corée. Les amis des bêtes qui parcourent ou se trimballent sur ce blog devront faire un choix, ou ou bouffe Rintintin ou en crève de faim.
Une petite anecdote pour finir ?
Bon allons-y.
A ma naissance , pendant la seconde guerre, il va y avoir bientôt soixante-six ans, rue de la Chine à Paris (Et oui), un voisin avait confié à ma mère qui crevait de faim, un lapereau qu’il avait été chercher dans la zone Nono (dictionnaire ! je ne vais pas vous mâcher le travail) Vivant le monstre, mais un ogre qui rongeait la paille des chaises, dans son esprit il suffisait que l’on le nourrisse pour qu’une fois atteint une bonne taille on le bouffe.Ma mère qui en avait fait un lapin de compagnie, n’a jamais voulu qu’on tue ce lapin, mais il est passé tout de même à la casserole, d’où s’échappait l’arôme du plat à l’ersatz de vin blanc . Une horreur.
Et pendant le siège de Paris à la fin du 19 éme siècle, les Parisiens mangèrent du rat qui était aux menus des restaurants. Il existait à Paris, Rue d’Avron dans le 20 ème, un resto « AU RAT BLANC » Si vous passez dans le coin, dites moi s’il existe encore. Merci et bon appétit.
(1) Socialiste Suisse, il est rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation.
17:40 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : société, politique, famine, ziegler, biocarburants, écologie




