09 décembre 2008

VOL A L’ETALAGE

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Loin de moi un soupçon de démagogie ou de romantisme à la Gaston Leroux, mais braquer une bijouterie de luxe avenue Montaigne, sans un coup de feu faut le faire. (1) Si au moins je savais que le fric issu de la revente servait à quelque chose d’humanitaire, j’aurai tendance à dire bravo.
Malheureusement ce pognon n‘ira ni aux restos du cœur ni à la Coix-Rouge. Les trésors sont planqués chez un nabab qui ne les sort que pour en parer sa nana espérant des faveurs et partant de là un redressement de sa situation intime. Ou bien débités en tranches. En réalité je n’ose pas penser à quoi servent ces rançons une fois encaissées. Acheter des armes ?

Tout d’abord l’étalage en vitrine de la plus grande partie de ces trésors, 85 millions d'euros, d’ailleurs aussi tartes les uns que les autres, est de nature pousse-au-crime.
Imaginons un instant trois malfrat de banlieue tenter de pénétrer dans la boutique déguisés en bourgeoises de la Haute, en manteaux de lapin et en djellaba en peau de porc. Ils ne mettraient pas un pied en dehors de leur BX, terrassés par le GIGN.

Au lieu de cela, trois malfaiteurs armés, tranquillous entre dans la caverne d’Ali Baba, des pros bien de chez nous ou des ressortissants de l’Est comme ose dire la BRB et ramassent le tapis. Sont-ce les mêmes que l’année précédente qui ont participé une première fois à un rapide et salutaire destockage ? Ou ceux chez Cartier qui ont emporté une bagouze de 635.000 euros ? Rachida à coté avec la sienne, on dirait une Roumaine qui a acheté sa bague aux puces de Clignancourt ou chez Tati. Les cerveaux de la police ont noté de troubles choses, les casseurs connaissaient le nom des employés et des « caches » Ne cherchez plus messieurs, ils connaissaient la maison.
Le casse le plus célèbre dans cette catégorie était celui de la succursale de la Banque de France de Toulon qui s'élevait à 160 millions de francs soit l'équivalent de 31 millions d'euros actuels par une dizaine d'hommes en 1992. Spaggiari et son tunnel passe pour un rigolo.

Personne dans mon entourage ne déplore ce braquage. Sur Internet les commentaires sont pratiquement tous rigolos et bien souvent on entend les bravos derrière l’écran. Pratiquement tous parlent d’assurances. A ce sujet Les Lloyd's de Londres offrent 1 million de dollars (700.000 euros) à la première personne qui aidera à retrouver les bijoux.
Florilège :
« Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie et Rachida Dati se sont rendus sur les lieux du crime. Le président à annoncé que la parlement sera saisi d'une projet loi interdisant les hold-up et les braquages. Ouf....ils ont réagi..et vite...bravo »
« la Police a mis près de 20 minutes pour arriver, alors je rigole, le vendredi c'est apéro au commissariat du 8éme ».
« A Monoprix il y a des vigiles à l'aspect plutôt dissuasif pour surveiller les paquets de pâtes et les boites de petits pois. Mais peut-être que ça incommoderait le genre de dames qui fréquente la bijouterie Harry Winston »

Même ambiance souriante le lendemain dans les boutiques du quartier selon la presse.
« De l'appréhension ? Absolument pas ! On est en plein dans les cadeaux de Noël », assurent deux vendeuses de chez Vuitton. « Nous avons un système de protection archi-sécurisé et aucune pièce de très, très grande valeur en maroquinerie », souligne le responsable. Et son voisin qui avait des cadenas du BHV, bien entendu et qui n’a pas étalé de bijoux en plastoc, est un plouc.

On parle des Pink Panthers, des Roumains selon la police, spécialisés dans les braquages de bijouteries. Et si ces panthères roses étaient des pirates de la mer ? Arraisonner un yacht de luxe et réclamer une rançon pour le rendre ne me fait pas pleurer, surtout lorsque l’on voit l’armada qui se déploie pour les éviter, on aimerait plutôt la voir cette flotte accoster à Gaza et sortir de ses soutes des tonnes de nourritures.

Je sais, écrire comme cela fait un peu affreux-jojo. Cela me rappelle un copain coiffeur, en 68 qui voulait m’entraîner avec les maoistes-situasionnistes pour envahirent Fauchon pour tout faucher et distribuer le butin au restaurant de « la Ficelle » C’est-y pas un geste valeureux ?  Et, bien je me suis déballonné, pas téméraire, mais pas glorieux non plus. 
Ai-je déjà parlé de cet établissement ? Oui, et bien j’explique encore. On recueillait ( ?) les clodos, on leur donnait à manger et le gîte, une longue paillasse toujours propres et épouillée sur laquelle on posait sa tête. A cinq heures du mat’ la gargotière pour réveiller son monde, tirait sur un bout de la corde et patatrac, debout l’a’dans.fauchon.jpeg
Aujourd’hui chez Fauchon on dévore toujours les vitrines des yeux et les maoïstes sont dans les scrétariats de partis politiques.  > PAS RANCUNIER L'EPICIER

Pour en revenir au butin, je trouve les chiffres annoncés un peu énormes 80 millions !
Est-ce lu prix de revient ou l’estimation du prix de vente. ? Autre question, au bilan 2007 les stocks, étaient inscrits sur les livres pour 4 millions d’euros ! Quels stocks !


(1) On parle de coups de crosses, cela rend l’attaque moins romantique