29 décembre 2008

LE PERE NOEL A SAUTE SUR GAZA

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L'aviation israélienne a lancé une attaque massive contre des installations du Hamas à Gaza dont le nombre des victimes augmentent d’heure en heure. Une opération qui "ne fait que commencer", aux dires du porte-parole militaire.
Shimon Peres a affirmé que l'armée israélienne n'entrerait pas dans la bande de Gaza. "Il n'y aura pas de guerre. Nous n'entrerons pas à Gaza et il y a d'autres méthodes" pour "faire cesser les tirs de roquettes" du Hamas. La ministre israélienne des Affaires Etrangères Tzipi Livni, qui n’a aucune channe d’être élue, justifie les raids en excluant toute autre option. 'Il n'y a pas d'autre option qu'une opération militaire", a-t-elle déclaré. (1)
Résultat, Le Hamas a appelé sa branche armée, les brigades Ezzedine al-Qassam, à "mettre tous les moyens en œuvre pour empêcher les sionistes de dormir". Son chef en exil, Khaled Mechaal, a appelé à déclencher une nouvelle intifada contre Israël et a évoqué une reprise des attentats suicide. Chapeau Tsahal.
Réactions internationales
« Tout doit être fait pour renouveler la trêve" [...] nous appelons à un cessez-le-feu immédiat et demandons à tous la plus grande retenue » a réagi Javier Solana, chargé de la politique étrangère pour l'UE. Suivit par Sarkozy qui lui aussi parle de retenue, comme les ministres russes et anglais des affaires étrangères. Un Sarkosy qui a donné une tonalité plus nettement pro-israélienne à la politique française !
On comprend à qui s’adresse ce manque de « retenue », mais curieusement ce mot a disparu dans les comptes-rendus des médias. Les Etats-Unis ont demandé au Hamas de cesser toute attaque et à Israël d'éviter de faire des victimes civiles lors de leurs tirs.
La déléguée générale de la Palestine en France, Hind Khoury, a fustigé qu'Israël bombarde Gaza à chaque approche d'élections.
Au Moyen-Orient Hosni Moubarak, a condamné les attaques d'Israël et prévoit d'ouvrir sa frontière pour accueillir les blessés palestiniens.
Enfin, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a appelé à un cessez-le-feu et demandé la fin de toute activité militaire à Gaza dans une déclaration non contraignante.

Pourquoi la fin de cette trêve ? Le mouvement islamiste estime que la situation dans la bande de Gaza a empiré, que la population n'a tiré aucun bénéfice de cette accalmie, car les points de passage sont restés fermés, notamment celui de Rafah, en direction de l'Egypte, qui aurait permis aux habitants de sortir de la prison à ciel ouvert qu'est devenue la bande de Gaza depuis deux ans et demi. Le combat doit reprendre.

Pourquoi cette attaque ?

Cette opération, un choix stratégique, est la plus meurtrière depuis 1967 selon les observateurs, ce qui laisse supposer qu’elle a été mûrement réfléchi et pourrait déboucher sur une incursion terrestre, une nouvelle guerre. "Nous sommes prêts à toute éventualité. S'il est nécessaire de déployer des troupes pour défendre nos citoyens, nous le ferons", a déclaré Ehud Barak qui comme ses collègues, ne se fait la moindre illusion sur la réussite de ces raids, le Hamas en sortira gagnant et sera soutenu par les gazaouites qui sont actuellement « punis » pour avoir mal voté.

Encore une fois, on se demande si les dirigeants israéliens sont des crétins (2) ou prisonniers de leur propre politique qui consiste perpétuellement à se défendre contre le rejet sous toutes ses formes, de la population palestinienne de cette colonisation. Occupée, Gaza était un enfer journalier pour les uns et pour les autres.(D’autant que les pertes en hommes de Tsahal pouvait devenir inquiétant) et le retrait des Israéliens fut un leurre puisqu’en réalité ce territoire est devenu un immense camp retranché, cerné au Nord et au Sud par l’armée et par la flotte le long de la Méditerranée.

Encore une fois, Israël est condamné, pour une idée insensée, celle de créer un pays artificiel pour des raisons religieuses et géopolitiques, à savoir le partage des mandats français et britanniques, de combattre d’une façon pérenne une population autochtone qui considèrent leurs occupants comme des usurpateurs.

Je ne change pas d’idée, le sionisme est une erreur monumentale sur laquelle personne ne semble vouloir revenir tant les enjeux sont grands et malheur aux Palestiniens. Le voilà obligé de lancer une opération au top de la technologie contre des mortiers en papier-mâché qui ne tuent que par hasard. Bombardement qui fait bien entendu des décès collatéraux. Le but d’ailleurs du Hamas en lançant ces engins à 3 sous est plus symbolique que meurtrier ou terroriste, c’est un piège où les politiques et militaires israéliens sont obligés de tomber. Les premiers pour des raisons électoralistes et les autres pour garder la face. Dans ces conditions il n’y a pas de solution, ni militaires bien évidemment, ni diplomatique. Les feuilles de routes sont des faire-part. Il n’y aura que de solution juridique, j’entends par là, un tribunal suprême qui reprendrait le dossier depuis son origine et statuerait définitivement et souverainement. Gageons que les plus hostiles à cette solution imaginaire sont ceux qui ordonnent à des pilotes de bombarder une zone connue pour la densité de sa population. De jeunes hommes le cul bien au chaud dans leur siège éjectable. (Par contre, 290 pacifistes israéliens ont manifesté devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv contre l'offensive et pour un cessez-le-feu avec le Hamas)
Et ce n’est pas en facilitant le passage de 90 camions de produits humanitaires et de première nécessité provenant de la Croix-Rouge que nous serons bernés. Une autorisation que je trouve pour ma part démagogique et honteuse, car elle arrive un peu tard. Trop tard..
Je ne reviendrais pas sur le fond quant au sionisme, j’en parle assez souvent, mais sur la forme que prend cette attaque qui est le prémisse d’un combat contre non seulement le Hamas, mais contre toute la résistance palestinienne en dépit de l’opinion internationale et sa communauté institutionnelle.
Voilà un des boulots urgents qui attend Obama.
P.S Sondage express des lecteurs du Figaro.

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(1) Les Israéliens, initialement, ont vu d'un bon oeil l'émergence du Hamas, pour concurrencer l'OLP de Yasser Arafat. Avant de réaliser qu'il s'agissait d'un ennemi implacable, très structuré, gagnant en influence par la double action de ses oeuvres sociales et de ses kamikazes.
(2) Comment ne pas éviter après cela une montée de l’antisémitisme même sous le masque de l’antisionisme dont je suis un ardent défenseur.