15 avril 2008

CELSE L'ANTI-CHRETIEN

 

1926937893.jpgAfin de fermer la page d’un livre qui n’en finit pas de s’écrire, je vous propose un petit bout de chemin avec l’un des pemiers contradicteurs du christianisme de l’Histoire.

Le christianisme est, il faut enfin l’admettre, une secte avec toute l’acception du mot. Il est l’avatar né du judaïsme, avec un gourou et des adeptes qui bien entendu furent combattus par les pharisiens les vichystes de l’époque sous l’empire romain. Et cette date n’est pas un hasard. Reste à savoir ce qui est vrai dans cette histoire, pour les uns dont je fais partie un compte des Mille et Nuits avant l’heure. La particularité des sectes religieuses est une tentative se synthèse entre les sectes mères et des dogmes nouveaux. De tout temps, il y eut des hommes pour qui les mythes et légendes ne pouvaient être que des fables et dès l’essor du Christianisme il fut combattu par exemple par St Paul l’illuminé lavant de se convertir lors d’une attaque d’épilepsie en tombant de cheval..

Le plus connu de ses contradicteurs fut Celse, un philosophe et savant inspiré des grands philosophes grecs, en parfaite connaissance des autres formes de cultes de la contrée et du reste du monde qu’il pouvait connaître. Curieusement ses écrits qui datent vraisemblablement de la fin du second siècle, ne fut guère commentés par les docteurs de l’Eglise et son texte a disparu. Ce n’est que par Origène, qui, en lui répondant points par points par un ouvrage plus connu, que l’on retrouve presque la totalité de son contre/argumentaires.
Peu de gens connaissent son existence, moi le premier et c’est sur le conseil d’un ami que j’ai pu trouver vers les années 70, ce bouquin chez Gibert Jeune (pour les provinciaux la librairie la plus connue des étudiants du quartier latin) paru chez J.J Pauvert
Ce qu’il reproche aux chrétiens ou du moins à ses pères, c’est une sorte de « piratage » des religions et des courants de pensées qui les entouraient, sans compter les emprunts des religions précédentes et même des citations de philosophes. Il critique le christianisme sur le fond et la forme et on peut retenir plusieurs de ces objections piquées au coin du bon sens. Croyant traditionnel, il ne peut admettre qu’un Dieu, par un fils en chair et en os, puisse descendre sur terre, ce que les catéchistes expliqueront avec des circonvolutions et des pensées toutes faites. Bon, querelles de théologiens me direz-vous. Continuons. Par contre il devient percutant lorsqu’il aborde d’autres incohérences, et fautes des textes bibliques.
Un exemple ?
La mort de Jésus et sa résurrection qu’il prédit (1). Ce miracle est une donnée de plusieurs religions, je le cite : « Combien d’autres débitent d’aussi merveilleuses rodomontades pour abuser et exploiter la crédulité populaire ? »Il cite Zamilxie de Scythie, esclave de Pythagore qui, lui-même prédisait sa résurrection (Il faudrait en parler de ce génie) Il se gausse en narrant comment ce fils de Dieu, a besoin d’autrui lorsque renaissant, il est incapable de faire rouler la pierre qui clôturait son tombeau. Que seules de vieilles femmes- il écrit femmelette et comparses- témoignèrent de ce miracle. Il suffit aussi de quelques menues monnaies pour soudoyer les deux soldats romains qui devaient surveiller la sépulture. Ensuite il fustige les adeptes qui non seulement lâchèrent leur chef, mais ne firent rien pour le venger.
Il revient sans cesse sur la Bible et des juifs auxquels il n’apporte d’ailleurs que peu de crédit. Ce Dieu, qu’ils disent bon et miséricordieux, est plutôt irascible lorsqu’il dicte à Moïse de déclarer « Malheur à vous » lorsqu’il s’adresse aux sodomites et gomorhéeens.
Il se plaît à ironiser sur les querelles qui opposaient et opposent toujours les chrétiens et les juifs qu’il considère comme schismatiques par rapport aux premiers. Les premiers attendent toujours le Messie, tandis que les chrétiens, en la personne de Jésus de Nazareth ont cru le trouver. Ce qui se traduisit par « Juifs assassins du Christ » avec la suite que l’on connaît.
Celse a beau jeu de signaler que les prophètes hébreux annonçaient la venue d’un messie qui serait de descendance royale, de la cuisse, si je puis dire de David. Or l’identité de ce fils de charpentier ne correspond pas. D’aucun pour faire coller ceci avec cela mirent au point une explication si tordue que les juifs en rigolent encore. D’alleurs, une expression est restée dans le langage régional « Se quereller pour l’ombre d’un âne » Que je pourrais mettre en exergue de ce blog, tant nos discussions semblent vaines. Au passage, il peint ce pauvre Joseph comme un vulgaire cocu et que cette histoire d’anges, (Rien que deux) et de naissance divine n’est qu’une galéjade ou un pauvre alibi d’adultère.
Bien avant moi (Je plaisante) il s’étonne du moment la naissance du christianisme. Le Dieu des chrétiens écrit-il « [se] soit soucié de justifier les hommes dont auparavant il  n’avait cure? Il s’interroge également sur le fait que ce Dieu envoie son fils « dans un si petit coin du monde ? c’est se faire de Dieu une idée peu conforme à la sagesse et à la vraie piété. » Il enfonce le clou, si je puis dire en parlant de la rébelion d’Adam et d’Eve « [Ce démiurge] un si pauvre personnage [qui] dès le début, se montre incapable de se faire obéir du seul homme qu’il ait lui-même formé » Il clôt ce chapitre par ces mots « Les plus sensées d’entre les Juifs et les Chrétiens rougissent de toutes ces ridicules fictions, et, pour se tirer d’affaire, recourent à l’allégorie ».
Quand il aborde le problème du jugement dernier et du paradis promis par ce dieu, il se bidonne en pensant à toutes ces âmes réincarnées dans des cadavres ou squelettes. Il suit ici à la lettre l’enseignement des Evangiles. Là encore les théologiens vont couper les cheveux en quatre et nous parler d’un au-delà divin ou désincarné, ce que le commun des mortels n’a à foutre. Les mormons vont plus loin encore, en s’appuyant sur les Ecritures, notamment sur les leurs, ils promettent que tous les morts le jour de la fin du monde depuis qu’il est né. Cet apocalypse qu’ils annoncent imminente, mais dont ils reculent la date depuis la naissance de leur propre secte, fille du catholicisme- se retrouveront en famille ! ! C’est pourquoi dans leur Etat quasi autonome de l’Utah, est compilée la plus grande source de généalogie du monde.
Ensuite, Celse souligne et s’étonne que seuls les bons juifs seront assis à la droite du seigneur et le malheur est pour les autres qui rôtiront dans la Géhenne. Comme les raéliens de cet autre fumiste et les scientologues.

Pour terminer ces longues citations je voudrais relever la question qu’il posait aux chrétiens : « Qui de Moise l’Egyptien ou de Jésus le Nazaréen ment ?" Le premier sous les ordres de son dieu ordonnait l’extermination des autres tribus et l’autre la paix entre les hommes. « Dieu quand il a envoyé son fils, aurait-il oublié ce qu’il avait dit à Moïse en tête-à-tête ? Aurait-il changé  d’opinion et ainsi renié ses propres lois ?"

Nous voyons que depuis son origine les hommes ont rejeté cette fable et aujourd’hui ils continuent, plus nombreux qu’auparavant, surtout les religions qui en découlent.
Les croyants se défendent comme des beaux-diables et ne vont même pas jusqu’à imaginer que certains d’entre les hommes, comme cetains ici, pensent que ce Jésus de Nazareth n’a même pas d’existence réelle.
Tout comme Tintin (et Milou)

(1) La destruction du Temple prévue quarante jours après sa mort, mais qui n’a jamais eu lieu à cette date a posé plusieurs questions à certains chrétiens et insufflat en-eux le Grand Doute.