30 octobre 2007

EN AVANT ARCHE

3237e1b02a7510ece8566d9726f0cda7.jpgEn avant Arche.

Les quidams que nous sommes pour le moins dubitatifs sur ces événements. Si l'on regarde de haut ce qui se passe, on devrait s'apercevoir que le seul but est de sauver des enfants, qui sont promis à un avenir très sombre pour ne pas dire pas d'avenir de tout. Que les dirigeants de cette ONG outrepassent la ligne blanche, c'est évident. Qu'ils aient été un peu légers avec "l'administratif " c'est de plus en plus certains. L'enquête de l'Unicef, du HCR et du CICR concluait que la plupart des enfants sont tchadiens et pas orphelins alors qu'il était annoncé comme provenant du Darfour. Qu'il y ait là- dessous au départ, comme stipulé dans leur charte, une adoption à la clé, c'est vrai. Mais que Idriss Déby instrumentalise cette affaire il n'y a encore moins de doute.
Devant le malheur réel de ces enfants, ce type qui n'hésitait pas à enrôler des gamins de 8 ans dans son armée (rapport documenté de Human Rights Watch) ne devrait pas un être un donneur de leçon en ce qui concerne l'enfance dans son pays. Et lorsqu'il parle de "trafic pur et simple", de "prélèvements d'organes", de "pédophilie", c'est un pauvre mec. Et un agitateur lorsque souligne que ce sont des Européens, des chrétiens qui viennent voler de pauvres enfants musulmans.

Le chef de l'état tchadien se sait en position de force : dans un mois doit commencer le déploiement de l'Eufor, une force européenne  dont 1500 français sous l'égide de l'ONU, chargée de pacifier la région affectée par le conflit au Darfour. Cette irruption dans un conflit régional plus que chaotique ne l'enchante pas et il se sert de ce fâcheux épisodes pour peser sur la politique de cette force d'intervention, en premier lieu la France.

En 2006,  son parrain Mouammar al-Kadhafi, (qui ne veut pas d'armées occidentales sur cette région de l'Afrique) l'avait tancer lorsqu'il avait promis d'autoriser le déploiement qui devrait se faire sous peu. Obéissant, il refusa dans un second temps.

Avec entre leurs doigts un nouveau bâton boueux, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, pour qui la solution de la crise du Darfour est une priorité sont donc  obligés de faire profil bas et de désavouer une opération pourtant bien dans leur style, cavalier et médiatique… si elle avait réussi. Aujourd'hui que cette affaire prend une tournure politique, voilà Sarko 1er  qui la désavoue publiquement.
 Rama Yade se trouve sous les feux de la rampe et pourrait bien se brûler les ailes avec cette affaire, car si tous les professionnels et les observateurs de cette épopée tragique soulignent le manque de sérieux de cette expédition, ils soulignent que le gouvernement français et sa diplomatie étaient au courant. Cette dernière a promis d'œuvrer pour protéger les citoyens français détenus au Tchad. Sans succès, même pour les journalistes présents dans le cadre de leur travail.  De plus comment peut-elle ignorer  et son gouvernement que l'Armée de l'air tricolore a transporté plusieurs fois des membres de l'association entre N'djaména et Abéché. Ses membres pouvaient aussi compter sur l'aide ponctuelle des militaires français déployés dans cette région de l'Est du Tchad. IL est vrai que cela était difficile de stopper ce qui n'était qu'un projet.

A souligner également la mauvaise foi des autorités tchadiennes qui de toute évidence connaissaient les tenants et les aboutissants de cette aventure. Le préfet d'Adré, à la frontière du Soudan, d'où proviennent les enfants, ne pouvait pas ignorer les activités de l'ONG, notamment ses virées dans les villages alentours à la recherche d'orphelins.
 Moralité, tout le monde est dans le caca. Et Hollande de sortir de son bureau pour réclamer, et il a raison, que les hommes et femmes retenus  au Tchad  soient rapatriés et juger en France s'il y a lieu.
Cecilia revient, il y a du boulot pour toi !
En effet, échaudés par l'issue  du cas des infirmières bulgares nous pouvons nous demander ce qui se trame derrière tout cela, et quels sont les protocoles commerciaux  ou/et politiques qui sont en jeu ?
Sur le plan humain, il faut bien sûr se soucier du bien être des enfants bousculés mais également des parents d'accueil qui s'apprêtaient à les recevoir. Ils sont morts de trouille, ces pédophiles et trafiquants d'organe. Et, en attendant, 17 personnes (neuf Français, sept Espagnols et un Belge) accusées de trafic d'enfants sont toujours en garde à vue. Parmi eux des journalistes qui faisaient leur boulot et qu'il faut relâcher immédiatement.
Quant à la défense, Me Gilbert Collard qui est toujours dans les bons coups médiatiques, il affirme que : "Il n'y a pas eu d'enlèvements. Ce qu'on peut concéder, c'est qu'il y a eu un irrespect anarchique d'un formalisme humanitaire.
Tout ceci pose plusieurs questions,  mais les deux principales sont
Primo : Les ONG.
Cette péripétie devrait-elle ternir l'image des ONG dans leur ensemble ? Car évidemment dans tout ce remue-ménage que provoque une telle  situation dans les pays concernés, il doit bien y avoir des margoulins qui s'infiltrent.
Deusio : A quel prix et à quel coût peut-on pour une satisfaction personnelle, adopter un enfant ? C'est une autre question annexe soit, mais qui donne lieu à des avis partagés.

Le sort de la misère de ces enfants,  du Darfour ou d'ailleurs, ne devrait passer par leur extraction, mais pour une politique africaine débarrassée de ses  démons, y compris les tyrans qui les manipulent. (Les enfants et les démons)