12 mai 2008

DE 8 MAI EN 8 MAI

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< Ferhat Abbas.

En 1862,  la Cour d’Alger déclare que " tout en n’étant pas citoyen, l’indigène est français ", curiosité juridique qui distingue nationalité et citoyenneté (cité par D.Schnapper, dans La communauté des citoyens, 1994, Ch.4). Malgré quelques timides améliorations le statut de l’Algérien ne changerat guère.

Les médias en général parlent plus de l’anniversaire de la création de l’Etat d’Israël que le 8 mai 1945, date de la victoire des alliés sur le nazisme et encore moins de l’anniversaire des événements d’Algérie qui mirent le feu aux poudres qui aboutirent à sa libération. Il est vrai que d’en parler trop, cela ne cadrerait pas avec la sortie de notre candidat Sarko en février 2005, qui parlait d’inscrire au programme scolaire, « le rôle positif de la présence française en Afrique du nord ». Aujourd’hui, après la mémoire des enfants victimes de la Shoah, idée si farfelue qu’elle fut abandonnée, il voudrait que les enfants apprennent l’histoire de l’esclavage. Sans compter sur le projet d’inscrire au programme l’histoire des religions. (1)
Revenons à mes moutons sacrifiés. Dans ma période, Algérie sur ce blog, j’ai déjà parlé de cette date, ICI ,mais sans les précisions que m’indique ce bon Canard Enchaîné.

Ce jour là, l’Algérie et la métropole fête la victoire des alliés. Le Parti du Peuple Algérien de Messali Hadj, interdit depuis 1939, mais très populaire, a inventé un petit drapeau qui servira de modèle pour l’Algérie future qui sera mêlés avec les drapeaux français et des calicots de militants demandant la libération de leur leader. Ce qui fait tiquer les autorités qui appelleront la cavalerie. A un carrefour, une voiture de flics foncent et arrachent les drapeaux algériens, tirent et abattent un jeune porte-étendard, Bouzid Saal, qui refuse de baisser le drapeau algérien. Une fusillade éclate, les Algériens paniqués et excédés agressent à leur tour des Européens. Parmi les morts, le maire de Sétif et le juge de paix. Les émeutiers se réfugient dans le djebel entraînant leurs morts et blessés. Au bout de deux jours d’émeutes les forces de l’ordre avaient repris les choses en mains.

L’information officielle de ces graves incidents et surtout de la répression qui s’ensuivit a toujours été très discrète. Le gouvernement annonçait toutefois 102 morts européens, dont certains sauvagement mutilés et 1500 algériens tués, les historiens aujourd’hui parlent d’une fourchette de 15.000 et 40.000 victimes algériennes hommes femmes et enfants.
La France coloniale mettait le paquet : 40.000 soldats, les fameux Tirailleurs Sénégalais, qui, il faut le souligner, étaient de vrais brutes, la légion et les tabors marocains et algériens.(2) Les villages « rebelles » seront bombardés par l’aviation et la marine qui frapperont les côtes et leurs habitants que nos braves soldats appelaient les « ratons », « pinsons » ou « merles », seul le premier vocable est resté dans le langage familier chez les racistes, les frontistes et autres colons ou pieds-noirs amers. Les arrestations nombreuses et iniques conduiront certains prisonniers politiques à rester en cabane jusqu’à la libération en 1962.
Pas un mot dans la presse française, les continentaux ignoraient tout. Après le 11 mai alors que la rébellion était matée, la répression continuait. A Guelama, petite ville du Constantinois, le sous-préfet à la tête d’un milice fusille 24 habitants à la mitrailleuse. Lorsqu’enfin le gouvernement intervient, les corps de ces suppliciés seront brûlés dans des fours à chaux. Dans les gorges de Kherata on jette du haut du pont, par grappes, des prisonniers attachés avec des barbelés.
La presse commençât à s‘émouvoir. Il est intéressant de noter que "l’Humanité" assurait alors que les émeutiers étaient des sympathisants nazis !
Après leur condamnation à la suite d’un procès, pour des raisons électorales et de la situation macro-économique, sociale et internationale de cette époque, les assassins furent graciés
L’ONU à peine née n’est pas intervenue. Ni les Américains, ni les Russes

Tous ces faits et témoignages seront recueillis à l’époque par un journaliste américain, Landrum Bolling, qui trouvait la soupe saumâtre et qui a pu consulter les services secrets anglais et américains forcément attentifs. Les témoins survivants confirment dans un reportage sur France 2 qui a été diffusé. A minuit.

Il ne s’agit pas ici de revenir sur la « Guerre d’Algérie » mais de souligner que les gouvernements aux prises avec ces situations, qu’ils soient de gauche du centre ou de droite réagissent de la même manière, une répression féroce sans commune mesure avec les faits initiaux. Cette répression qu’il faut taire, nier.

Le 8 mai 1945 naissait l’Algérie, dans la douleur, les larmes et le sang. Horreurs partagées par les pieds-noirs grugés par le colonat, les grands et gros colons, qui fourniront plus tard les hommes de l’OAS.

De Gaulle à la tête du gouvernement provisoire, clamait quelques temps auparavant, « ll  ne faut pas que l’Afrique du Nord nous glisse entre les doigts pendant que nous libérons l’Europe »
Ben mon colon !
Il faudra attendre le 27 février 2005 pour que, lors d’une visite à Sétif, M. Hubert Colin de Verdière, Ambassadeur de France à Alger, qualifie les « massacres du 8 mai 1945 de tragédie inexcusable. » Cet événement constitue la première reconnaissance officielle de sa responsabilité par la République française.

(1) Ce qui pour moi est une bonne chose, les mômes en découvrant les inepties inhérentes aux diverses confessions, se feront une idée de ce qui les attend en allant au catéchisme, à l’école musulmane ou à la synagogue.  
A condition que les profs soient suffisamment neutres et utilisant le conditionnel, genre :  d’après les catholiques..... et d’après les autres.....

(2) Une constante dans le mouvements de libération, on oppose les autochtones aux autres ressortissants de la région, ceci est valable pour de nombreux conflits de cette nature.

12 décembre 2007

REPENTANCE OU PARDON ?

Bien que ce Président de la République me ressort par les trous de nez, il faut tout même saluer sa position sur le problème de la guerre d’indépendance de l’Algérie qui place sur le bon niveau celui de la colonisation et ses horreurs. D’abord parce que c’est la vérité et ensuite que cela emmerde les droitistes de sa famille politique, lesquels voulaient par la loi imposer une image contraire à la réalité historique. Je connais un peu le problème, d’abord étant sous les drapeaux à cette époque et que par hasard je suis entouré d’anciens d’Algérie, les pieds noirs qui ont devant leur arrachement à leur terre natale souffrent encore et pas seulement de nostalgie.
C’est dire que j’ai regardé sur France 5 « Riposte» de Serge Moati » consacré à ce sujet en ce qui concerne le voyage du Chef de l’état en Algérie. Avec Enrico Macias comme invité d’honneur. Avec Gisèle Halimi et Marc Ferro qu’on ne présente plus, Slimane Zeghidour, journaliste et écrivain spécialisé sur l'islam et le Moyen-Orient et un certain Bernard Coll, secrétaire général de l'association « Jeune Pieds-noir ». Moatti comme toujours remonté sur ressort a cloué le bec à ce dernier, lequel il faut le dire par son attitude agressive ne sert pas la cause des anciens d’Algérie et des harkis qu’il prétend défendre et représenter. On n’apprends pas grand-chose dans ce genre de débats, mais cette émission un peu mal foutue dans sa gestion des interventions pose quelques questions. Repentances ? Excuses ? Tout est examiné.

"Oui, le système colonial a été profondément injuste" [..] "crimes impardonnables", a déclaré Sarko au premier jour de son voyage et il continue en le disant contraire aux fondements de notre République. Il n’ira tout de même pas jusqu'à présenter les excuses qu'une partie des intellectuels et dirigeants algériens exigent de la France. Et que refuse les nôtres, position défendable, mais curieusement toute la réaction française se range derrière , ce qui laisse un mauvais goût dans la bouche. Et lorsqu’il dit qu’à l’intérieur de ce système colonial il y avait beaucoup d'hommes et de femmes qui ont profondément aimé l'Algérie, avant de devoir la quitter ce qui a donné lieu à des crimes terribles tout au long d'une guerre d'indépendance qui a fait d'innombrables victimes des deux côtés", il a raison.  (1) Ou du moins l’auteur de son discours. Ca va dans le bon sens " mais "ce n'est pas assez", a réagi le ministre algérien de l'Intérieur »

Le problème est donc posé dans cette émission et la réponse unanime est de laisser aux historiens le soin de faire la clarté sur ce passage noir de notre passé et celui des Algériens. Pourtant, il me semble que tout a été dit, mais malheureusement les ouvrages consacré à ce problème ne sont pas lu, ni vulagarisé. Ceux-ci affirment que la colonisation ne consiste pas qu’ à implanter des hôpitaux et à ouvrir des écoles dans les bleds, elle apporte son lot d’injustices et de crimes.

L’ancien monde, notre Europe, était au sommet de sa gloire et de sa force, et pour des raisons économiques et sociales, expansionniste. Elle  a investit et colonisé d’énormes contrées étrangères au nom de la politique et de la religion, lesquels font toujours bon ménage. Ceci toujours par la force et par des crimes. Toute l’histoire des colonisations commence par des ravages et se termine par l’indépendance avec les mêmes massacres. Exemple, les Portugais ont investit l’Amérique du Sud tandis que les britanniques s’emparaient de celle du Nord. Les autochtones ont pratiquement disparus. Les Français se sont installés en Indochine et au Maghreb, avec les conséquences que l’on connaît. Les Ricains se contentant de faire la polie et du commerce.
Je sais, je fais court, c’est pour arriver à l’essentiel, la paix entre nos deux peuples. Pour cela les uns demandent non seulement le pardon, les excuses mais des réparations. C’est alors que tout se joue, le chiffre est trop énorme pour être envisagé, ce quii amène aux harkis, ces traîtres pour les uns, des héros pour les autres
Rien de tout cela, la plupart de ces supplétifs étaient de pauvres Bourges, enrôlés par l’armée française, pour se faire un peu de blé, en aucun cas des héros romantiques qui se battaient pour la France. Certes parmi eux il y avait des hommes qui voulaient que l’Algérie soit une terre française (Pas comme on veux nous le faire croire un Département, tout juste un territoire d’outremer, la Méditerranée cette fois) Lors de la débandade qui a suivit la déclaration d’Indépendance, le gouvernement qui ne s’attendait pas à cela et qui n’avait rien prévu au niveau logistique, fit en catastrophe son possible pour le rapatriement des pieds-noirs, le sort des harkis passant naturellement après. Mais après il était trop tard. La folie des hommes passa par là et ce fut un véritable massacre dans les rangs des « traîtres » à la cause. Ce qu’on sait moins est que cette horrible épisode a eut pour victime de nombreux pieds-noirs qui ne pouvaient pas encore se barrer de ce merdier. Il s’agit pour la France d’aujourd’hui en ce qui concerne les hardis de réparer et de ne pas attendre que les derniers disparaissent comme les poilus de 14. Sarko devant eux, a admis la "faute" de l'Etat français, mais pas la "responsabilité". Pour le fric en verra plus tard. « On a déjà pas de fric pour les Français on va pas en filer à ces "crouillats" dira Mme Michu.

Pour en revenir aux « événements d’Algérie et la contrition que nous devrions afficher, il ne faut pas tomber dans le travers qui consiste à faire passer tous les pieds-noirs comme des victimes innocentes. Les gangs de l’O.A.S. ont eux aussi massacrer des arabes qui ont été toujours des parias, jamais des citoyens comme eux, en Algérie il y avait deux catégories d’individus les citoyens français et le non-citoyens et ce pendant tout l’occupation. Les pieds noirs et les harkis je le redis sont des victimes eux aussi du système colonialiste.
Quant à la présence sur le plateau de Macias un peu gêné aux entournures lorsque lui parle du voyage de Kadhafi, il chausse les bottes du gouvernement. Cet artiste de variétés est admiré le peuple algérien, beaucoup moins  par les puissants du régimes qui ne souhaitent pas sa présence sur le sol algérien à cause des prises de ses positions prosionistes. Interdit sur la terre de son enfance, il les accusent d’antisémitisme à son égard. C’est un trait commun à tous les juifs, on ne les aime pas parce qu’il sont juifs, non pas parce ce sont des cons comme tout un chacun, ou des sionistes invétérés, non par ce qu’il sont juifs. Bon passons.

Je voudrais donc terminer ce billet sur une seule idée, que la vérité historique, bilatérale cette fois, soit établie et reconnue, et que chacune des parties demandent pardon à l’autre.

N.B Pour en savoir plus sur la colonisation de l’Algérie, lire
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1320

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<Les zouaves sont un type d’unité d’infanterie, qui a existé dans peu d’armées. Après la prise d'Alger (1830), ils entrent au service de la France. Peu de temps après, la création des tirailleurs algériens, les Turcos, formés uniquement d'indigènes, change l'origine du recrutement des zouaves, qui deviennent un corps purement français.

(1) Quoique, comment comparer les exactions des uns qui se battaient pour l’indépendance de leurs terres contre une armée moderne avec infanterie et aviation.