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11 août 2011

LA CRISE EN THEME

 

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Peut-on survivre à un krach boursier et à une grave récession ?.

Voici un exemple historique, celui du peuple allemand qui a connu deux guerres qu'il a perdu, qui a subi deux grandes crises économiques, puis est devenu l'un des plus grands pays industrialisés du monde et encore une fois lui aussi dans la tourmente. Il n'y a guère de lien entre cette situation en Allemagne et celle des pays occidentaux actuelle, si ce n'est l’appauvrissement des couches moyennes et toujours du prolétariat, pour emprunter un terme à Marx qui avait tout de même prévu ces cataclysmes récurrents du capitalisme.

Le marasme allemand entre les deux guerres

En 1923 l'Allemagne est en faillite, elle ne peut rembourser ses dettes de guerres et les frais de réparations exigées par les alliés, soit 33 milliards de dollars. La France et la Belgique envahissent la Rhénanie puis la Ruhr en représailles puis se retireront piteusement en 1925. Cette expédition militaire fut l'un des facteurs de la montée du nazisme, elle aggravera le marasme économique et financier allemand et n'enrichira pas les deux occupants.

En 1918, le dollar valait 4 marks et au début de 1923, 7.500 marks papier, en novembre il vaut 4 milliards de dollars !* Ce fut le début d'un fait rare en Europe, une inflation galopante au point où les commerçants afficheront des prix plusieurs fois par jour. La Banque d'Allemagne ne peut plus imprimer de billet et doit surcharger au tampon encreur ceux qui passent entre ses mains.

Les plus riches stockerons les denrées alimentaires ce qui ne fera qu'augmenter les prix. Les entreprises feront passer l'horaire de travail journalier de 8 à 10 (puis 12 fin 1925) sans augmentation de salaire, ce fut l'ère historique de la soupe populaire dans les grandes villes comme Berlin. Les gouvernements ne font que des déclarations de bonnes intentions qui ne rassurent pas les Allemands pour autant et finissent par tomber les uns après les autres.

Deux hommes d'affaires juifs [1] vont insuffler un nouvel élan à l'antisémitisme ambiant en s'enrichissant durant cette période où ils peuvent dépenser 25 milliards de marks pour s'offrir un repas en ville.Mais, ils ignorent la bête immonde qui se dresse dans le pays, en effet à Munich se crée le Parti national-socialiste des travailleurs, dont le chef est un ancien combattant de la dernière guerre. En Bavière, Hitler qui est à la tête également d'une milice, les S.S, tentera un putsch le 9 novembre pour mettre fin au chaos économique politique et social, qui échouera. La police éliminera vingt de ces nazis.

Le gouvernement lance alors une nouvelle monnaie le 'Rentenmarck' et les choses commencent à se stabiliser, tandis que l'extrême-droite influe de plus en plus sur la politique, alors que le P.N.S.T est en pleine déroute.

L' Allemagne commençait à se redresser et soudain ce fut le mardi noir à la bourse de New-York en 1929,krach qui se répercutera jusqu'en Europe. Devant ce nouveau drame qui les touche peu à peu les Allemands jettent l'anathème sur la communauté juive banquiers et échopiers à qui ils reprochent la situation, ouvrant ainsi le chemin à l'antisémitisme d'Etat,[2] en ignorant que ce sont les Krupps, Thyssen et tous les banquiers qui seront les bénéficiaires des guerres et de la nouvelle et insensée inflation qui allait suivre.

Durant cette période le socialisme a échoué, la sociale démocratie également, laissant la place à Hitler qui réussira, avec les moyens que l'on connaît, à redresser en quelques années l'Allemagne. Encore une fois seule la politique a prévalu.

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Le pic de la crise boursière et économique actuelle, qui date elle de 2007/2008, est du en grande partie à la réaction américaine concernant son propre endettement. Obama a trouvé le mauvais compromis que tout le monde craignait, qui rejette le problème à plus tard. Pourtant les données sont simples, elles proviennent du duel entre les Républicains qui n'ont toujours pas accepté les nouvelles mesures sociales, qui en exigent le retrait et les démocrates qui prônent une augmentation des impôts notamment pour les plus riches. Problématique électorale donc.

Sans accord, la confiance disparaît et les spéculateurs font leur sale boulot y compris les agences de notation, lesquelles peuvent d'un coup de gomme plonger, à l'instar de la Grèce, un pays dans la misère la plus profonde.

Sans aller jusqu'à craindre un putsch fascisant ou une bonne guerre capitaliste, son dernier recours, ici ou là, [3] il faut s'attendre à se serrer sérieusement la ceinture et à voir la disparition de la solidarité institutionnelle, qui est déjà enclenchée.

En France

Heureusement nous avons le choix idéal entre tous ces révolutionnaires qui veulent renverser la table et qui se présentent aux suffrages des Français. D'un côté nous aurons le représentant d'une démocratie-sociale bleu-blanc-rouge et de l'autre un social-démocrate rose pâle.

Il ne reste plus à espérer un soulèvement populaire, non plus épars, ponctuel et spécifique qui éclate partout, nonobstant les casseurs britanniques ( et les autres ) qui font le lit de l'extrême-droite, une contestation radicale planétaire qui mènerait à l'établissement d'une démocratie prolétarienne ou dictatoriale, comme le disaient il y a peu nos communistes, pour que la politique la vraie, prenne le pas sur la finance.

On peut toujours espérer.....

Par contre, la mise en place de la taxe Tobin dont Sarkozy est un thuriféraire, devrait freiner les spéculations par son affectation à un fond anti-spéculatif. Il faudrait pour cela un accord de toutes les places boursières donc des instances internationales en la matière pour en fixer le taux. La taxe Tobin a été suggérée en 1972 par le lauréat du « prix Nobel d'économie » James Tobin.

* Chiffres cités dans Marianne. N° 746.

[1] Ces deux industriels juifs furent jugés et condamnées à la prison en 1928.

[2] A noter ce que le racisme anti-immigré bien de chez nous, ne s'adresse qu'aux plus pauvres d'entre-eux alors que les antisémites allemands s'en prenaient d'abord aux plus riches pour finir à les anéantir tous. Les deux facettes du racisme

[2] Avec la Chine, cela arrangerait tout le monde.

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IL JAUNE

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