28 juillet 2009

LE DOGME NAZI

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Mon jeux , le même était beaucoup moinss riche.NAZIU

Lorsque l’aînée de mes petites filles, 16 ans, jette un œil sur ce que je tape, et me demande à qui ça sert de parler d’Adolph, de son ambition européenne et de l’idéologie nazie, j’ai bien du mal à lui répondre. Universitaire, bac +5, une autre de mes filles abonde dans le sens de sa cousine. J’ai bien du mal à ne pas parler de la Shoah et de l’occupation.

A quoi cela sert-il ? A ne pas oublier et à se méfier.

La discussion a été engagée par Pas convaincu* qui estime, ou de ce que j’en ai retenu, que la place de l'antisémitisme dans le nazisme est mineure, et que cela ne tient pas une place centrale dans l'idéologie nazie. Puis, nous apprenons que Goebbels avait en tête un projet fédéraliste pour l’Europe. Rappelons que ce type était ministre du Reich « à l’Education du Peuple et à la Propagande » et que c’était surtout un hitlériste, raison pour laquelle il s’est suicidé entraînant avec lui sa femme et ses enfants.s

Sur le premier point, j’ai retrouvé mes notes et mes sources. Pour le second rien. (à part celles indiquées par notre ami historien/dilettante)
« Mein Kampf » bien entendu et l’ouvrage de Claude David sur cette question ‘Hitler et le Nazisme » (1) Ce dernier nous apprend qu’Hitler s’est inspiré très fortement des livres de Goffried Feder, son mentor économique, un distingué anticapitaliste et antisémite, pour écrire son bouquin, dont les grandes lignes étaient tracées dans le programme du parti National-Socialiste paru en 1927. Directives qu’Hitler délaissera par l’opportunisme qui le caractérise.
Il n’y a pas d’idéologie hitlérienne, ni doctrine, donc pas d’idéologie nazie. Par contre, il y a un seul dogme dans le parti : le racisme, dans le sens strict du mot ; la suprématie et la domination de la race aryenne et germanique. Obsession de l’homme politique qui parviendra au sommet de l’Etat par tous les moyens, tyran qui prendra une place à part dans l’Histoire.

Toute la politique  hitlérienne, y compris étrangère est basée sur l’extinction de la « race » juive en Europe et l’asservissement des peuples « inférieurs » Dès 1933 toute l’énergie de la machine d’Etat est tournée vers l’élimination des juifs allemands, d’abord de la citoyenneté, puis par la déportation vers les camps de concentration dits de travail , (L’espérance de vie y était programmée pour 6 mois) au service de l’économie de guerre allemande. Pour terminer par la nécessité d’une solution finale, les camps d’extermination. Cette industrialisation de la mort en plein effort de guerre apparaît comme une folie d’Hitler que ses acolytes ont couvert.

L’ambition du Führer pour l’Europe était un Grand Reich impérialiste, qui s’étendrait de Brest à Vladivostok. Ses ennemis étaient la Grande-Bretagne à qui il vouait une haine sans pareil, l’accusant d’être sous la domination du capitalisme juif. Et la Russie communiste, dirigée par un Staline qui le fascinait (2) La plaine et l’hiver russes marqueront le début de sa fin, suivit par le débarquement des Alliés en Normandie. Les prisonniers soviétiques subiront un traitement lui aussi inhumain, par vengeance.

Je vous narre une anecdote citée par mon père prisonnier à Dortmund.
Des soldats soviétiques étaient parqués comme des bêtes derrière des bâtiments « confortables» tenus par des Français prisonniers de guerre, qui bénéficiaient des accords de Genève, contrairement aux Russes. Lesquels quémandaient à travers des grilles, qui du pain, qui des pommes de terre ou un mégot. L’un des gardes de la Wermacht, un pépère, les nourrissait en cachette et partageait ses cigarettes. Mon père et ses potes échangeaient de la nourriture contre des jeux en bois pour enfants, que les paysans du Don fabriquaient avec des bouts de rien.
Lorsque les Américains arrivèrent, enfin, dans ce camp, les prisonniers de guerre russes avaient disparus.
La machine administrative, tatillonne des alliés exigeait un laps de temps pour permettre le retour des ex-prisonniers dans leur foyer. Mon père et ses copains ont préféré rentrer à pinces, sans autorisation donc en cachette, à travers champs et forêts, sous l’invective et l’hostilité des habitants excitant le zèle des policiers allemands. Il fit 300 km environ sans rien manger ou presque ou en chapardant des patates gelées. Mais...., avec dans son sac, un plateau multicolore qu’il ramenait pour moi, sur lequel picoraient des poules lorsque l’on tirait par un trou central, une ficelle lestée.

Pour ce qui concerne l’extermination des juifs et autres « déchets » de la société allemande, selon la propagande, ne parlons surtout plus de «faits mineurs» dans la pratique nazie. Ne lisons plus, même sorti de son contexte « J'ai effectivement écrit que "les massacres de juifs et stérilisations de tziganes n'étaient pas au centre de la doctrine nazie". Sinon ouvrons alors un débat sur le négationnisme et son politiquement correct avatar, le révisionnisme. Ce qui a aussi son intérêt.

En ce qui concerne le conflit palestino/israélien, et pour  en parler autrement qu’au bistro, il faut évidemment étudier le problème dans son ensemble et chronologiquement, mais avant tout il faut simplement au départ de toute discussion dite sérieuse, admettre qu’il y a un agressé et un agresseur et qu’il faut que justice soit faite. L’antijudaïsme et l’antisémitisme sont deux autres problématiques
“Le premier geste de solidarité que les Occidentaux pourraient faire envers les peuples israéliens et palestiniens serait de cesser de parler de “la situation” en termes soi-disant neutres et équilibrés et d'oser appeler un chat un chat. Rien n'est plus clair et plus évident que, dans le conflit sur la Palestine, Israël est l'agresseur et l’oppresseur, et les Palestiniens les opprimés »
Ur Shlonsky, maître d'enseignement et de recherche à l'Université de Genève. Un antisémite probablement.

Nier ce premier constat c’est obérer tout crédibilité à son contradicteur.
(1) Presse Universitaire.
(2) Rien à voir avec le mot fascisme.

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Commentaires

Teddy,

Sans vouloir relancer la polémique, la doctrine nazie (pas hitlérienne à proprement parler mais construite par les idéologues du régime) accorde une place centrale à l'idée de 'troisième voie' entre le communisme et le capitalisme, idée qui sera si chère aux fédéralistes européens socialistes d'après-guerre. Evidemment les nazis ont teinté cette notion de racisme, en désignant un communisme slave et un capitalisme juif. Jamais je n'ai prétendu que l'extermination industrialisée était un fait 'mineur', je sais pas combien de fois je vais devoir le répèter.

Le révisionisme n'est pas plus 'politiquement correct' que le négationisme, et tout aussi condamné par la loi. On peut se demander à ce propos s'il est bien normal qu'un juge condamne un historien (spécialiste reconnu du IIIe Reich et soit dit en passant antisémite notoire) qui remet en question les chiffres des victimes des camps avec documents d'archive à l'appui? J'ai pas de réponse, mais ça pose pas mal de questions et un débat sur le sujet serait plus que nécessaire...

Pour le conflit israélopalestinien, je suis pas trop convaincu. En analysant le conflit chronologiquement, qui est l'agresseur? C'est parfois difficile à déterminer... Les problématiques de l'antijudaisme et l'anti-islamisme viennent se greffer sur le conflit et influent l'opinion internationnale, je ne pense pas que l'on puisse les écarter d'un simple revers de la main...

Ecrit par : Pas convaincu | 28 juillet 2009

Il n'y a pas à être convaincu sur l'agression sioniste. Mais depuis quand datez-vous la naissance du conflit, 1947, 48 avant ou après ?
La loi Gayssot est une incongruité dans le paysage juridique français. Objet d'une note sur ce blog
http://atheologie.hautetfort.com/archive/2005/12/29/loi-gayssot.html
La polémique concernant le nombre des victimes de la Shoah est ridicule. Serait-il de 4 milllions que cela ne changerait rien sur le fond.

Ecrit par : Teddy | 28 juillet 2009

"Mais depuis quand datez-vous la naissance du conflit, 1947, 48 avant ou après ?"
Avant, quoique sa nature ait changé.

"La polémique concernant le nombre des victimes de la Shoah est ridicule. Serait-il de 4 milllions que cela ne changerait rien sur le fond"
Bien d'accord avec vous. C'est le fait qu'une querelle d'historiens sans importance soit portée devant la justice qui est par contre inquiétant, pose la question de la liberté du chercheur etc. Un historien ne peut donc remettre en cause la version officielle de l'histoire sans risquer la prison? (j'exagère volontairement)

Ecrit par : Pas convaincu | 28 juillet 2009

Pour un peu nous serions d'accord sur pas mal de chose. En attendant un autre choc.

Ecrit par : Teddy | 28 juillet 2009

Il serait peut-être utile de rappeler que l'extermination des juifs est bien antérieure à la Shoah. La " Sainte " Inquisition est responsable de combien de victimes ?
Le compte exact n'a jamais été fait pourtant il s'est étalé sur des siècles. La seule différence étant que pour les nazis ont était juif une fois pour toute alors qu'avec nos bons cathos, seuls y restaient ... ceux qui ne voulaient pas se convertir ! Par conséquent, pour ceux qui s'obstinent à faire les comptes, quelques additions semblent avoir été oubliées. Ce qui ne justifie nullement le sort qui est fait actuellement au peuple palestinien. Encore une séquelle du colonialisme : d'autres ont décidé de leur sort. Les vieilles habitudes tardent à se perdre.

Ecrit par : réponse aux deux. (S.@) | 29 juillet 2009

@ s.

La différence est dans la systémisation, voire l'industrialisation, de la "peine".
Parleriez-vous de l'Espagne de la fin du 16e siècle? (une fois qu'ils en avait presque fini avec les musulmans) Rien à voir non plus avec cette horreur qu'est une extermination massive, réfléchie, industrielle...

Quant au sort réservé au peuple palestinien, sans me prononcer (j'avoue avoir un peu de mal sur la question... une fois oui... une fois non!) auriez-vous lu l'ouvrage de Koestler, "La tour d'Ezra"? Un point de vue (partial et partiel) sur les débuts d'une "colonisation"... (publié en 1946)

Ecrit par : Pas convaincu | 01 août 2009

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