26 juin 2009
ECHANGE
< Le jeune soldat
Depuis trois ans le sergent Gilad Schalit à la (double nationalité, franco-israélienne) est détenu par le Hamas palestinien. Une manifestation à Bruxelles a été organisée pour demander aux dirigeants européens d’intervenir pour sa libération. La foule arborait des drapeaux européens, israéliens et français. "Ce n'est pas une manifestation, c'est une chaîne humaine de solidarité à l'égard d'un jeune homme kidnappé il y a trois ans et qui devrait au minimum être traité conformément aux lois internationales", a déclaré le président de l'association belge de soutien à Gilad Shalit, Maurice Blibaum. "J'appelle le Hamas à faire preuve d'humanité" (Reuters)
Ce prisonnier n’aurait eu aucune nouvelle de l'extérieur, à l'exception d'une lettre de ses parents transmise par le biais de Nicolas Sarkozy via l'émir du Qatar. Ou trois lettres et un enregistrement vocal, interdisant des visites du CICR ou des proches",
La vraie raison de cette situation est l’échec des négociations d’échanges dirigés par la diplomatie égyptienne (1) du jeune soldat, contre la libération de centaines de prisonniers. Le Hamas, « qui ne donne aucune information gratuitement" s'est refusé à dire si ce prisonnier est encore vivant.
J’ai déjà évoqué ce sujet en parlant de Barghouti (Voir) qui reste en cabane en Israël, sans compter les centaines de prisonniers qui séjournent dans les palaces pénitentiaires de l’Etat « juif ». Femmes et enfants, sans compter les vieux fellaghas. Le jeune soldat enrôlé dans l’armée israélienne qui opérait dans la zone de Gaza, n’est donc à mes yeux qu’un prisonnier de guerre, très précieux certes mais, comme les autres, pour le Hamas. Ses supporters semblent l’oublier. Il n’empêche qu’un peu d’humanité ne ferait pas baisser son prix.
Pendant que le monde entier a les yeux fixé sur l’Iran et les déclarations hallucinées de Ahmadinejad, Benyamin Nétanyahou fait le tour de l’Europe pour y faire son marché et réclamer la libération de ce jeune soldat.
Il a été reçu dans la foulée par Nicolas Sarkozy, puis par Fillon. Mais t, il comptait surtout sur une entrevue avec George Mitchell, l’émissaire américain pour le Proche-Orient, laquelle n’a pas eu lieu. Cette pirouette est ressentie en Israël comme un message courroucé d’Obama. En effet , la décision d’Israël de ne pas geler, pour le moins, l’implantation des colonies en Cisjordanie irrite la Maison Blanche. L’entourage du Premier ministre israélien s’est empressé d’expliquer que le report était de son initiative
Sarkozy et Nétanyahou partagent la même ligne «dure» sur l’Iran et en particulier sur le dossier nucléaire. Mais les diplomaties occidentales restent pour l’instant suspendues au bras de fer en cours à Téhéran. Elles pensent que le succès affirmé d’Ahmadinejad active la trouille de la population israélienne. La victoire de l’opposition laissait espérer l’abandon du programme nucléaire toujours soupçonné de « virer » vers une arme nucléaire.
A l’Elysée les sujets qui fâchent furent bien sûr abordés: la colonisation, le processus de paix, l’avenir de la bande de Gaza, son blocus et la poursuite de l’annexion de fait de la Cisjordanie. «Nous n'acceptons pas les subterfuges israéliens consistant à déguiser leurs constructions sous le prétexte de permettre une croissance naturelle des colonies», insiste-t-on au Quai d'Orsay. De vrais durs ! La proposition sarkosienne d’une conférence internationale de paix, ne plaît ni aux Israéliens ni aux Américains. Seul, Poutine est pour !.
Une de mes amies m’a offert un gros pavé de Shlomo Sand (2. .....qui tout au long de son ouvrage démontre avec clarté que la demande d’Israël pour concéder à la création d’un Etat indépendant, (avec des conditions inacceptables que l’on connaît) de reconnaître la judaïcité de l’Etat d’Israël aux Palestiniens, n’est pas crédible. Il affirme avec d’autres historiens et universitaires israéliens, que le peuple juif n’existe pas et que les Palestiniens sont les vrais descendants des juifs de l’époque. Paragraphe par paragraphe il accuse les sionistes d’avoir figé dans la mémoire collective israélienne une version erronée des faits pour des raisons politiques. Sujet déjà évoqué ici.
Des adversaires de ces thèses vont jusqu’à reprendre les idées racistes du 19 ème siècle en recherchant, entre les juifs d’aujourd’hui venant des divers horizons, des gènes communs. Sans succès d’ailleurs. Des pionniers du sionisme primitif parlaient de « lien du sang ». Dans l’Histoire, qui ne sait pas tricher, elle, on ne trouve par exemple aucune des traces d’Exil d’Egypte et de la dispersion des juifs par Rome. L’empire avait autre chose à gérer que de chasser des centaines de milliers de cultivateurs d’une petite province, qui déjà s’accrochaient à leurs oliviers. Les conversions forcées, (le judaïsme à été lui aussi prosélyte dans l’histoire), les mariages mettent fortement en doute la pureté ethnique affirmée par certains, d’une communauté religieuse disséminée dans le monde.
Je ne vais pas développer les arguments en béton du bouquin, mais cela conforte l’idée que cette condition exigée par Nétanyahou est soit le renouvellement continuel d’un mythe, soit un subterfuge.
Imaginons les juifs israéliens admettre qu’ils n’ont rien de communs entre eux, sinon une légende savamment entretenue et que l’Etat d’Israël n’a rien de juif ou d’hébreu. Ils s’apercevraient que leur pays est non seulement une théocratie « artificielle » mais certainement pas une démocratie et que la politique menée, basée sur des mensonges mène directement à un apartheid. Ce que l’on commence à entrevoir.
Je vais arrêter ici de m’en prendre à la politique d’Israël car, je vais recevoir une bordée d’injures du genre : Antisémite.
Je termine en signalant que l’auteur du livre en question n’est pas du tout antisémite, pas plus que moi d’ailleurs.
Et je ne parle pas de la véracité des mythes, métaphores et emprunts de la Bible, car en plus d’être traité d’anti-juif primaire, je risque d’être accusé de sectarisme.
(1) Selon un sondage publié par le quotidien israélien Yediot Aharonot, 69% des juifs israéliens sont d'accord pour libérer des Palestiniens, même s'ils ont commis des attentats meurtriers, en échange du soldat. 28% sont contre et 8% sans opinion.
(2) « COMMENT LE PEUPLE JUIF FUT INVENTE » 446 pages. Fayard. 2009

18:07 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : schalit, palestine, israel, échange, bibi





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Commentaires
Tiens... c'est toi sur la photo ? On dirait que t'as l'air plus jeune...
Je suis entièrement d'accord avec toi et ta thèse : il est malheureusement impossible, faute d'écrits, de retracer 2000 ans d'ancêtres ! Mais cette supercherie a commencé quelque part : quand, pourquoi...
Ecrit par : John | 26 juin 2009
Celle du haut ou du bas !!
Ecrit par : teddy | 26 juin 2009
Du bas naturellement ... sauf si tu veux être pris pour un faux juif !
Ecrit par : John | 26 juin 2009
Teddy... et l'art de ne jamais répondre !
Ecrit par : John | 27 juin 2009
2 réflexions sur cet échange.
1. Dommage qu' Israël ne mette pas autant d'empressement à respecter les lois internationales qu'il n'en met à réclamer leur application quand cela l'arrange.
2. Comme je l'ai écrit précédemment, le Hamas commet une erreur en estimant qu'un soldat israélien vaut 500 à 1000 palestiniens.
Ce qui mène de facto à une "hyper-inflation" de la valeur d'une vie juive et tout aussi de facto à une hyper-déflation de la valeur d'une vie palestinienne.
Et donc si les palestiniens ne valorisent pas leur propre vie pourquoi les israéliens le feraient-ils à leur place. Voir d'ailleurs le dernier conflit en date.
Une rupture salvatrice, mais un pari ethique serait donc de considérer : une liberté contre une liberté.
Répondre somme toute à une question du Talmud : "qui te dit que ton sang est plus rouge que le sien ?"
Ecrit par : Pierre Kubick | 27 juin 2009
Pourquoi croire ce bouquin et pas la Bible ?
Ecrit par : alberto | 27 juin 2009
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