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20 décembre 2007
UN CHANOINE NOUS PRENDS POUR DES MICKEY

La démocratie, nous le savons, à quelques défauts dont celui de plonger les citoyens dans une campagne électorale continuelle. Aux responsables en charge de se maintenir à tout prix et par tous les moyens, y compris les plus démagogiques et populistes.
La Vème République vient encore d’accentuer cet état de choses en instituant un régime quasi présidentiel par l’élection du chef de l’état au suffrage universel. Une constitution crée sur mesure par Michel Debré pour le « Général sauveur de la France ». Ses successeurs avec plus ou moins de bonheur la personnaliseront. Ils utiliseront les médias pour se maintenir au pouvoir en suivant la voie tracée par le Grand Charles. Les médias traditionnels, la presse puis la radio et la télévision, deviendront soit des alliés, soit des contre-pouvoirs. Le déboulonnage de Nixon par deux journalistes de base en est un parfait exemple.
Depuis le début des années 1990, l’amateurisme fit place au professionnalisme, au coaching politique, d’abord aux USA puis en Angleterre. C’est le règne de la communication (sous d’autres temps on appelait ça la propagande) des fameux speens doctor’s qui conseillent les candidats et qui les lancent comme une marque de lessive, selon des méthodes du marketing industriel. Les fameuses fioles brandit à l’ONU pour justifier l’invasion de l’Irak qui se sont révélées vides, sont l’un de leur chef-d’œuvre. Tony Blair, cornaqué par un pro, a utilisé ces méthodes pour relever le Labour en le rebaptisant New-Labour. En France la campagne électorale de Sarkozy, et celle de Ségolène, sont des signes flagrants du règne de la communication.
Depuis le 6 mai 2007 nous sommes en plein dans cette atmosphère. Une rupture véritable celle là, que ce m’as-tu-vu à l’Elysée a fait, il régente tout, surtout son gouvernement en appelant à ses cotés un Kourchner aussi cabot que lui. Il met en scène sa vie privée qu’il gère selon l’instant, une fois interdite et une autre fois ostentatoire.
Pour certains cela fait moderne, les pieds dans la rue, les algarades avec les marins pêcheurs. Pour d’autres le tutoiement, les mains sur le bras, les coups d’épaule et les claques dans le dos des confrères étrangers gênés aux entournures devant cette familiarité, cela fait un peu vulgaire sur les bords. Grand communicateur, il meuble l’agenda politique et efface par un coup médiatique l’humiliation que vient de lui infliger un Kadhafi radieux encore plus imbu de sa personne que lui. On efface, le peuple n’a pas de mémoire.
Tout est calculé dans son action, une équipe est derrière lui pour le piloter et tente d’allier son caractère, son programme et les exigences du marketing, les usagers étant maintenant des électeurs. En effet tous les termes sont empruntés aux méthodes de ventes modernes. Dans le contenu de ses écrits, propos et discours, chaque mot est pesé ainsi que chaque phrase et leitmotiv. Chez lui pas de verbe miterrandien ou gaulliste, mais celui du show-bizz. Dans ces interventions, pas de négation :«C’est pas comme ça que ça marche!», tutoiement collectif «à la Coluche» «Attends!», expressions familières «Les Français ne s’attendent pas à ce que je distribue des cadeaux de Noël».
Mieux encore, cette fois sans mise en scène, au « cul du camion », à un marin qui l’insulte en raison de l’augmentation faramineuse de son salaire, le voilà qui bégaie «Qui a dit ça? C’est toi qu’a dit ça? Ben descends un peu le dire, descends un peu A Moscou, il tutoie Poutine qui lui répond par le vouvoiement au «président français» et donne une conférence de presse bourré comme une queue de pelle. D’où la nécessité du coaching
Que reste-t-il de lui depuis son élection ? Des images du Fouquet’s, la croisière à Malte, sur le paquebot de Bolloré, ses luxueuses vacances américaines offertes par de riches copains, les sauvetages d’otages, ses démêlés conjugaux et la catastrophique visite de Kadhafi, sa Rolex.
Et la dernière, qui ne restera pas dans les annales, mais qui qu’il faut relever sur une blog laïque, Sarko se déplace au Vatican, avec Jean-Marie Bigard dans ses valises, (pas l’ombre d’une chanteuse de salon).(1) Selon l'Elysée, ce sera "l'occasion pour le président de redire son respect et son attachement, non à une religion en particulier (...) mais à la question spirituelle, puisqu'il a toujours considéré qu'elle était au cœur de la vie de nos concitoyens, quelle que soit leur confession". Ce qui revient à dire que les athées, qui pensent le contraire, sont des cons. Mieux encore, Sarko président d'une république laïque, a qualifié de "déterminante" la part du christianisme dans l'identité nationale françaises. Pourquoi ne pas l’inscrire dans son mini-traité d’union européenne (une resucée de premier que les français ont refusé) Ce pratiquant épisodique de la messe avait dit tout le bien qu'il pensait de la foi. "L'important, c'est d'essayer de croire en Dieu", glissait-il en 2004, lors d'un déjeuner au ministère de l'Intérieur. Et de se prêter aux guignolades cathos, il sera fait « chanoine d'honneur de Saint-Jean-de-Latran ». Mitterand et Pompidou ne sont pas donnés en spectacle par peur sans doute du ridicule. Rappelons que le Président est aussi coprince d'Andorre ! Encore une partie de plaisir.
La presse étrangère n’est pas tendre avec ce président que le Financial Times qualifie de néo-conservateur en peau de lapin, de qui on ne doit rien attendre de cohérent dans sa conduite des affaires. Les médias africains n’en parlons plus. Au Maghreb, les journaux ne sont pas tendre et considèrent que son projet d’union méditerranéenne est un mirage et une coquille vide, une manière d’écarter l’entrée de la Turquie dans l’espace européen en tant que membre à part entière. Al–Hayat enfonce le clou en imprimant « Que ne ferait-on pas pour avoir l’honneur insigne d’être invité à la table du maître du monde ? Sarkozy et Bush étaient appelés à se croiser, car le premier monte et le second dégringole »
Et entre toutes ces pitreries, l’application des « directives du MEDEF». On n’est pas dans le caca.
(1) Va t-il demander au Pape, l'annulation de ses deux mariages comme une vulgaire Grimaldi ?
P.S Dans ma prochaine note je vais me pencher sur ce faux-cul de Bolufer. Je ne trouve pas le mot aujourd’hui pour définir ce mec.
16:56 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, religion, sarkozy, vatican, chanoine




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