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28 septembre 2007
UN COUP DE BLUES
Chaque année vers la fin de l’été un copain organise dans sa propriété un méchoui et invite ses copains et les copains des copains. Chacun y va de son écot et amène, qui à boire, qui à manger. Le tout dans un domaine ou une, « campagne » comme l’appelle les gens d’ici, coincée entre terre, mer, vignes et pins. Ce soir là ciel était noir et les étoiles étaient au rendez-vous, à 11 heures il faisait encore 25 degrés. Tout notre petit clan était présent et chacun pu reconnaître ici ou là une vieille connaissance et de ripailler ensemble.
Outre le mouton, l’attraction était la prestation d’un combo local de blues, qui ma foi est de bon ton. Notre hôte, harmoniciste, accompagnait un vétéran américain du blues dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom, mais fut sidemen dans le groupe d’Eric Burdon.
Une belle soirée en perspective, beaucoup de monde, de la bonne musique, de quoi baffrer et se distraire. Au milieu de cette foule alors que je m’approchais pour prendre quelques clichés soudainement je fus l’objet d’une attaque de métaphysique. En observant le ciel pour régler mon APN, j’aperçus une étoile au milieu de milliers d’autres et d’un seul coup je me suis demandé ce que je foutais ici, non seulement dans un coin qui ne m’a pas vu naître (je suis né à Paris de parents parisiens) mais sur cette foutue terre. Pendant un moment je m’aperçu de mon existence, j’étais seul, ce qui n’est pas très grave, mais UNIQUE devant l’infini. J’avais laissé tomber toute ma mémoire derrière comme on déconnecte la mémoire d’un P.C et ne gardais que le système. Plus rien d’autre que moi, à poil, et pendant un quart de seconde j’ai pensé à Alberto et son improbable certitude. Il n’y avait rien entre ce moi et le néant et c’était très bien ainsi. Sans personne, un moment ça fout un peu la trouille qui se dissipe d’ailleurs rapidement. J’étais serein, en « état de grâce ». Mais revenons à notre mouton.
C’est à ce moment que mon appareil me lâche et m’arrange dans le noir pour remettre la molette de sélection dans son logement. J’men fous, j’en ai un autre et celui-ci est sous garantie. Bon, et rebelote une nouveau raid m’assaille. Que foutaient tous ces gens ici, et pourquoi. Et que je parle, que je me marre et mange de cette pauvre bestiole qui continuait à rôtir, les cuisses écartées, sur des flammes d’enfer. Je cherchais le dénominateur commun, vertical, horizontal et même diagonal qui les relie. Et j’ai trouvé : l’instinct de reproduction, le coït pour faire scientifique, pas comme des bêtes mais presque. Une obstination, une seule raison d’exister, effet en cas d’empêchement ou en attendant, les êtres humains utilisent des subterfuges, les adolescents et les autres prennent leur courage à deux mains, les homos font semblant et les plus vieux ne font que se rappeler. Les femmes stériles utilisent tous les moyens de la science moderne pour être mères et dépensent des fortunes, tandis que d’autres pratiquent l’adoption au même prix.
Bref c’est la seule raison de vivre.
Et les dieux dans tout çà ? Inutiles. C’est à se demander pourquoi alors toutes ces foules qui se prosternent dans la journée et le soir s’adonnent à des jeux que la décence m’interdit de préciser ici. Décence ou morale judéo-chrétienne, ou pruderie catholique ? Allez savoir.
Revenons encore une fois à notre mouton qui maintenant n’était plus qu’une carcasse que les fourmis commençaient à nettoyer. Ce fameux copain, qui parmi ses qualités à une connaissance imposante de la musique anglo-saxonne et autres, ainsi qu’une collection de Vinyles époustouflante, me présente le leader de son groupe. Dans un sabir franco-américain et traduction latérale, je me présente comme « le président directeur général des fans clubs mondiaux de Lite Richard, tout en rigolant, le voilà qui me dit avoir tourné avec lui en 1969 dans une tournée européenne. Du coup, on trinque avec un picrate rosé du coin tiré d’un tonnelet, ce que je fais que très rarement, dans une communion fraternelle, « A la santé du blues et de Petit Richard ! »
Quelques instants après, je rejoins ma petite bande et j’entends mon nom au micro. « For Teddy : Lucille ! » Ca mérite une photo même loupée avec cet appareil de m…...Comme quoi il n’y pas que la « baise » dans la vie.
Mais pour terminer cette super soirée, une excellente conversation avec un inconnu, professeur de philosophie à Montpellier, qui connaissant l’existence de mon blog et de son contenu, par l’intermédiaire d’une amie, me parle de neuroscience et foi. Je le renvoie à une ancienne note aujourd’hui disparue.
En voici l’essence. Les diverses parties du cerveau ont une fonction, trier les informations et les distribuer ensuite à l’ensemble. Les neurologues ont découvert que pendant la prière intense, (pas celle du soir pour faire plaisir à maman et au bon dieu) l’hippocampe bloque toutes les informations. Résultat, les autres parties du cerveau sont inactivées, notamment dans le lobe pariétal qui est le siège de l’orientation qui permet de ressentir les limites du corps, le temps et l’espace. D’où l’impression d’éternité et d’infini. Rien de surnaturel, car on peut éprouver la même sensation en écoutant Miles Davis ou en contemplant une étoile. C’est ce qui m’est donc arrivé ce soir là.
Par contre, pour le sentiment religieux un neurologue de San Diego, par IRM a localisé son siège derrière l’oreille dans le lobe temporal. En effet, chez certains épileptiques le seul nom de dieu provoque transe mystique et vision divine. St Paul, épileptique selon ses propres dires, aurait ainsi reçu la voix de Dieu, (Ou de Gabriel) comme Jeanne d’Arc. Reste à savoir si c’est l’activation du module qui crée l’apparition ou la vision qui provoque le module. Et bien l’expérience prouve que c’est la stimulation qui engendre le sentiment de la présence d’un être surnaturel. Des croyants y voient là, la preuve de l’existence de Dieu ce qui fait rire les neurologues. Le créateur aurait donc oublié de me doter de ce module ?
Pour revenir sur terre et détendre l’atmosphère, je vous propose d’écouter un petit morceau de musique. Bon ! Mais lequel ? J’ai l’embarras du choix car je viens de réaliser un sacré boulot, collectionner les titres de mes chanteurs et musiciens préférés en MP3 ou Wav. Parmi lesquels certains vinyles remasterisés avec AUDACITY (Logiciel indispensable et Gratuit) 3.000 titres pour 10 GO. Et encore il me reste de compiler le Jazz et toute la musique d’Afrique, d’Amérique du Sud et des Iles.
Alors au hasard, un petit Bob Marley roots : « Jungle Fever » (Rare track !)
17:30 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : société, métaphysique, infini, foi, dieu, croyances





Commentaires
Article très sympa et qui fait rester quoi avec la musique à la fin. Un peu de mélancolie dès le matin t'es pas sympa, bon j'vais pas dire que je m'étais levé d'une meilleur émotion, mais c'est pour la forme ;)
Ca doit être sympatoche de rencontrer IRL une personne qui lis ton blog et que tu ne connais pas. Teddy, c'est le début de la gloire. Va falloir en faire un bouquin et tout le touin touin ;)
(Audacity c'est génial)
Ecrit par : Ellaurenzovfoot | 29 septembre 2007
C'EST QUI CET IRL ?
Ecrit par : teddy bear | 29 septembre 2007
Excellent article teddy, je ne connaissait pas cette expérience! Enfin c'est une raison de plus pour rester dans notre paisible athéisme (culte du diable pour alberto)...
Ecrit par : David | 30 septembre 2007
BRAVO TED ça c'est romantique, stylé et émouvant.
La petite étoile à fait son boulot, mais il y a balbutiement
d'interprétation; l'état de grace n'est peut-être pas toujours due à des connexions neurologiques. une nouvelle essence est entrée dans ton texte, continue comme ça, et fouille un peu au delà de tes convictions établies.
Ecrit par : ROMAIN | 30 septembre 2007
IRL= In Real Life
Ecrit par : Ellaurenzovfoot | 01 octobre 2007
(beau coup de blues)
Ecrit par : Charl' | 01 octobre 2007
Un mouton crucifié, brulant aux enfers et mangé un soir de ramadhan ... il y a de quoi consulter les étoiles .
JC et Allah ont dû trinquer ensemble et se raconter des blagues... Mais c'est Lucifer qui à rit le plus fort;
car tous les deux s'en sont nourris "de la bête"
le texte m'a séduite, j'aime bien ta spontanéité !
Ecrit par : FAFAF | 02 octobre 2007
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