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26 août 2007

LE MONDE EST PETIT

 

08c31c0c4e4e90b8a37bf5b705acdf2e.jpgLe monde est petit. J’étais hier avec ma smala au Cap d’Agde, un centre aspirateur de pognon via carte bleu, attablé devant des boissons à 5 €, car les  commerçants se dépêchent de nous prendre pour des Américains. Juste à coté de nous un couple d’étrangers ( des vrais…des Suisses) sirotant qui, un sirop d’orgeat, qui, un thé à la fleur de pissenlit, dont le mari commentait avec parcimonie sa lecture du « Temps ». Nous étions là, tranquillous à regarder les bateaux amarrés qui ne sortent qu’une fois par an étant donné le prix du carburant, lorsque j’entendis notre petit suisse dire :

-         Y en à qui n’ont pas de chance, en Israë des colons y-z-ont perdu toutes leurs économies qu’ils avaient placé dans l’immobilier, parce que le promoteur les a laissé tomber.

-         Pourquoi donc ?

-         Près de la faillite.

-         Et pourquoi donc ?

-         A cause de la justice qui dit qu’ils n’avaient pas le droit de faire construire ici.

-         Et pourquoi ?

-         Parce que c’était chez les arabes.

-         Les pauvres.

 Je ne saurai jamais si elle pensait aux Palestiniens ou aux pauvres colons. Négligemment le monsieur en se levant laisse son journal sur la table, et tout aussi négligemment je le barbote et l’ouvre. Page 7 un long article sur ce millier de colons ruinés. Le promoteur, le plus important d’Israël, grâce à une magouille dont personne n’était dupe, bâtissaient à tours de bras de jolies petites maisons pas chères sur les territoires occupés, volés aux paysans palestiniens (Il paraît que c’est interdit).

 En janvier 2006, patatras, la justice donne raison à l’organisation « la Paix Maintenant », un ramassis de traîtres à la solde de l’Iran probablement, qui avait porté plainte. Tout le monde là-bas connaissant le truc qui consiste à vendre des terrains soit disant achetés à de pauvres paysans, lesquels tombaient des nues. Il a fallu que se soit un organisme social qui porte le «pèt» et obtiennent justice, mais par la Haute Cour, c'est dire combien de plaintes du même genre traînent encore dans les tiroirs. Le patron de cette escroquerie, incapable de finir les travaux, est en fuite, tandis que la concurrence se bagarre pour enlever le morceau qui reste. Bien, mais en attendant tout le monde plaint les pauvres gogos israéliens, en oubliant les pauvres mecs qui n’ont plus de terrain. La question se pose, puisqu’il s’agit d’un vol, faut-il non seulement que le coupable soit puni, ainsi que tous ses complices, (et çà peut aller très haut), mais ne faudrait-il pas qu’ils soient indemnisés, juste après avoir retrouvé leurs biens avec des ces baraques dessus (voir la photo. A gauche les ouvriers, Arabes bien sûr).

 Lorsque l’on demande aux pauvres colons cocus et volés eux aussi, s’ils sont conscients de participer à la colonisation de la Cisjordanie, ils répondent « Non, nous n’y avons pas pensé ». Un autre, illuminé et cité dans le journal, par contre voulait s’installer ici pour des rasons politico-religieuses et est très mécontents.(1)

 Et c’est là où c’est grave, car bientôt tout le monde aura oublié qu’Israël, non seulement occupe des territoires illégalement, mais petit à petit les annexent par le vol pur et simple.

 Quant aux Gazaouis pris entre deux feux, l’un qui entretient la famine, l’autre la disette, ils pourront bientôt retrouver l’usage de l’électricité après six jours de coupures, -près de 700.000 Palestiniens étaient touchés-. L'UE avait suspendu son financement du carburant destiné à la centrale car elle soupçonnait le Hamas, au pouvoir depuis la mi-juin dans la bande côtière, de vouloir s'approprier une partie des recettes de l'électricité. Les coupures ont commencé lorsqu'Israël, alléguant des menaces contre la sécurité, a interrompu le passage du carburant vers la Bande de Gaza. Aujourd’hui elle reprend et partiellement le financement. Elle avait reconnu dans un premier temps, sans explication avoir omis de payer la facture à la société israélienne d’hydrocarbures qui fournit le fioul. De son côté, le Hamas s’est dit prêt hier à garantir sa non-ingérence dans les affaires de la compagnie d’électricité.

 Non seulement Gaza est une prison à ciel ouvert mais le fournisseur de jus est en Israël. Les matons sont donc à la «cantine»

 Mon Coca (jamais de Pepsi) avait un drôle de goût ce jour là. J’ai revu mes deux Genevois au parking, j’ai fais un petit signe de tête, manière. Qui peut se soucier de ce qui se passe là-bas, à part moi sur ce blog déserté pendant ce mois d’Août.

 (1) Mais regrette tout de même la spoliation. Mieux encore, il était alléché par les promesses des vendeurs concernant l’érection les barrières anti-terroristes (ou les pauvres pécores qui voulaient récupérer leur bout de terrain) et surveillées par une milice.

 

 

Source : « Le Temps » 22 août 2007 Genève.

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