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29 juin 2007
DON DE SOI
En attendant un sujet sur la mort, la métaphysique et la métempsycose comme je le promettais, une petite introduction : la greffe perpétue-t-elle la vie et trompe-t-elle la mort ? (sujet du bac de philosophie en Juin 2012)
Le 22 juin était la journée de sensibilisation de la population pour le don d’organes. La loi de bioéthique de juillet 1994 adopte le principe du consentement présumé.
Toute personne est considérée consentante au don d'éléments de son corps après sa mort, en vue de greffe, si elle n'a pas manifesté son opposition de son vivant. La loi donne donc le droit de décider personnellement et si le défunt est un enfant, seuls ses parents ou son représentant légal sont autorisés à consentir par écrit au don d'éléments de son corps en vue de greffe.
Or, il se trouve que je suis concerné par les deux aspects de la chose, le prélèvement et sa greffe. Ce qui me donne un certain droit de parole pour émettre un avis sur la question
Prélèvement
Au décès de mon fils, tout juste majeur, aucun médecin dans le droit fil de la loi, ne m’a demandé une chose pareille. Par contre je suis persuadé que mon enfant aurait, bien que cela soit loin de ses pensées, accepté un don de ses organes lors de son lointain, lointain décès. Sur le moment cela doit foutre la trouille mais, je connais ma réponse si elle m’avait été posée, mais ignore celle de sa mère j’aurai di oui. D’ailleurs, j’espère que des prélèvements ont été fait, le seul «truc» qui me gêne c’est que j’aimerais simplement l’avoir su. A notre mort notre corps ne nous appartient plus, pas plus qu’à la famille, il appartient au néant. Aujourd’hui grâce à la science et malgré les interdits religieux à peine levés, la science nous permet de l’utiliser pour sauver des vies humaines.
Greffe
Deuxième expérience : ’un de mes meilleurs amis, un gitan pur sucre très croyant, un peu témoin de Jéhovah sur les bords version brute, l‘avant-veille de sa transplantation me demandait mon avis et me faisait par de sa grande peur devant sa mort bien entendu, et devant le fait d’avoir dans sa poitrine le cœur d’un autre certes mais mort, lui. Sans cette transplantation, il était condamné, l’instinct de conservation et nos réflexions l’ont poussé à rentrer à l’hôpital dans le service qui l’attendait anxieusement .Deux ans après toujours sous constante surveillance, il va à la pêche en mer et ne parle plus à sa dame patronnesse qui n’était pas d’accord sur sa décision. Par contre il rejoue de la guitare aussi mal qu’avant.
La position religieuse
Au nom de la solidarité ou du combat pour la vie, de nombreuses confessions religieuses ont pris position en faveur du don d’organes en vue de greffe. L’église catholique l’admet dorénavant, bien après le protestantisme, non sans combats d’arrière-gardes comme elle le fait aujourd’hui au sujet de la recherche sur les cellules souches et leurs cultures in vitro.
Pour l’Islam, il n'est pas permis au mourant de léguer ses organes pour un éventuel prélèvement après la mort. (D’après un Djadîd). Malgré que ce sujet soit sérieux je ne peux m’empêcher de citer un extrait d’une fatwa plutôt « terre-à-terre : « Il est interdit de prélever un organe vital (comme le cœur, par exemple) d'une personne vivante pour le transplanter sur une autre » Heureusement l’Islam vivant, peu à peu, admet lui aussi le prélèvement d’organes. Mais, ergote encore sur le fait de savoir s’il faut que la chirurgienne porte le voile ou non.
Pour le judaïsme, le corps d'une personne décédée, étant donné qu'il a accueilli une âme sainte, doit être traité avec un respect extrême. Chaque partie du corps doit être enterrée, ce qui explique les images éprouvantes de ces Juifs religieux qui recueillent après chaque attentat terroriste la moindre parcelle de chair et la moindre trace de sang pour les enterrer. Ce qui est interdit, c'est de faire un don à une " banque d'organes ", là où il n'y a pas de receveur spécifique et immédiat. Il est également exclu de faire don d'un organe pour la recherche médicale ou pour permettre aux étudiants en médecine de se livrer à des dissections. La morale hébraïque met en garde les personnes aux prises avec ces problèmes en arguant l’explication suivante, « pour pouvoir disposer d'organes aussi frais que possible, les médecins sont parfois tentés de les prélever sur les patients avant qu'ils ne soient vraiment " morts " au sens de la loi juive » On n’en sort pas.
Exception : « La cornée et la peau constituent en fait deux exceptions pour lesquelles des solutions alternatives ont été trouvées […], car à certains égards, une personne frappée de cécité est considérée comme morte ». Que d’ergotages !
Toutes ces précisions sont une bonne introduction pour mon prochain papier un peu philo-philo : la mort et partant de là, celle du christ et sa résurrection dans un second temps. On ne va pas trop se marrer.
11:55 Publié dans PHILOSOPHIE RELIGIONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dieu, religion, jesus, resurrection, mort




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