15 mars 2006

A LA VEILLE DES ELECTIONS EN ISRAEL

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Cela ne surprend personne, l’armée d’occupation israélienne a tenté un coup de force sur la prison de Jéricho, ville située dans la zone palestinienne. Le but officiel était d’extraire le chef du groupe radical FPLP Ahmed Saadat et trois autres membres détenus pour l'assassinat d'un ministre israélien en 2001*, sur ordre d'un tribunal militaire palestinien en avril 2002.
Israël aurait eut vent de la décision palestinienne de les libérer sur intervention de Mahmoud Abbas. Lequel en réalité redoutait son assassinat par Israël et demandait pour ce faire une décharge du FPLP.
Etant donné la force de l’attaque à laquelle nous avons pu assister, blindés, plusieurs dizaines de jeeps, hélicoptères survolant le site, l’on peut se demander si cette attaque n’était pas une tentative d’assassinat extralégal, pratique ordinaire d’Israël. « Soit, ils se rendent soit on les tue », résumait un colonel israélien D’ailleurs, le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, a mis en garde contre toute "atteinte à la vie" d'Ahmed Saadat. Les forces d'élite de l'unité Yamam ont enfin capturé ce vieux militant de la cause nationaliste. Cette arrestation embarrasserait plus qu’elle ne satisfait Tel Aviv.

Réactions immédiates, enlèvement de plusieurs européens, assorti d’une demande très ferme. "Nous voulons que les forces israéliennes se retirent de Jéricho et nous demandons au gouvernement français d'intervenir pour protéger Ahmad Saadat et les autres prisonniers". Les Français enlevés à Gaza ont été libérés. Ce genre d'enlèvement à Gaza ne dure généralement pas longtemps et là, on a affaire à un geste spontané, de jeunes palestiniens révoltés. Comment voulez-vous calmer ces désespérés que l’on brime à tout moment. Des centaines de manifestants ont envahi le centre culturel britannique de Gaza et mis le feu au bâtiment. Un groupe de militants palestiniens avait donné deux heures aux Britanniques et aux Américains pour quitter les territoires palestiniens, faute de quoi des enlèvements risquent d'avoir lieu en représailles à l'intervention israélienne. Mais pourquoi cette colère contre les Anglais, les Américains ?
Rappelons que c’est sur l'intervention personnelle du secrétaire d'Etat américain Colin Powell que Yasser Arafat et Ariel Sharon acceptaient un compromis. Les assassins de Rehavam Zeevi et leur commanditaire seraient incarcérés dans la prison de Jéricho, sous garde palestinienne, mais sous contrôle d'observateurs britanniques et sous surveillance américaine. Cet accord a brutalement pris fin hier matin lorsque, vers 9 h 30, les observateurs internationaux ont quitté en convoi le centre de détention de Jéricho. Ni la Grande-Bretagne, ni les Etats-Unis n'ont donné d'explication à leur décision. Quelques minutes plus tard, Tsahal, forte de ce feu vert implicite, encerclait la prison.
Ben voyons.
Depuis l’assaut, le parti centriste Kadima, a bénéficié d’une hausse très nette dans les intentions de vote. Mofaz a bien entendu contesté avoir lancé cette opération à des fins électoralistes. Personne n’est dupe.En effet, depuis février, l'armée israélienne avait rétabli les contrôles aux check-points installés aux principales sorties de l'enclave de Jéricho, réputée pour son calme. Cette décision contrevenait à l'accord conclu à Charm El-Cheikh entre M. Abbas et Ariel Sharon, en février 2005, qui aurait dû conduire à la rétrocession à l'Autorité palestinienne du contrôle des principales agglomérations palestiniennes mais qui s'est limité dans les faits à Jéricho
De plus, Israël a fermé jusqu'à nouvel ordre le point de passage de Karni, le seul possible pour les marchandises en provenance et à destination de la bande de Gaza. Ce qui, annonce des menaces de pénuries pour ce territoire surpeuplé. La Banque mondiale s'est alarmée de cette situation, au point qu’en novembre 2005, Condoleezza Rice, avait imposé aux Israéliens un accord qui aurait dû, au contraire, faciliter le transit de marchandises.

Après une longue période de relative sérénité, Israël vient de mettre le feux aux poudres avec un art consommé et en se foutant de l’opinion internationale, comme du premier arabe venu, et de ses institutions.


* Leader d’extrême droite, .un ami personnel d'Ariel Sharon
**Photo AP /Baz Ratner

@ Je profite de cette note pour répondre à Amaury.
Dire que les occidentaux ignorent ou croient tout savoir ce qui se passe là-bas est un peu exagéré. Nous ne savons pas tout certes, mais il suffit de regarder un livre d’Histoire de 5 ème pour se rendre compte de la situation : l’occupation d’un pays par un groupe d’individus à la foi religieux et culturel et qui se réfère à des textes obsolètes, le tout par la force.
La solution d’une fédération n’est qu’une vue de l’esprit à laquelle je souscris par utopie. Mais je pense qu’il n’y a que deux solutions : un Etat binational ou deux Etats pour deux peuples. D’ici à quinze ans il sera difficile de parler d’un Etat palestinien séparé, les implantations pérennisées rendront impossible la partition du Pays. En réalité, cette solution est impossible pour les Israéliens, c’est-à-dire la reconnaissance de leur faute morale lors de la création unilatérale de leur pays, né dans le “péché”. Conscient que pour les juifs d’Israël, admettre que la naissance de leur pays est entachée par la calamité qui s’est abattue sur un autre peuple, soit coûteuse et intolérable pour beaucoup d’entre eux. Il ressort que la partition doit se faire immédiatement sur les bases énoncées, sinon la création d’un Etat binational sera la seule échappatoire. “Les gens vivent dans des conditions avilissantes, misérables et désespérantes. Ils n’ont pratiquement plus de quoi manger. Leur rêve est celui d’une vie différente. » dit Nusseibeh, aujourd’hui absent de la vie politique

Bien entendu les élections en Palestine ont été démocratiques et c’est ce qui me gène. Voir un peuple opprimé sous l’occupation d’une armée et d’une administration étrangère se jeter à corps perdus dans les bras d’intégristes qui sont à l’opposé d’un Etat palestinien détaché des théocraties ambiantes

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