« LES SECTES, CES AVATARS | Page d'accueil | A LA VEILLE DES ELECTIONS EN ISRAEL »

14 mars 2006

LEGITIMITE ...MON OEIL

medium_sge.ucy51.140306111627.photo00.jpg

Le mouvement anti-CPE s'élargit. Alors qu'en fin de semaine dernière le ministère de l'Education faisait état de 31 Facs touchées par le mouvement anti-CPE, il en recensait hier 41. Pour l'Unef, 52 des 84 universités sont en grève.

Attention ne pas confondre 2006 et 68 ! S’il vous plaît un peu de retenue dans vos élans, messieurs de l’UMP et du gouvernement qui criez aux charrons : la rue n’a pas de légitimité, c’est une honte de bloquer les Universités, alors que les examens arrivent et que les étudiants veulent étudier. Ce genre de réflexion est aussi âgé que le mouvement ouvrier dès l’ère industrielle et les premières réactions des travailleurs. Ne parlons pas des facultés destinées aux nantis. Auxquelles les autres, c’est à dire vous et moi n’y avions pas droit. Je remarque en passant que cela continue encore quelque peu. Chaque avancée, chaque amélioration de la condition salariale et de vie a été obtenue par la force, arraché au patronat et aux pouvoirs publics, gouvernements ou ministère. Je m’emporte un peu, cela fait un peu “coco sur les bords” mais c’est la vérité, je connais bien la question

Piquets de grève et occupation.
Le piquet de grève est une hantise pour les patrons et les gouvernants, un moyen d’action efficace pour les grévistes et un symbole pour les deux. Historique, pour la classe ouvrière le piquet de grève porte en lui un paradoxe évident. Cette forme d’action à première vue est anti-démocratique, pourtant il a une vertu, celui de camoufler la gène des non-grévistes (les jaunes) devant la détermination et l’effort souvent financier que subissent les petits copains. Ces “jaunes” ne sont pas adversaires des demandes, ou pro-patronaux, ils ont, pour des raisons diverses qu’il faut surtout admettre, la trouille. Lorsque la bataille est gagnée, (il y a de multiples exemples de lois retirées lors d’un conflit social généralisé), d’augmentations de salaires, d’améliorations des conditions de travail, pour ne rester que dans ce secteur, tout le monde en profite, y compris les non-grévistes et le anti-piquet de grève.
L’occupation des locaux est plus récente, certainement depuis 1936 où le monde ouvrier, le monde étudiant de l’époque ont ouvert la voie à une nouvelle conception de la société. Grèves, occupations, piquets de grèves, échauffourées, flics et......les accords de Matignon.

En ce qui concerne le mouvement étudiant, l’occupation symbolique de la Sorbonne est devenue un point stratégique à la foi pour les contestataires, les tenants du pouvoir mais également pour la presse. Les premiers se font fort d’attirer l’opinion publique dévoreuse de médias et les interpellés en l’occurrence Villepin de Galouzeau. Son ministre de l’intérieur approuve l’envoi classique des forces de police en attendant, celui des CRS. Bousculades évidentes, actes de vandalisme attendus, pour pouvoir brandir des livres calcinés comme preuves de “l’ignominie des étudiants qui brûlent le patrimoine français”. Le cas de la Sorbonne est particulier, il ne peut-être que symbolique, car en effet, ses lauréats ne serons presque ou probablement, jamais confrontés au C.P.E.
Folklorique, ces étudiants, lycéens, très jeunes pour certains, cagoulés parfois, qui improvisent une manif dans les rues du quartier Latin. Certains filent en direction du Collège de France. Devant les grilles, un groupe force les portes. Ils y accrochent une banderole : «CPE ou CDD, c'est toujours le STO.

Lieu symbolique encore : Nanterre. Les étudiants de Parix-X ont voté l'occupation de leur faculté. Une réaction à l'annonce, dans l'après-midi, de la fermeture de la fac par son Président, pourtant hostile à la loi sur l'égalité des chances, encore un. «On veut nous couper l'herbe sous le pied. On préfère fermer l'université plutôt que d'en faire un lieu de débat», déplore une étudiante. Sur un calicot on note :«Villepin, la période d'essai est finie.» L’esprit étudiant de 68 ici réapparaît.

Les éléments étrangers
Le seul problème du mouvement étudiant est l’impossibilité de repousser l’intrusion de casseurs, professionnels ou non. Nous retrouvons le même souci dans les manifestations où ces « casseurs » s’invitent régulièrement. Que ferions-nous, stratèges de la police, sinon envoyer ça et là des petits malfrats sous notre coupe réglée, balances ou sursitaires par chantages de poursuites ? Mais ceci est un point de détail, car la vraie question qui se pose dans ces mouvements, c’est sa légitimité. Seul le Parlement est légitime répond le ou les gouvernements et chargés d’affaires. Oubliant qu’ils savent céder à la pression de la rue, celle des routiers par exemple. Oubliant également que face à ce projet de Loi, la moitié de l’assemblée nationale, les intéressés, le monde ouvrier, l’opinion publique, jusqu’aux Présidents et Doyens d’Université étaient et sont contre. Il ne reste que les députés de la majorité, et encore ! Gilles de Robien, au cœur du problème et qui sera bien vite dépassé ose remettre “ à leur place” les Présidents d’Universités favorables, devant la situation explosive, à un réexamen de la dite loi ou sa suspension. Justement ! Répondent-ils, c’est sur le fonds que nous ne sommes pas d’accord, car nous avons également en charge l’avenir de nos étudiants à la sortie de nos établissements, et que les dispositions nouvelles ne nous paraissent pas favorables à une juste et bonne insertion dans le monde du travail de nos étudiants.
Demain
Le mouvement étudiant semble s’installer dans la durée, surtout après le discours du Premier ministre, qui pour des raisons électorales ne peut pas céder et qui attend apparemment serein le pourrissement de la situation. Chirac vient de se prononcer, la parole est à la rue.
Samedi je serai à Montpellier, place de la Comédie. Bon encore une manif, il faut avoir de l’espoir dans l’Homme pour continuer.


Commentaires

Intéressante votre théorie sur les "jaunes".
Personnellement je suis étudiant en 3e année d'économie (dans le public, je tiens à le préciser..) et je ne participe pas au mouvement. Je suis pro-patronat ? Non.
Quand on est pas forcément avec Bidule, on est pas obligé d'être pro-Machin pour autant figurez-vous !

Les méthodes utilisées sont légitimées par l'ampleur de scandale que représente cette loi, semblez-vous penser.
Très bien, dites donc ça à ceux qui préparent certains concours très sélectifs, qui ne peuvent les bosser convenablement et qui vont se faire niquer parce qu'il n'avaient qu'une seule chance pour le tenter (bah oui, on regarde l'année du bac dans le dossier..)

Et ceux qui sont pour le CPE, pourquoi on les entend si peu à votre avis ? Parce qu'ils voient ce qu'il se passe à la télé et ils ont pas envie de se faire taper sur la gueule par ces "militants pacifistes" de l'UNEF et leurs moutons.

Vous dite que vous n'êtes pas d'accord avec le mode de fonctionnement du mouvement ? Vous n'êtes qu'un droitiste pro-MEDEF-néo-sarkosiste à tendance fasciste !

Vous devriez faire un tour à l'université de Lille3, c'est abominable. Ca va faire trois semaine que certains campent dans les amphis. Ca pue, des déchets partout, de l'alcool.. de l'alcool...bref, on s'amuse bien !


Vous dites :
"Que ferions-nous, stratèges de la police, sinon envoyer ça et là des petits malfrats sous notre coupe réglée, balances ou sursitaires par chantages de poursuites ?"

Vous pouvez être plus clair ?


J'aime bien vos articles concernant la religion, mais là j'avoue le gauchisme révolutionnaire c'est pas trop mon truc..

Ecrit par : mexen | 16 mars 2006

hello, mon cher Teddy. Comme vous pouvez l'imaginer, l'affaire du CPE me fait à moitié regretter mon retrait de la blogosphère. Une aubaine ! En fait je rejoins totalement l'opinion de mexen. Le CPE, je suis pour, alors que je suis travailleur salarié et n'ai aucun intérêt à défendre l'intérêt des employeurs. Mais en tant qu'économiste je ne peux qu'approuver un assouplissement de la loi sur le travail. C'est peut-être difficile à comprendre, mais c'est le seul moyen de faire baisser sensiblement et durablement le chômage. Les pays qui connaissent de telles législations libérales ont un chômage bien moindre: USA, Grande Bretagne, etc. Suisse... Les autres: la France, l'Allemagne l'Italie s'empêtrent dans la morosité avec des lois quasi-communistes. C'est vrai que des conditions d'embauche plus flexibles ont un certain prix social, mais la France n'étant pas l'Amérique, les fainéants, pardon, les laissés-pour-compte peuvent obtenir de larges aides étatiques - à un coût bien moindre pour l'Etat. Sans compter que pour un employé il est alors bien plus facile de se repositionner professionnellement.

Alors ou est la légitimité ? Du côté des institutions ou du côté de la raison ? Pour moi, il n'y a - dans ce cas - pas de différence, mais peut-être ai-je tort. Et parce qu'il n'appartient pas aux pistoleros faire la loi, c'est l'Etat et ses institutions qui doivent s'en charger. L'opposition politique doit se faire dans les urnes, pas dans la rue. Heureusement nous ne sommes plus dans le monde de Napoléon petit et de son sbire le Général Mon C.l.

Ecrit par : antares | 17 mars 2006

Cher Antares, c'est un plaisir de pouvoir vous relire, mais sans étonnement puisque logique dans vos propos. Il semble que nous parlons de la même chose, qui dépasse le problème du CPE. Nous parlons d'aujourd'hui et surtout de demain. Bien entendu que vous avez raison, que la flexibilité du travail dans certains pays marche bien, surtout comme au Danemark où les chômeurs bénéficient de quatre années de prestations sociales (mêmes plafonnées) et qu'un assouplissement de la loi sur le travail est une bonne chose. J'irai jusqu'à dire, la déréglementation totale de la loi du travail ou mieux encore son abolition. Oui , mais au pays d'Antarès. Certainement pas dans les pays qui subissent les dures lois quasi-communistes,ceux où les fainéants, pardon, les laissés-pour-compte peuvent obtenir de larges aides étatiques. Oui mais demain matin et mieux encore DEMAIN ?
Cher ami, l'Histoire vous contredit et contrarit vos livres et études la politique se fait dans la rue, bonne ou mauvaises
L'opposition politique doit se faire dans les urnes, pas dans la rue.
C'est vous et Mexen que je dédie ma note d'aujourd'hui.

Ecrit par : teddy bear | 17 mars 2006

"L'opposition politique doit se faire dans les urnes, pas dans la rue"

C'est bien pour ça que le CPE est une bénédiction pour le PS !

Ecrit par : mexen | 23 mars 2006

@ Mexen

Tu trouves vraiment qu'on vit dans une démocratie ?

Tu penses vraiment que le fait de voter et de mettre un parti majoritaire au pouvoir pour cinq ans, qui fera ce qu'il a envie, c'est la démocratie ?

J'aime mieux alors la "démocratie" directe qui s'exprime tous les jours dans la rue !

Ecrit par : john | 24 mars 2006

A méditer Mexen :

« La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. »

Ecrit par : john | 24 mars 2006

Les commentaires sont fermés.