08 février 2006

GUIGNOL BAND

 

 

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J’ai longtemps cru être anarchiste, jusqu’au jour où je me suis frotté à la vie des adultes, c’est à dire du monde du travail. Puis j’ai du rabattre mon caquet, ensuite le fermer, après avoir plié l’échine ce qui m’a laissé des traces.
Plus jeune j’avais déjà nargué l’institution religieuse. Match nul. Hélas une autre institution m’attendait, l’armée. Quelques soubresauts, quelques semaines de mitard et des rancœurs pour la vie. Puis, par militantisme ou accidentellement, (je ne vais pas vous raconter ma vie) je suis heurté à la Justice.
Quel est le point commun entre institutions ? L’uniforme et la robe.
Ces “robes” et l’uniforme, d’ailleurs, ont longtemps été liées. Dans l’aristocratie, il fallait qu’un des enfants se destine à la “Robe” ou l’armée.

Pourquoi cette introduction ? Parce que j’ai, devant tous les uniformes, gardé un instinct anarchiste, celui pour qui ces déguisements sont des signes d’autorité, laquelle n’est pas infaillible.

L’Eglise catholique et romaine en est la preuve. Basée sur du vent elle construisit une contrainte morale et temporelle.

L’armée a envoyé des générations de jeunes gens, puis des populations à la mort.

La justice a conduit des innocents à la mort

Et nous voilà à Outreau. Je ne vais surtout pas regarder le triste spectacle de l’audition du petit juge d’instruction. Sans être un martyr, il est jeté aux lions : la commission parlementaire, la presse et l’opinion publique. Ces deux derniers étant moteurs de cette scandaleuse affaire.
Cette audience devant la commission n’est pas une comparution devant un tribunal, et c’est pourtant cela qui va se dérouler et l’on peut comprendre le trac de ce type. (1)
Il faut noter, pour bien comprendre, l’absence devant ce “tribunal télévisé” de la police et les acteurs sociaux.
Le juge d’instruction dans le système judiciaire français, ne devrait que formaliser les conclusions de l’enquête judiciaire, juger de la réalité de l’accusation et tout mettre en œuvre pour estimer la vérité, laquelle sera confiée à un verdict, populaire, ne l’oublions pas. A ce sujet il faut se poser la question de savoir comment un tel verdict peut être rendu, quel est le rôle des juges et leur influence sur les jurés. Et comment aurions nous réagis à leur place ?

Qu’a donc obtenu la police, toujours soucieuses de résultats devant l’horreur des faits exposés ? Des aveux par tous les moyens, premier but, puis des témoignages accusateurs, notamment d’enfants terrorisés à la fois par l’ambiance et les questions, et enfin des dépositions d’acteurs sociaux. Le tout sous la pression des autorités hiérarchiques qui veulent faire de la lutte contre la pédophilie un exemple d’efficacité, car les affaires précédentes, Dutroux et compagnie, troublent l’opinion publique.

Que fait notre petit juge, frais émoulu de l’école dans ce contexte, il se trouve devant une énorme affaire, un réseau de pédophiles, qui devrait lui permettre de briller, de faire carrière ?
Fermement convaincu des rapports de police, il a devant lui des coupables, des gens comme tout le monde, “des salauds” qu’il faut punir, ce qui ne lui empêche pas d’être arrogant et les humilier, bref il fait du zèle.
Alors doit-on, ignorant des détails et de la subtilité des procédures, le condamner d’avance et lui promettre le même sort, toutes proportions gardées ?
Faut-il refondre le système judiciaire, lequel manque de moyens financiers, un vrai scandale également et qui a le tort de perdurer et d’enfanter d'autres “Outreau” ?. D’ailleurs on ne parle pas assez des autres condamnés dans différentes affaires, innocentés et maintenant dédommagés.

Trouver les coupables de cette gabegie est impossible. C’est une succession de maladresses, (ces experts à la petite semaine) de fauxtémoignages, (ou subjectifs) des pressions, un état d’esprit général. Peut-être entendra-t-on des explications techniques, des éclaircissements, des déclarations de sincérité de la part du juge, et également des dénégations, mais il restera l’accusé et portera tous les torts de l’administration judiciaire, y compris carcéral, le bouc émissaire qui devra blanchir la précipitation la police et la bonne foi des témoins à charges.

Nous parlons tous du malheur des blanchis, ce qui n’est qu’un minimum, mais pas trop souvent des enfants confrontés à ces horreurs. Où sont-ils, que vont-ils devenir ? Que l’anonymat les protège des médias.

Je ne regarderai pas la retransmission en direct, ce reality-show réglé aux petits oignons, caméras fixes et plans interdits. Il y aura 2 % de plan de coupe et aucun plan sur le public et 98 % du plan sera consacré à la personne qui parle. Le juge parle : plan sur le juge. Le député l'interroge : plan sur le député.
Pas de coupure pub sur France 2, et a priori pas sur TF1. Sur la Deux, David Pujadas prendra l'antenne dès 15 h 30 en recevant des autorités morales, telles l'ex-ministre de la Justice Robert Badinter, heureusement. Quelle guignolade ! Nne manquent plus que les toges et les pattes de lapins.
Sur les deux chaînes, la retransmission s'arrêtera à 19 heures pour laisser place, qui au jeu présenté par Arthur, qui au chansonnier Laurent Ruquier. Ben voyons, il faut bien qu’on r’garde Arthur et ses boites à la noix, ses candidats sélectionnés par Colgate et qui pleurent lorsqu’ils gagnent ou perdent à un jeu débile.

 

 

Tiens, à cette heure là j'irai faire un tour sur mon blog .http://tutti.allmyblog.com/

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Commentaires

Le spectacle de ce juge Burgaud, comme un étudiant à l'oral du bac, est à la fois affligeant et pathétique. Ce type ne mérite ni l'acharnement d'un pseudo jury ni d'ailleurs la charge d'un juge d'instruction, encore moins de compassion. Terrorisé, il n'a pas tenu le coup, toutes ses explications à part les applications de la procédure, sont celles d'un gamin pris en faute en se défendant par "c'est pas moi c'est les autres." Où mieux encore d'un chauffard qui a causé la mort de plusieurs personnes et qui, hagard, ne peux que répondre qu‘il n'a rien fait de mal.
Lamentable cette exécution publique. Pour ce que j'en ai vu aux JT, imposés par ma copine, :)).
Qu'on lui trouve un poste de greffier à ce jeune homme, si la magistrature devant sa prestation ne le vire pas avant. Cette magistrature qui à l'évidence faisait encore pression sur ce collègue en perdition. Où vu la tournure des événements il ait le courage ou le désespoir de se mettre une balle dans la tête.
Il n'empêche que le rôle de la police a été primordial dans cette gabegie, que ses successeurs et le procureur de la cour d'assises ont pris les baskets du petit juge et que le jury a balancé les accusés en cabane.
Le spectacle continue.
Teddy

Ecrit par : Rebond sur Outreau | 09 février 2006

Effectivement Teddy, pitoyable et pathétique ... sans oublier que les acquittés "n'ont pas vu la même personne lors de leur mise en accusation" !
Là, ils ont vu un magistrat sarcastique, cassant, prétentieux, impérieux, n'ayant aucun doute sur leur culpabilité ...

"Pendant l'instruction, il jouait le dur, maintenant il joue le gentil quand il dit qu'il est ému pour nous et pour nos familles. C'est se foutre de nous !", a réagi Daniel Legrand fils.
Invitée du journal de 20h de TF1, Karine Duchochois, une des acquittées, pense que le juge "ne pouvait pas faire autrement que de dire qu'il a au moins de la compassion", mais il est "toujours le même, il est toujours aussi méprisant" dans "une autre forme de mépris".

Il porte, même si c'est loin d'être le seule, une très lourde responsabilité, car la vie de nombre d'entre eux est détruite à jamais !
Je ne parviens d'ailleurs pas à comprendre comment cette affaire ne s'est par arrêtée après quelques semaines d'instruction, car avec un peu de doigtée et de malice de la part du 'capitaine Burgaud' et de son équipe, les accusateurs seraient vite tombés dans le panneau ?!

Il est sûr que le 'petit juge' (quoi qu'à l'entendre, je me demandais si je n'avais pas à faire à un étudiant de première année, maîtrisant très mal sa matière... certainement pas à celui qu’on décrit comme ayant fait « son travail de façon honnête sur le plan technique, sur le plan procédural") passera une très mauvaise année, sera probablement mis sur une ‘voie de garage’ dans la magistrature ( quoiqu’il gardera son travail grassement payé, ce qui est déjà beaucoup dans ces temps plus qu’incertain…) , mais ne connaîtra JAMAIS, oh JAMAIS la souffrance que les acquittés et leurs proches ont connu et connaîtrons encore pendant de longues années … si pas à jamais !

On est loin des feuilletons du style « le juge est une femme » ou « le président », qu’on nous inflige à la télé et qui n’ont RIEN à voir avec la dure réalité d’une justice qui est aveugle, partiale, à deux vitesses (qu’on est riche ou pauvre…), inhumaine et destructrice !

Ecrit par : john | 09 février 2006

Bah alors Jérémy, on a perdu le chemin du bac à sable ?

Ecrit par : mexen | 18 février 2006

Non, c'est un nouveau courant de l'athéisme : après les nihilistes, les "puristes" de la langue française ... hihihi

Ecrit par : john | 18 février 2006

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