LA LOI DE 1905
Le 9 décembre la loi, dite de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, proposée par le député socialiste Aristide Briand (le texte ne contient dans un aucun de ses articles le mot « séparation”) fut signée par le Président de la République Emile Loubet et publiée au Journal Officiel du 11 décembre. A noter que dans ce texte qui ne peut que réjouir un athée comme moi, on s’aperçoit qu’il s’agissait d'abord d'une affaire de gros sous. Les uns, à juste titre, n’admettaient pas que les paroisses, écoles et congrégations soient financés par les deniers de l’Etat. Leurs adversaires criaient au vol en voyant leurs privilèges disparaître.
Depuis plus d’un siècle cette loi était dans la droite ligne de dispositions successives visant à libérer les citoyens de l’emprise temporelle de l’Eglise.
La Constitution de l'an III (1793) stipule dans son article 354 : Nul ne peut être empêché d'exercer, en se conformant aux lois, le culte qu'il a choisi. Nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d'un culte. La loi du 3 Ventôse an III précisait : "La République ne salarie aucun culte. Elle ne fournit aucun local, ni pour les cérémonies du culte, ni pour le logement des ministres. Les cérémonies de tout culte sont interdites hors de l'enceinte choisie pour leur exercice. La loi ne reconnaît aucun ministre du culte ; nul ne peut paraître en public avec les habits ornements ou costumes affectés à des cérémonies religieuses."
Dès 1801 Bonaparte, encore révolutionnaire par opportunisme, décide de renforcer l’autorité de l’Etat au détriment de l”Église de France et la mettre au service de l’État. « dans la religion je ne vois pas le mystère de l’Incarnation mais celui de l’ordre social » disait-il. Alors que Pie IX tenait « à une alliance étroite, voulue par Dieu » Ce fut le Concordat que la loi de 1905 allait abroger. Elle même sera supprimée, (j’allais écrire évidemment) par le gouvernement de Vichy en 1941. Les lois du 8 avril et du 25 décembre 1942 ont refait de l’Eglise catholique une puissance considérable, financière, mobilière et immobilière, et qui ont permis le retour des congrégations.
La Commune de Paris décrète le 2 avril 1871 la séparation de l'Etat et des religions. Le décret est motivé comme suit : Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu'il impose les citoyens contre leur propre foi ; Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté, Décrète: [...] Suivent quatre articles décrétant, la séparation, la suppression du budget des cultes, la confiscation des biens ecclésiastiques, l'inventaire des biens à mettre "à la disposition de la Nation".
Plusieurs dates jalonnent l’histoire vers cette libération : laïcisation des hôpitaux et des cimetières en 1881, l'école primaire devient gratuite, laïque et obligatoire (loi J. Ferry en 1882, la Laïque) Il s’ensuivra d’autres mesures allant dans le même sens : suppression des prières publiques (par exemple à l'ouverture des sessions des tribunaux). Obligation du service militaire pour les séminaristes plus en 1901 la loi sur les associations, prévue pour donner un statut aux religions. Plusieurs des dispositions prévues furent atténuées par la suite par les gouvernements suivants des lois furent votées permettant aux croyants de se réunir sans déclaration préalable. Les sonneries de cloches sont autorisées. D'une manière générale, la jurisprudence administrative légitime les manifestations publiques qui satisfont à des traditions locales et à des habitudes (enterrements religieux, etc).
oooOOooo
La commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoir public proposera en juin 2006 à Nicolas Sarkozy des modifications de la loi de 1905. Le ministère affirme qu’elle est composée d’experts et de praticiens du droit des cultes venants d’horizons différents. Or parmi ces 15 membres il n’y a aucun laïc ! Encore moins d’athée. Tous les bigots seront présents y compris et surtout les représentants du lobby du Concordat de l’Alsace-Lorraine : trois sur douze ! C’est dire l’importance qu’attache notre ministre des cultes à cette anomalie qu’est ce Concordat. D’ailleurs il n’hésite pas à en faire l’éloge dans une interview qu’il donnait aux “Dernières Nouvelles d’Alsace”
« Cette loi (1905) n’est pas un monolithe sacré. On peut la faire évoluer sans en modifier les grands équilibres. Et les Alsaciens sont bien placés pour comprendre mon point de vue : Est-ce que l’Alsace est moins républicaine parce qu’elle est encore placée sous le régime du Concordat ? ».
Cela fout la trouille de lire çà.
Ce Concordat un exemple ? Rappelons que cette “curiosité” vient du fait que l’application de la loi républicaine s’est réalisée alors que l’Alsace et la Lorraine étaient annexées par l’Allemagne. Et que lorsque ces territoires furent restitués à la France, ils étaient de facto sous le concordat de 1801.
Aucun homme politique ne reviendra sur cette anomalie républicaine par électoralisme, les assujettis craignant que les avantages sociaux attachés (Sécu par exemple, remboursement à 90 %) soient supprimés. Pourquoi vouloir supprimer cette véritable inégalitée ? Tout d’abord par souci de justice sociale ; Alors que partout ailleurs un cureton de base gagne à peine le smig, son collègue de Strasbourg (pasteur ou rabbin) palpe 2.500 euros par mois, d’avantage qu’un prof agrégé !!. Un évêque, 4307 euros, plus les “indemnités de représentations, bagnole, chauffeur...” Cette particularité coûtent donc 37 millions d’euros par ans à la communauté nationale. En dehors des histoires de fric je pense qu’il y a là une atteinte à la libre de pensée, donc à la laïcité. Exemple : à l’école, lors de l’inauguration d’une école, c’est le curé qui d’abord la bénit, avant même que le maire n’arrive. Au tribunal : il n’y a pas si longtemps les crucifix étaient accrochés dans les salles de tribunal. Encore aujourd’hui, un tribunal de Metz est orné d’un tableau figurant le Christ en croix. Après des rappels au bon sens, le président consent à recouvrir le tableau d’un drap pendant les procès. Ubuesque!!
La République est Une et Indivisible, c’est en partant de ce principe que l’on fustige les indépendantistes corses ou bretons. On retrouve même cet argument pour dénoncer des “quartiers” d’être des zones de non droit. Toutes ces tentatives de retour sur cette loi, sous prétexte d’un plus équitable traitement des religions et de mode de financement des cultes, musulman principalement, sont des attaques frontales contre le véritable laïcisme et d’une ingérence de l’Etat dans les affaires religieuses. La reconnaissance du communautarisme religieux. L’argument qui consiste à dire qu’en finançant le culte musulman on le délivre de l’emprise financière des islamistes, n’est qu’un retour en arrière.
On ne finance aucun culte, on applique efficacement cette loi et on reconnaît l’existence des laïcs.
D’abord il n’est que de véritables laïcs que les athées, c’est bien connu, tolérer une religion c’est tolérer que l’une d’elles veuille primer sur une autre. Il suffit de voir ce qui se passe avec les intégristes de tous bords.
Mais en attendant, il nous faut veiller et faire pression pour que nos représentants au Parlement soient de dignes représentants de la République.
Tout ce qui compte de libres penseurs de rationnalistes, d’athées, de mécréants, de bouffeurs de curés, d’anti calotins, de laïcs se réunira le 10 Décembre dans toutes les villes de France (là je m’avance un peu) pour crier
SARKO TOUCHES PAS A MA LOI
Bien entendu, s’il le faut, nous y reviendrons sur cet anniversaire.
Commentaires
Écrit par : grellety | 03 décembre 2005
Écrit par : ANDREESEN | 03 décembre 2005
Pour les autres intervenants j'interviendrai bien entendu DES QUE J4URAI QUITTER CE CLAVIER QWERTY ......
Écrit par : teddy bear | 03 décembre 2005
http://pensamiento.over-blog.com/
Écrit par : Christophe Moreau | 04 décembre 2005
j'suis revenu:-)
bisous teddy à plus
Écrit par : sylvie | 05 décembre 2005
Parler d’idées arrêtées est une facilité de langage donc d’esprit. Pour exemple votre conseil de militer. Et bien c’est fait et depuis longtemps.
C’est avec beaucoup d’attention que je lis vos commentaires et je relève quelques passages qui eux aussi portent à polémique. Lorsque John fait un raccourci, il est vrai très rapide, il n’a pas tout à fait tort, et je me permets de développer. Si l’Islam n’était qu’une religion, cela ne poserait pas de problèmes à l’Occident, car c’est également à la fois une culture spirituelle et temporelle. D’où l’espoir de voir naître enfin un Etat arabe laïque.... peut être en Palestine ? De l’autre coté le sionisme politique ne serait pas, et l'Etat d'Israël non plus, sans son alibi religieux. Les notions de “Grand Israël” et le “Grand Retour” sont bibliques et sont inscrits dans l’esprit de beaucoup de juifs et chez tous les israélites. Un seul lien unit l’islamisme du terrorisme présent et le sionisme du terrorisme passé, la conquête, religieuse et territoriale. Israël se veut un Etat laïque *, or il n’en est rien, pour ne citer qu’un cas, l’état civil est l’apanage du rabbinisme.
Ensuite citer les Falashas comme modèle ou exemple d’intégration africaine réussie est une plaisanterie Voir ma notehttp://atheologie.hautetfort.com/archive/2005/09/26/judaisme-et-racisme.html#c346958 et parler de mariages interreligieux en est une autre. Vous me citeriez un cas de mariage “d’amour” entre un israélite et une arabe, il ne serait qu’un fait romantique qui confirme la règle : un israélite ne se marie pas avec une goy et encore moins avec une musulmane. Dans l’autre sens on retrouve le même ostracisme. Et vous le savez très bien.
Vous remarquerez que je fais la distinction entre juif et israélite.
Ne nous saoulons pas de mots. Lorsque nous parlons “des intellectuels juifs” en réalité il faudrait faire la distinction. Certains de ces “intellectuels juif”, comme Fink. se disent citoyens français/juifs/ athée, alors que j’attends d’eux, qu’ils se “proclament” citoyens/français et mieux encore simplement citoyen.
*Il suffit de se rapporter à l’histoire et potasser sur les débats très vifs lors de la création (unilatérale) d’Israël, entre les religieux et les politiques. L’appellation Etat juif n’est qu’un compromis. L’admission de cet Etat à l’ONU a été si houleuse et tant entachée de pressions sur les votants, que c’est devenu un cas de jurisprudence de droit international qui donne lieu encore à des thèses universitaires.
Écrit par : teddy bear | 05 décembre 2005
Non à Sarkozy, oui à la laïcité.
Écrit par : Cyril | 05 décembre 2005
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